lundi 28 mai 2012 Dernière mise à jour 01h13
fermer

Connexion au Devoir.com

Mot de passe oublié?


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

Libre opinion: Pourquoi garder le CRTC ?

Bill Roberts - Président-directeur général de VisionTV  31 janvier 2007  Médias
Enfin, nous savons à quoi nous en tenir: Konrad von Finckenstein, juriste et homme de service public distingué, sera le nouveau président du Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC).

Il était temps que le CRTC soit doté d'un président mandaté pour affronter les grands défis qui s'annoncent: par exemple, la transaction Canwest-Goldman Sachs pour l'acquisition d'Alliance-Atlantis ou le refus de Shaw Communications de verser 56 millions au Fonds canadien de la télévision, qui provoquera bientôt une crise de financement de la production télévisuelle canadienne.

Se pourrait-il que le gouvernement Harper reconnaisse le rôle clé que joue le CRTC plutôt que de vouloir l'abolir ou l'affaiblir, comme certains l'ont suggéré? Il est vrai que Me von Finckenstein a fait tout un ménage au Bureau de la concurrence lorsqu'il y est arrivé, mais sa feuille de route a été jugée excellente et il y a démontré une capacité à prendre des décisions difficiles et sans complaisance envers l'industrie. Il fallait un candidat de cette envergure à la présidence si on veut que le CRTC puisse naviguer habilement dans les eaux troubles de la révolution technologique en cours.

Même si on parle volontiers des rares décisions controversées qu'ils ont prises, les membres du CRTC peuvent s'enorgueillir d'une feuille de route remplie de réussites. Notre radio, notre télévision, la musique de chez nous et nos télécommunications font l'envie du reste du monde. En deux générations, le CRTC a joué un rôle énorme dans le développement de ces actifs sociaux, culturels et économiques.

Chaque année, le CRTC produit environ 1500 décisions quasi judiciaires dans toute une série de domaines. Son mandat l'oblige à protéger les consommateurs canadiens contre des pratiques commerciales déloyales et à soutenir notre capacité d'expression artistique, sociale et démocratique, c'est-à-dire notre droit de se faire entendre et de s'entendre entre nous.

Malgré le fait que certains critiques conservateurs jugent excessif le pouvoir réglementaire du CRTC, celui-ci, historiquement, a su très bien équilibrer les forces du marché et les exigences politiques. Il a joué un rôle positif dans la croissance et le développement d'entreprises canadiennes saines et prospères. L'industrie et les citoyens en général ont été bien servis.

Néanmoins, il devient plus difficile de faire l'équilibre, comme le CRTC doit le faire, entre les créateurs de contenu et les distributeurs, entre les entreprises traditionnelles et les nouveaux joueurs, entre les forces du marché et la culture de chez nous. Il arrivera sans doute que le gouvernement ne soit pas d'accord. Comme d'autres avant lui, le gouvernement est déjà intervenu pour renverser des décisions du CRTC. Les gens de bonne foi peuvent diverger d'opinion sur la marche à suivre pour équilibrer tous ces objectifs.

Cela signifie-t-il qu'il faudrait mettre la clé dans la porte du CRTC? Jamais de la vie!

Patrimoine public

Nous tenons souvent pour acquis ce qui est le plus essentiel au bon fonctionnement de la société. Nous roulons sur l'autoroute et prenons l'ascenseur sans craindre la moindre catastrophe, sachant que les gouvernements ont édifié tout un système de permis et de certification qui en exige la sécurité. Cette surveillance publique crée et maintient la confiance en nos institutions.

De la même façon, nous faisons confiance à nos réseaux de communication et nos services de radiodiffusion. Le CRTC, comme ses contreparties dans toutes les démocraties avancées, fixe des normes minimales et en assure le respect. Sans lui, les politiciens auraient le pouvoir d'accorder eux-mêmes les permis de radiodiffusion ou de privilégier les intérêts de certains plutôt que d'autres. Notre tradition du arms-length fait partie de notre patrimoine public en assurant un équilibre entre toutes ces forces.

Nous réfléchissons rarement sur les nombreux acquis que nous devons au CRTC, notamment une industrie de la musique florissante, un excellent service de lecture à haute voix pour les aveugles, des informations locales à la radio et une programmation nationale (nouvelles, documentaires, dramatiques, variétés) parce que le CRTC l'exige.

Le CRTC a fait un travail remarquable en protégeant notre accès à des télécommunications abordables et de grande qualité tout au long de la transition entre le monopole des compagnies de téléphone et le vaste choix de services de télécommunications que nous connaissons aujourd'hui. Le CRTC devra prendre des décisions difficiles dans ce secteur au cours des prochaines années alors que les changements technologiques s'accélèrent.

La santé identitaire de notre pays, en évolution rapide, exige que nos citoyens puissent, peut-être plus que jamais, s'exprimer et raconter leurs propres histoires. Nous aurons besoin des meilleurs esprits créateurs, du meilleur calibre intellectuel, d'une vision claire, réalisée avec intégrité, pour mettre en place une infrastructure technologique diversifiée, innovatrice et rentable.

Le CRTC a un rôle essentiel à jouer dans l'exécution de cette vision: souhaitons que Me von Finckenstein prenne à coeur non seulement les aspects économiques de ces dossiers, qu'il connaît déjà, mais aussi les aspects culturels et intangibles, qui sont tout aussi importants.
 
 
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
 
 












CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?
Cet article vous intéresse?
0 réaction
0 vote Voter
 
  • a Taille du texte -- ++
  • Imprimer
  • Envoyer
  • Partager
  • Droits de reproduction
  • Voter
Pour en savoir plus
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

m'inscrire
 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

En savoir plus
Stratégie Web et référencement par Adviso
Design Web par Egzakt
© Le Devoir 2002-2012