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À voir à la télévision le dimanche 11 février - La photographie devant le tribunal

Jean-François Nadeau   10 février 2007  Médias
Willy Ronis, un des meilleurs photographes de sa génération avec Robert Doisneau et Henri Cartier-Bresson, prit un jour la photo d'une jeune et jolie fleuriste, toute souriante, qui le regardait droit dans les yeux, au milieu d'une magnifique floraison. Cette jeune femme était alors, sans l'ombre d'un doute, bien consciente d'être photographiée.

C'était à Paris, après la Seconde Guerre mondiale, dans ce quartier alors très coloré qu'étaient Les Halles, un quartier aujourd'hui disparu dont témoignent entre autres les photos de Ronis. Cette belle photo fut publiée. Elle devint une des plus célèbres de ce photographe qui est aujourd'hui le dernier survivant de la grande école de la photographie humaniste de l'après-guerre.

Cinquante ans plus tard, cette fleuriste désormais un peu fanée intente un procès au célèbre photographe. Motif? Utilisation de son image sans son consentement! Le tribunal devient une tribune. Elle gagne. Ronis paye. Mais il s'avoue dégoûté, comme bien d'autres photographes du monde, par pareille situation où l'image sur la place publique semble être assimilée à un bien.

Qui peut être pris en photo désormais? Comment sera documentée la vie d'aujourd'hui si les photographes n'ont plus la liberté de croquer sur le vif les scènes du quotidien? Au Québec, le débat s'est posé à la suite d'une photographie prise par Gilbert Duclos. Son cliché d'une jeune femme assise sur les marches d'un immeuble et publié ensuite dans un magazine à très faible rayonnement a provoqué ce qu'il convient désormais d'appeler «l'affaire Duclos». Depuis, à la suite du jugement de la cour, les photographes-reporters doivent obtenir des autorisations préalables à l'exercice quotidien de leur travail. L'effet, on s'en doute, est considérable. Dans ce documentaire, Gilbert Duclos présente le plaidoyer des photographes.

Portraits : La Rue zone interdite, Artv, 20h






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