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Le milieu de la télé fustige Quebecor

Paul Cauchon   14 février 2007  Médias
La crise prend une nouvelle tournure au Fonds canadien de télévision (FCT). Les producteurs d’émissions ont rejeté hier la proposition de Quebecor de créer son propre fonds de financement des émissions, une proposition «totalement inacceptable», «aberrante», «immorale» et «méprisante» selon Claire Samson, p.-d.g. de l’Association des producteurs de films et de télévision du Québec (APFTQ).

Mais Quebecor a commencé à jeter du lest: en début de soirée hier l’entreprise déclarait, par voie de communiqué, qu’elle se montrait «disposée, tout en conservant ses droits, à reprendre le versement de ses contributions mensuelles» au FCT.

Plus tôt dans la journée, la ministre du Patrimoine Bev Oda avait demandé à Shaw et à Quebecor, les deux distributeurs qui ont suspendu leurs paiements au FCT, de «recommencer à verser leurs paiements mensuels».

Cette demande avait également été faite par le nouveau président du CRTC, Konrad von Finckenstein. M. von Finckenstein ajoutait qu’il était «disposé à travailler de concert avec le conseil d’administrationdu FCT, Quebecor et Shaw» pour régler la crise actuelle, et il constatait «avec intérêt que Quebecor a pris un engagement relatif aux émissions canadiennes qui mérite d’être étudié».

Dans son communiqué, le président de Quebecor applaudit à la nomination de M. von Finckenstein à la tête du CRTC, une nomination «qui nous a énormément rassuré quant à l’avenir du système de radiodiffusion canadien», dit-il.

S’accrochant à ce «contexte de grande ouverture», affirme-t-il, et prenant acte des propos de la ministre Oda selon laquelle «le statu quo n’est pas envisageable pour le Fonds canadien de télévision». Quebecor se montre donc disposée à reprendre ses paiements. L’entreprise se défend toutefois d’avoir enfreint la loi en suspendant ses paiements. Un de ses arguments était que l’obligation de payer le FCT sur une base mensuelle n’était pas clairement indiquée dans la loi.

Le président du CRTC a précisé hier dans sa déclaration que «si nécessaire, le Conseil [CRTC] modifiera rapidement la réglementation afin de stipuler clairement que les paiements doivent être versés mensuellement».

Il reste que la crise est loin d’être réglée, puisque la proposition qui a été faite lundi par le grand patron de Quebecor a été rejetée par les producteurs d’émissions.

Le grand patron de Quebecor avait alors proposé de sortir du Fonds canadien de télévision pour créer le Fonds Quebecor, dans lequel Quebecor mettrait 100 millions d’ici trois ans, un fonds qui servirait à financer les émissions ainsi que les productions sur les nouvelles plates-formes technologiques, mais uniquement les productions du groupe Quebecor.

L’APFTQ, qui représente les producteurs québécois, était indignée. «Cela va à l’encontre des objectifs qui ont présidé à la création du FCT», déclare Claire Samson. Selon ces objectifs, le public doit avoir accès à des émissions produites par une variété de producteurs, et diffusées sur une variété de chaînes.
Car Quebecor veut également que les producteurs deviennent des «sous-traitants», selon Mme Samson, de sa propre filiale JPL Productions. C’est «pousser l’avidité à son paroxysme» s’étonne Claire Samson, puisque M. Péladeau juge inadmissible «qu’un seul sou en provenance des distributeurs privés aille à la télévision publique», mais voudrait que sa filiale JPL ait accès aux crédits d’impôts uniquement offerts aux producteurs indépendants.

«Les avantages concurrentiels dont disposent les producteurs intégrés aux diffuseurs sont déjà énormes», ajoute-t-elle, et c’est pourquoi Québec refuse depuis des années d’accorder des crédits d’impôts aux filiales des diffuseurs.

Mme Samson se demande également pourquoi les chaînes francophones qui ne sont pas liées à Quebecor, et qui représentent 65 % des taux d’écoute, «seraient privées de tout soutien du plus grand câblodistributeur du Québec», qui s’est construit grâce au succès de toutes les chaînes, et non les seules chaînes de Quebecor.

Selon l’APFTQ, avec la proposition de M. Péladeau «on retournerait 30 ans en arrière, alors que quelques producteurs-diffuseurs intégrés contrôlent toute la création et l’accès au système de radiodiffusion», au détriment de la diversité. «Fabienne Larouche devra choisir: ou bien elle produit pour Radio-Canada, ou bien pour TVA, mais plus pour les deux. Ce serait passer de Télé-Métropole à Télé-Monopole, de la prise d’otage au hold-up», lance-t-elle.

Quant au patron de Radio-Canada Sylvain Lafrance, il a indiqué hier que «c’est une proposition taillée sur mesure pour Quebecor, qui ne répond en rien aux besoins de l’industrie, et qui va à l’encontre de l’esprit de la loi».

Par ailleurs, on apprenait hier que Quebecor a décidé de poursuivre Radio-Canada et son vice-président aux services français Sylvain Lafrance pour 2,1 millions de dollars. La poursuite réclame des dommages moraux et des dommages exemplaires à M. Lafrance, qui a qualifié de «voyou» le comportement du président de Quebecor Pierre Karl Péladeau, lors d’une entrevue au Devoir fin janvier.

La poursuite, déposée au Palais de justice de Montréal, vise également le p.-d.g. de Radio-Canada Robert Rabinovitch pour avoir choisi de «cautionner implicitement les propos» de M. Lafrance.






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  • Sylvie Provost
    Inscrite
    mercredi 14 février 2007 06h04
    Encore et toujours le profit!
    « Le seul motif qui pousse Quebecor à afir comme il le fait, c'est le profit immédiat... L'avenir des petits producteurs et de la télévision ne l'intéresse pas. J'aimerais bien que Videotron (qui appartient à Quebecor) nous permettent de choisir nos chaînes à la carte au lieu de nous faire payer pour des forfaits incluant des chaînes qui ne nous intéressent pas du tout. Il veut choisir? Nous aussi... »

  • Jean-Pierre Dupuis
    Inscrit
    mercredi 14 février 2007 07h37
    Un Microsoft québécois
    « Québécor semble aussi vorace et avide de contrôle que le tentaculaire Microsoft. Le besoin de tout avaler et tout contrôler de ce géant québécois me fait réfléchir sur mon abonement à Vidéotron (trois services). Finalement Bell n'était peut-être pas si mal après tout. »

  • Jean-François Couture
    Inscrit
    mercredi 14 février 2007 08h04
    La Liste de Rabinovich et Péladeau (correction)
    « Ces malheureux épisodes (chantage et poursuites) ne sont que le symptôme d'un mal plus profond et sévère.

    Que Québécor et Shaw décident de payer leur dut ou non; la communauté artistique vient de sentir dans son cou l'ignoble souffle de l'application de la définition du fascisme tel que proposée par Mussolini...

    "Le Fascisme devrait plutôt être appelé Corporatisme, puisqu'il s'agit en fait de l'intégration des pouvoirs de l'état et des pouvoirs du marché." - Benito Mussolini

    Libre, nous le sommes de toute la longueur de nos chaînes.

    L'existence des listes noires de Rabinovich et Péladeau est un secret de polichinelle.

    Parce que les deux listes ne peuvent que se recouper à un certain niveau de la hiérarchie du pouvoir ; les journalistes, artistes et artisans de l'industrie culturelle sont désormais pris en otage et réduit au silence sinon à l'insignifiance et au dirigisme de l'information comme de la création.

    Tous les hommes ont leur prix nous assure-t-on...

    Quel est celui de l'âme d'un peuple ?

    Les puissants se servent des institutions mêmes qui établissent la liberté de principe pour faire régner l'inégalité de fait dans le cadre de la loi. - Jean Jaurès »

  • François Tessier
    Inscrit
    mercredi 14 février 2007 08h34
    Controle Freak
    « Si M. Péladeau pouvait contrôler la température et l'heure du coucher de soleil, il le ferait. »

  • Robert C. Paradis
    Inscrit
    mercredi 14 février 2007 09h04
    La loi, c'est la loi!
    « C'est vraiment insolant ce que Québécor a fait. Ces gens là ont du FRONT tout le tour de la tête et croient avoir tous les droits et privilèges sans l'obligation d'être des citoyens respectueux des lois. De plus, le Journal de Montréal est un produit bas de gamme dont l'honnêteté des reportages est régulièrement mise en doute. Je pense que c'est gens doivent revoir leur façon de faire, apporter des changements pour améliorer la qualité de leur produit en général. C'est souvent d'égueulasse ce qu'ils font.

    De vrais REQUINS CAPITALISTES! »

  • Gaston Hénault
    Abonné
    mercredi 14 février 2007 09h30
    Disparition de Radio cadenas
    « Si j'étais M.Péladeau???? Je mettrais mon journal,mon poste de TV et mon cable vidéo, et mes millions, à la disposition du comité pour l'indépendance du Québec!!!!De cette façon je pourrais avoir mon CATC Québecois.
    Gaston Hénault »

  • Fabienne Desbiens
    Abonnée
    mercredi 14 février 2007 10h38
    Sauve qui peut!
    « Devant un requin prédateur, à la machoire avide et impitoyable, est-ce qu'on ne se sauve pas à toute vitesse? Il existe sûrement des eaux moins dangereuses, et surtout moins nauséabondes... »

  • Rémi-Bernard St-Pierre
    Abonné
    mercredi 14 février 2007 10h48
    ANTITRUST! ANTITRUST!
    « Il y a plus de 50 ans, chez nos voisins du sud, alors que les producteurs Hollywoodiens possédait la presque totalité des salles de cinéma au États-Unis, on a jugé necessaire de contraindre cette industrie à la loi Antitrust. La raison est bien simple, les lois du marché ne s'appliquait plus dans cette structure. Cela créait un quasi monopole, encore pire, on brimait la population de son droit de choisir entre les diverses offres que le marché pouvait naturellement créer. Il n'y avait alors plus de réelle compétivité.

    Aujourd'hui au Québec, c'est tout le monde des communications qui est pris avec un tel phénomène, dit "de convergence". Les distributeurs sont producteurs, on permet aux mêmes entreprises de réaliser du profit sur plus d'un front de la mise en marché d'un seul et même produit. Et losqu'on a pas assez, on invoque le libéralisme économique.

    Et bien voilà, le libéralisme (pas celui qu'on nous aplique évidemment, on est dans un pays de tradition d'establishment) dit:tu produit ou du distribue, ou on divise ta compagnie en deux. Mais ne vous en faites surtout pas M. Péladeau, avec une nouvelle recru pour l'équipe de Charest, provenant de Corus, vous pourrez continuer votre beau travail de mainmise sur la culture télévisuelle québécoise.... »

  • oneil bouchard
    Inscrit
    mercredi 14 février 2007 11h45
    Luc Lavoie, l'homme charmant
    « Luc Lavoie se plaît à Maisonneuve en direct à dire salut Pierre, je suis un ancien collègue journaliste, comme vous savez? Pourquoi il dit ça, aucune idée. Il ajoute qu'il écoute régulièrement Maisonneuve en direct. Pourqui il dit ça, aucune idée. Puis il se met à argumenter, comme s'il était en cour... bizarre. Il interrompt Maisonneuve, il se range du côté de la loi. La loi c'est la loi, coupe-t-il sèchement...

    Quelques jours plus tard. à Desautels, même stratajaime.Il ne s'agit plus de la fermeture sans préavis de l'Imprimerie de Beauceville qu'il fallait absolument farmer de toute urgence pour pas que Québécor fasse faillite...(J'ai failli pleurer) cette fois, il s'agit d'une toute autre affaire, il faut encore sauver Québécor, en coupant les vivres du Fonds Canadien de Télévision... Le raisonnement. "On va utiliser tous les recoins de la loi pour obtenir ce qu'on veux.." et Desautels de demander: "Qu'est-ce que vous voulez alors?" Et Luc Lavoie de dire en substance: On veut pas de cette Loi, on veut que ça soit nous qui la fassions la loi, parce que nous on sait ce qui s'en vient dans comme changements, comme besoins, comme réalité. Comment on peut exiger des autres de respect de la loi et en même temps argumenter que soi on peut légitiment s'y soustraire...

    Un peu plus tard dans la semaine, lors de la lancée en politique du journaliste de SRC, Luc Lavoie y est allé d'une autre de ses aveux charmants. Il a déploré avoir été genre trop hésitant ou trop lâche pour quitter le journalisme et oser se lancer en politique... bizarre un peu.

    Mais qu'est-ce que monsieur fait depuis 15 ou 20 ans, sinon de la politique. Est-ce qu'on peut avoir été chef de cabinet de Lucien Bouchard et de Bryan Mulroney sans jamais avoir fait de la politique? A ce compte, Michael Fortier n'a jamais fait de politique, puisqu'il n'a jamais posé sa candidature ni été élu.

    C'est drôle, je ressens comme un trouble de mon humeur quand il parle. Je l'ai pas encore compris celle là. »

  • Michel HAins
    Abonné
    mercredi 14 février 2007 12h36
    Voyou et ou arrogant
    « Le pape du Québec a parlé et on doit s'y soumettre...
    Mon oeil , si le pape PKP veut pousser son arrogance et son mépris de ce qui n'est pas Québecor,qu'il en subisse les conséquences qui devraient suivre avec, je dis bien devrait comme la suspension de sa licence. Maid déjà on peut déjà voir que le nouveau président du CRTC semble avoir un penchant pour le pape et le pape pour le président.
    En résumé tout ceci ne fait que reflèter le style Québecor dans toutes ses activités. Qui sY est déjà frotté le sait .Arrogance , arrogance et arrogance M.H. »

  • Bruno Giroux
    Abonné
    mercredi 14 février 2007 13h20
    Le monde ne s'arrête pas à Vidéotron
    « Si, en plus d'acheter le Journal de Montréal ou le Journal de Québec, nous nous abonnons au câble de Vidéotron, au service Internet de Vidéotron, au téléphone par câble de Vidéotron, au sans-fil Vidéotron, nous contriuons à devenir les esclaves de Vidéotron. Nous payons et nous prenons ce que le maître veut bien nous donner. Je crois que chacun a le devoir de faire ce qu'il peut pour ne pas donner plus de pouvoir au monstre tentaculaire. Déjà, à Québec (et possiblement ailleurs), il est possible de s'abonner au service d'Internet par câble en payant moins cher que chez Vidéotron. Hier, j'ai reçu une offre pour m'abonner à la téléphonie IP à un prix inférieur à celui du service offert par Vidéotron. Et pour le prix de Vidéotron, j'ai toutes les options pour lesquelles Vidéotron me facture. Je crois que, par principe et pour éviter que le monstre nous mettre à sa merci, il faut diversifier ses fournisseurs de services en communication. L'argent est la seule langue que les voraces comme PKP comprennent. »

  • Michel Simard
    Abonné
    mercredi 14 février 2007 15h58
    Est-ce celà Québec inc. ???
    « Tous les intervenants ici semblent trouver les ultimatums de PKP indécents - mais les lecteurs du Journal de Montréal et les téléspectateurs de TVA, beaucoup plus nombreux en sont-ils aussi dégoûtés ? Je commence à avoir le poil des bras qui me redressent chaque fois que j'entends parler des bonzes du Québec inc. Le rôle de Québec inc., c'est de créer des entreprises, de les développer et d'assurer leur survie par une saine vitalité financière, dans le respect des travailleurs et des citoyens. Ce n'est pas de grenouiller afin de se créer des monopoles pour empocher la richesse collective. Ce n'est pas non plus de critiquer à chaque occasion les agissements de l'État, comme les chroniqueurs du journal "Les Affaires" font chaque semaine, plutôt que de définir en quoi les entreprises québécoises peuvent participer à la croissance de la richesse collective. À chacun son rôle, l'État gouverne, l'entreprise agit pour créer des revenus. Dans les cours de Gestion 101, ne dit-on pas qu'il est préférable d'agir sur ce qu'on contrôle - or, quand Québec inc. agit-il sur ce qu'il contrôle sans faire la belle-mère face au gouvernement, principalement provincial ? La faible richesse de la société québécoise n'est-il pas le reflet de l'incapacité d'une partie des "entrepreneurs" québécois d'entreprendre? »

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