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Réflexions sur la pratique journalistique

Gil Courtemanche   6 janvier 2007  Médias
La qualité de l'information produite par les grands médias ne fera jamais consensus, autant chez les spécia-listes que chez les consomma-teurs. Au mieux s'entend-on pour noter que la quantité des infor-mations s'est accrue de manière exponentielle depuis l'apparition des chaînes d'information conti-nue, ce qui ne signifie pas que nous sommes mieux informés.

Durant les dernières semaines, j'ai été frappé par certains dysfonctionnements de l'information, tant dans le traitement que dans le choix éditorial. Voici quelques exemples qui me paraissent significatifs.

Jeudi soir, la présentatrice d'un journal télévisé interroge le nouveau ministre de l'Environnement, John Baird. Elle lui demande s'il entend se rapprocher du protocole de Kyoto. Le nouveau ministre manie la langue de bois avec aisance et ne répond absolument pas à la question. Sans sourciller, la journaliste passe à la question suivante comme si nous avions obtenu une réponse. En d'autres temps, Louis Martin ou Pierre Nadeau auraient fermement et poliment répété la question en rappelant au ministre qu'il n'y avait pas répondu. Dans un article de journal, le journaliste aurait écrit: «Le ministre a refusé de dire si son gouvernement se rapprocherait du protocole de Kyoto.» Il faut bien l'avouer, la télévision est devenue un lieu de non-dit politique. Paralysée par son respect des rôles, étriquée par une sorte de rectitude politique, elle se transforme de plus en plus en simple courroie de transmission pour les professionnels de la communication qui organisent le discours politique.

La télévision est aussi passée maître dans l'art de grossir l'événement anodin ou dans la fabrication de la crise. Qui se souvient de l'imminence de l'épidémie de grippe aviaire, qui a poussé notre gouvernement à enfermer les poulets bios? Voilà une panique, dont j'ai déjà parlé, qui fut entièrement provoquée par l'absence de jugement éditorial et l'emballement ridicule que provoque dans les salles de rédaction l'odeur de la catastrophe annoncée. Parfois, c'est la télévision elle-même qui se transforme en événement. Ainsi, dans le quotidien de la rue Saint-Jacques, l'émission Tout le monde en parle devient chaque lundi matin un événement dûment résumé, analysé et jugé, comme si le fait qu'Henri Salvador soit drôle et que Guy A. ait été moins mordant que d'habitude constitue une nouvelle digne d'être imprimée.

***

Durant les deux dernières semaines, le Québec tout entier, sauf heureusement les lecteurs du Devoir, a pu satisfaire son voyeurisme et sa passion pour le fait divers en suivant minute par minute la triste histoire de Myriam Bédard. Deux semaines de couverture «mur à mur» à la télé et dans les quotidiens populaires. On a consacré à ce fait divers plutôt anodin plus d'espace et plus de temps qu'à l'exécution de Saddam Hussein et à ses conséquences. Nous entrons ici dans une sorte de démesure que rien n'explique, même pas la notoriété de la championne olympique. Rappelons que, selon le ministère de la Justice canadien, il y a eu en 2002 (derniers chiffres disponibles) 429 véritables cas d'enlèvement d'enfant par un parent. Il est bien rare que ces enlèvements fassent l'objet de nouvelles, encore moins d'une couverture en direct d'envoyés spéciaux, d'entrevues avec des juristes experts. Je souligne le terme «véritable» parce que, généralement, le parent coupable se cache, tente de brouiller les pistes, ce qui n'est évidemment pas le cas dans cette histoire. Mais voilà une héroïne déchue, un conjoint mystérieux, une belle femme qui semble émotionnellement instable. Une belle prise pour les carnassiers de l'info-spectacle. Dans ce genre de démarche, toute forme de réflexion et de prudence s'estompe. Toutes les rumeurs sont relayées sans vérification préalable. Ainsi, durant quelques jours, on a raconté que la jeune fille de Mme Bédard avait entamé une grève de la faim. Un animateur célèbre a laissé entendre que le peu d'empressement apparent des autorités canadiennes à rapatrier la prisonnière pourrait être une vengeance du gouvernement fédéral, que Mme Bédard a déjà accusé de se livrer à du «terrorisme bureaucratique». Rien ne justifiait une telle débauche d'«information». Nulle violence, nulle menace, tout simplement la pathétique histoire d'un conflit familial ordinaire, faite d'étourderie, de malentendus, de détresse psychologique. Un triste fait divers transformé en événement national.

***

Parfois, c'est le traitement même de la nouvelle qui nous empêche d'en saisir l'importance. Ainsi, une étude publiée récemment mesurait la capacité des Canadiens à lire et surtout à comprendre un texte publié dans les journaux. Étude scientifique, elle fut traitée comme telle dans la plupart des journaux, en page intérieure et avec un titre peu accrocheur. Pourtant, cette étude donnait la mesure accablante de la faillite de notre système scolaire: plus de 50 % des francophones sont incapables de comprendre le sens d'un article ordinaire publié dans un journal. Au moment où nos grands théoriciens de la pédagogie défendent de toutes leurs langues indéchiffrables les mérites de leur réforme, cette information passée inaperçue venait jeter une nouvelle pierre dans le jardin de leur autosatisfaction. Traitée d'une autre façon, elle aurait pu susciter l'indignation et le scandale, mais elle n'entraîna que de l'indifférence.

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  • Christian Charron
    Inscrit
    samedi 6 janvier 2007 00h46
    Il est temps que les journalistes se réveillent
    Les journalistes ne prennent pas le recul nécessaire par rapport aux politiciens. Tout le monde finit par se connaître, et il serait déplacé pour le journaliste de mettre dans l'embarras ses précieux "contacts". Nous nageons dans un délire d'incohérence et personne ne dit mot. Les journalistes ne jouent pas ce rôle primordial dans notre société, soit d'être les défenseurs de la vérité.

    Christian Charron

  • Robert
    Abonné
    samedi 6 janvier 2007 01h46
    Je n'ose imaginer...
    Ne lisant que Le Devoir et n'écoutant que R-C première chaîne, je trouvais déjà hors de proportion l'ampleur qui était donnée à ces faits divers. Je n'ose imaginer ce qui se racontait et s'inventait ailleurs.

    Ayant travaillé longtemps en milieu ouvrier, je peux témoigner de l'incapacité de plus de la moitié de la population à comprendre correctement un texte même simple.

  • Pierre Henri
    Abonné
    samedi 6 janvier 2007 08h01
    Bêtise journalistique
    Je suis d'accord avec votre analyse etg selon moi, la cause profonde est la compétition entre les médias. Toute tentative pour discipliner l'industrie serait percue comme une dérogation au droit à l'information. Nous sommes, à mon humble avis, condamnés à subir encore longtemps les effets de la bêtise humaine en cette matière.

    Pierre Henri
    Matapédia

  • Patrice Drolet
    Abonné
    samedi 6 janvier 2007 08h18
    Mille fois bravos
    Bravo pour cette réflexion. Il me semble, malheureusement, que le dérapage soit incontrôlable. Depuis des années, je fais le même constat : une nouvelle n'est bonne, pour une majorité de médias, que si elle fait vendre. Une nouvelle jugée inintéressante est cachée. Il n'y a pas de « bonne nouvelle »? Qu'à cela ne tienne, on en crée une! C'est le piège du capitalisme. La difficulté qu'ont plusieurs francophones à comprendre des textes ordinaires n'est peut-être par étrangère à cette situation. Si un journal publie trop d'articles «complexes », il risque de perdre des lecteurs...

    Cela n'excuse toutefois pas le dérapage actuel du monde de l'information. Où se cache donc le professionnalisme des journalistes et des éditorialistes? N'ont-ils pas un code déontologique?

    Je propose aux journalistes et éditorialistes québécois de s'inspirer de cette réflexion pour leur résolution de l'année 2007!

    Patrice Drolet

  • J. Maurice Arbour
    Abonné
    samedi 6 janvier 2007 08h27
    Bravo
    Mille fois bravo. Le traitement médiatique de l'affaire Bédard est l'exemple parfait de la superficialité, de l'information-spectacle et de la bêtise. J.Maurice Arbour

  • jean claude pomerleau
    Inscrit
    samedi 6 janvier 2007 08h37
    Une démission collective qui commence par celle des journalistes.
    La remise en question du travail de la médiacratie est fait ici sur un ton anecdotique qui confine à l insignifiance et cela est symptomatique de la démission de la classe journalistique québécoise face à des sujets qui commande un peu de courage pour ëtre traités avec rigueur.

    Exemple de débat que la classe médiatique se refuse à faire: Pourquoi faut il construire deux super hoptaux à Montréal. Cette décision de consacrer 50% du budget à cet égard pour les 12% de la minorité anglaise qui est déjà très bien pourvu se fera au détriment du système santé dans son ensemble, donc de la majorité francophonne.

    L investissement le plus important du gouvernement dans un domaine critique se fait sans aucun débat, la démission de la classe journalistique est ici patente. Sans doute de crainte d ëtre traiter de raciste par la minorité anglophonne: accomodement raisonnable dites vous. Non, démission collective qui commence par celle de nos journalistes.

    Non seulement sur ce sujet mais aussi bien d autres qui met en cause l intérët supérieur du Québec: notamment le débat sur la nécessité pour le Québec de réaliser son indendance. Là la démission de la classe journalistique à cet égard est pathétique à voir.

  • Langis Gagnon
    Abonné
    samedi 6 janvier 2007 09h11
    Le monde de l'information ou de la désinformation ?
    Malgré la quantité de chaine de télévision spécialisé afin de nous donner l'information on se rend compte que au lieu de nous informer les média nous abreuve a répétition de faits divers comme ceux de Myriam Bédard.
    On parle des 148 personnes que Saddam Hussein a fait masacré dans la ville de Doudjaïl mais pas des plus de 50000 Irakien que Georges Bush et Rumsfeld on fait tue en Irak plus les 3000 soldats.

    Depuis que Georges W. Bush est entrer au pouvoir et que la clique de vautour Rice,Cheney,Rumsfeld, Ashcroft, Wolfowitz, Perle etc. font la pluie et le beau temps a Washington. Notre monde est de plus en plus en plus dans le chao et ce n'est pas a cause de Oussama Ben Laden ou de Saddam Hussein ou du terrorisme Islamique mais bien d'un pantin dénommé Georges Bush, manipuler par la clique ci-haut mentionné ou les pétrodollars, et les lucratifs contrats de reconstruction de l'Irak, les constructions d'armes, Papa Bush, et Mme Cheney (Carlyle). Jamais dans toute l'histoire des présidents Américain y a-t-il eu autant conflits d'intérêt mais peu de journalisme ose se lever debout et dire tout haut les incohérences et débordements de toute sorte que cette administration a faites.

    Ce qui fait le plus pitié dans tout cela c'est que vous les journalistes vous qui êtes SUPPOSÉ rapporté la bonne information, vous qui êtes supposé enquêter afin de donné a la population la bonne information vous en êtes rendu qu'a répéter la version officiel même si celle-ci est fausses car vos emplois sont en jeu.....

    Triste constat de constater que notre monde de l'information en est un de désinformation.

    Heureusement qu'il y a des exceptions (trop rare)
    comme Gil Courtemanche.

  • Jacques Morissette
    Abonné
    samedi 6 janvier 2007 10h22
    Les médias ont une grande responsabilité sociale
    On dit des médias qu'ils sont le quatrième pouvoir. Il en est parmi eux qui devraient avoir un certain rôle à jouer dans l'éducation du public. Ce n'est pas pour envoyer des fleurs au journal Le Devoir mais je le considère un peu comme un exemple à suivre, une locomotive qui informe bien les gens, autant que faire se peut.

  • Gaston St-Jean
    Inscrit
    samedi 6 janvier 2007 10h32
    Un commentaire lucide
    Bravo à Gil Courtemanche pour ses réflexions éclairées sur la pratique journalistique, notamment sur le battage médiatique entourant l'affaire Myriam Bédard. Il est bon que cette critique soit formulée par une personne des médias, car le même commentaire venant d'un simple citoyen serait vraisemblablement ignoré.

    Ce qui me frappe, c'est une certaine hypocrysie de nos médias dits sérieux. Qu'on se souvienne des commentaires de ces mêmes médias qui décriaient le cirque des médias américains lors du procès de O.J. Simpson. Pourtant, ils ont reproduit ce même phénomène lors de la mise en liberté de Karla Homolka. Une télévision de Toronto se vantait même d'avoir affecté et délégué à Joliette une équipe de plus de 40 journalistes et techniciens. C'est maintenant au tour de Mme Bédard d'attirer l'attention de vautours du genre.

    Heureusement qu'il existe encore des médias sérieux et responsables pour nous relater l'information de manière factuelle et refléchie. Trop de nouvelles s'inspirent d'un simple message sur une boîte vocale laissée par des gens en manque d'attention.

    Parions maintenant que certains médias qui se targuent d'être VRAIS vont nous présenter une émission spéciale et «exclusive» sur l'affaire Myriam Bédard. On n'y apprendra peu des de choses nouvelles, mais ce sera payant...

  • Jacques Léveillé
    Inscrit
    samedi 6 janvier 2007 11h03
    Enfin un co-pilote dans l'avion... son nom: Gil Courtemanche
    Merci monsieur Courtemanche de décrire avec lucidité que nous nous enfonçons avec nonchalence dans la ( sombristesse ) nuageuse de nos médias d'information. Saurez-vous manier et fermer la manette de l'avion qui permet la diffusion des gaz chloroformes? SVP le temps presse...
    J'ai davantage confiance à mon co-pilote!

  • Jean-François Couture
    Inscrit
    samedi 6 janvier 2007 11h17
    Bravo pour les couilles !
    Voici d'autres histoires qui se retrouvent dans l'angle mort de nos médias de masse grâce au règne de l'insignifiance...

    Le Canada : aussi actif en Irak qu'en Afghanistan !
    http://www.centpapiers.com/article.php3?id_article

    Dernièrement...
    Ce qui me dépasse et confirme le profond malaise médiatique ambiant est le fait irréfutable que les chefs de bureaux, n'aient accordé durant la même semaine que 16 minutes d'attention à la mort de 2 soldats canadiens en Afghanistan.

    Pourtant,l'incident Boisclair se méritait : une demande de démission de Denise Bombardier, trois pages couvertures du Journal de Montréal, 72 heures de rotations du clip sur RDI et LCN, un condamnation de Luc Mongrain, qui ne l'a pas empêché de montrer le clip 19 fois, pour un grand total de 23 heures, 19 minutes et 43 secondes d'attention médiatique.

    Preuve de concept...

    La mort du journalisme
    http://toile.mastodonte.com/spip/article.php3?id_a

    Aussi...

    Be Careful What You Say
    http://video.google.com/videoplay?docid=9884500553

    "On ne peut pas dire la vérité à la télévision: il y a trop de gens qui regardent" - Coluche

    Le journalisme est le règne de l'éphémère et du volatil. - Bernard Pivot

  • nilo
    Inscrit
    samedi 6 janvier 2007 11h58
    Medio ambiante...
    tout à fait pertinent comme article et analyse. Plus de la moitié des journalistes, commentateurs, analystes de la SRC section radio première chaîne confondent allègrement par exemple les deux mots confrontation et affrontement, alors que la définition se trouve... à Radio Canada.ca / Le Français au micro. Paresse intellectuelle? immaturité professionnelle. Cette confusion entraine un bordel langagier dont tirent profit les lobbyistes et politiciens aguerris.

    Je n'ai pas encore entendu un seul journaliste, excepté Louis-Gilles Francoeur, exprimer que le sens du mot Environnement doit être compris dans le même sens que le mot qui le signifie en Espagnol, en Portugais ou en Italien. En espagnol, le mot environnement se dit: el medio ambiante, c'est à dire le milieu ambiant, et non comme on nous le fait croire en anglais et en français avec l'idée que l'environnement c'est seulement ce qui nous environne, au lieu de nous faire comprendre que c'est aussi ce dans quoi on baigne, notre milieu ambiant, notre milieu de vie...

    Oneil Bouchard

  • mala
    Abonné
    samedi 6 janvier 2007 12h21
    Travail mal fait
    L'entrevue avec le grand patineur qu'est M. Baird fut très mal menée, je suis d'accord. Comme patineur, le Ministre de l'environnement est exceptionnel. Pouvoir parler une deuxième langue et l'utiliser si savemment pour ne rien dire et contourner le noeud de la question, c'est du grand art. Ça promet dans les "débats" à la Chambre des communes.

    Cependant, Mme Galipeau, pour ne pas la nommer fut assez lamentable dans cette entrevue où elle a laissé de funambule se promer sur son fil sans le rappeler à l'ordre : répondre à la question posée, non pas jongler avec des répétions sans contenu.

    Mario Laprise Québec

  • l poisson
    Inscrite
    samedi 6 janvier 2007 15h45
    Les Wall Mart de l'info
    Bonne année 2007

    Est-ce que le journaliste Daniel Leblanc aurait pu "sortir" le scandale des commandites s'il avait travaillé pour un journal québécois ?

    En plus de la propriété économique et de l'orientation convergente de nos média, "le confort et l'indifférence" dans lesquels baignent les camarades travailleurs et travailleuses de l'information de la désinformation incitent à en douter.

    On ne mord pas impunément la main qui nous nourrit, peut-être vous en souvenez-vous; nos actuels scribes devraient-ils faire... le point ? Avant de devenir "associés" comme chez Wall Mart ?

    S'agissant de cette vaste étude sur l'illettrisme traitée en sourdine par nos média et révélant notamment que plus de 50 % des francophones sont incapables de comprendre le sens d'un article ordinaire publié dans un journal, j'aimerais suggérer que c'est peut-être parce que plus de 50% des articles ordinaires publiés dans un journal n'ont de sens compréhensible autrement que par les intérêts économiques et la paresse rédactionnelle
    entourant leur mise en page et leur publication.

    Si vous pensez que je charrie, jetez un coup d'oeil sur votre hebdo local ou régional avant d'éplucher vos patates ! La Fédération professionnelle des journalistes (qui refusent toute déontologie professionnelle, sauf les camouflets onctueux d'un Conseil de presse éternellement moribond) fermera encore tartuffement les yeux sur cette réalité car elle a besoin de beaucoup de cotisations pour payer ses congrès sur la qualité de l'information.

    Lisons plus
    Elisons mieux

  • Jean-G. Lengellé
    Inscrit
    samedi 6 janvier 2007 15h58
    Avant de jeter la pierre à la présentatrice...
    Il eut fallu au contraire louer et louanger sa clairvoyance. En effet en laissant le soin au téléspectateur de conclure en tout état de cause sur l'indigence intellectuelle de ce beau parleur de John Baird (ancien responsable à Queen's Park des franco-ontariens, mais hors d'état de les comprendre...) la présentatrice a fait preuve d'intelligence et de subtilité.

    Après tout pourquoi souhaiter pour la lectrice de nouvelles l'entêtement dont avait fait preuve Madeleine Poulin face à PET, et que continue à promouvoir une présentatrice de RDI envers tout ce qui n'est pas péquiste.

    Ceci dit, et ceci excepté, sincère grand merci à Gil Courtemanche de souligner l'inanité galopante de la presse actuelle et son acharnement à nous abreuver de niaiseries aussi futiles que la saga Bédard!

  • Bélanger Lauréat, 74 ans
    Inscrit
    samedi 6 janvier 2007 20h41
    Le mal se généralise...
    Merci M. Courtemanche. Vous touchez un mal qui attaque autant les petits médias écrits ou électronique, autant des régions que des grands centres. La profondeur n'y est plus. C'est l'instantané, l'éphémère, le tirage, le sensationnel. Satisfaire la curiosité la plus élémentaires et oublier l'information de base, la formation du lecteur et de l'auditeur.

    J'ai débuté en journalisme hobdomadaire, en région au milieu des années '50. Formation spéciale: aucune. J'étais au mieux un gars qui avais eu de bonnes notes en composition à l'école. Le premier "boni" de Noël de mon patront avait été un abonnement au Devoir. C'est là que se retrouvait le plus grande consentration de journalistes de qualité au Québec. Je sais aujourd'hui que cet humble cadeau fut le plus précieux jamais reçu. Il m'a ouvert à l'autres lectures, à faire passer les idées de fonds avant les fait divers,etc.

    Pourquoi cette dégradation de l'information de fond au profit de l'information à sensation, de l'information spectacle, superficielle?
    Il y a peu, je collaborais encore à journal régional avec un billet hebdomadaire. Je ne faisais pas toujours dans le gentil, le drôle, etc.
    Souvent je brassais la cage de nos politiciens, déplorais certains travers de notre société, je me faisais souvent l'avocats des pauvres, des exploités, je dénoncais les abus de la société de consommation, soutenais des causes que j'estimais importantes. Je fus un ardent défenseur de l'environnement et surtout des exclus de la société.

    Or, récemment, suite à la passation de l'hebdos (où mes billets étaient appréciés) à une "chaîne" pourtant sans autres lien avec le milieu que celui du profit qu'il vient y chercher, on me fit poliment savoir "que mon statut et mon rôle n'entrais pas dans les vues" de la nouvelle entreprise.
    Or, autrefois, parmis les petits hebdos de province, se trouvaient parfois d'excellents journalistes, des pollémistes, des éveilleurs de consciences, et même de fins lettrés. Il y avait aussi des journalistes mals payés à la merci des dessous de tables de certains annonceurs ou politiciens ambitieux. Il y en eut aussi de très honnêtes qui ont dit: Non merci à certaines magouilles assez courrantes à la belle époque!.

    Mais aujourd'hui, il n'y a plus ni des uns ni des autres. C'est la politique de la "chaine", une politique uniforme, fade, sans saveur, pas compromettante et qui prévaut uniformémant partout; On rapporte les petits débats du Conseils municipal, les hauts faits sportifs des Lions du Bar qui penche contre les Tigres de la taverne la Broue, les échos du salon de quilles Les Boules, et autres nouvelles indispensables à la formation et à l'éveil de la responsabilité sociale des lecteurs de ces médias au goût uniforme à travers le Québec, comme celui de la tarte au sucre Le Choix du Vice-Président dans tous les AGI du Québec

    Enfin, J'estime que les bons écrits, mêmes s'ils ne sont pas tous lus à leur mérites, servent à quelque choses. Les commentaires suscités par l'écrit de M. Courtemanche, sont tous signifiants, appréciés, méritent tous une lecture attentive attentives et sont rédigés de façon convenable. Nous trouvons très souvent sur internet des pages de lettres du lecteurs contenant, pour une perle rare des dizaines d'intenventions
    incompréhensibles, bourrées de fautes, cherchant davantage à invectiver un intervenant et n' ajoutant finalement aucune substance au débat.
    La faute aux journalistes eux-mêmes? À à la concentration de la presse, À la marchandisation de l'information, À la place de plus en plus gsrandes aux "agents d'informations", Àla la langue de bois, caractéristique de plus en plus généralisée des gens qui nous gouvernent??? Responsabilité partagée sans odute.

    Mais une chose est certaine, nos médias sont comme nos assiettes, ils contiennent bien plus de "caloris vides, de malbouffe qu'un contenu soutenant et fortifiante à santé.

  • Jacques Bellemare
    Abonné
    dimanche 7 janvier 2007 20h01
    Pour qui travaillez-vous?
    Bonjour M Courtemnache, ou pluôt M. Courtevu.

    Je serai bref. Pour qui travaillez-vous? Au sujet de la couverture de l'escapade de Mme Bédard, vous vous en prenez, inconsiament, (j'en doute), à l'hypothèse selon laquelle les autorités canadiennes auraient sciement laisser croupire une héros nationale dans un cavot américain sans en assurer le rapatriement comme en à le pouvoir le principal partenaire commercial de cet état. Il y a cause à effet ici. On en voulais à Mme Bédard et on (le fédéral) à rien fait.

    Notre chanteur populaire Éric Lapoint, quant à lui, s'est retrouvé sur le premier vol pour assurer son retour au bercail dans les plus bref délais! Évidement lui, n'a pas accusé certain de traffic! Ces ami du centre Bell ne font pas dans la denteille non plus...mais qu'est-ce que l'on ne ferais pas pour un bon boy...

    Jacques Bellemare

  • Josée Larochelle
    Abonnée
    lundi 8 janvier 2007 11h09
    Pur sophisme
    Si j'ai apprécié le début de votre chronique, la fin m'a profondément déçue. Je suis plus que d'accord avec vous: il y a de quoi être franchement désolé du peu d'intérêt que suscite une nouvelle aussi catastrophante que le taux d'analphabétisme aujourd'hui.

    Mais vous tombez dans le plus pur sophisme lorsque vous écrivez: "Au moment où nos grands théoriciens de la pédagogie défendent de toutes leurs langues indéchiffrables les mérites de leur réforme, cette information passée inaperçue venait jeter une nouvelle pierre dans le jardin de leur autosatisfaction."

    En effet, si le taux actuel d'analphabétisme est une belle preuve de "la mesure accablante de la faillite de notre système scolaire", comme vous le dites vous-même, on voit mal le lien avec la réforme en cours... à moins que le taux d'analphabétisme actuel de la population québécoise soit dû aux mesures en cours depuis sept ans pour redresser la barre, selon vous?

    Il me semble que, dans un billet qui fustige la désinformation, vous faites ici allègrement votre part.

    Quel dommage!

  • Louis Cousineau
    Abonné
    lundi 8 janvier 2007 12h13
    Merci
    J'aime écrire mais j'apprécie encore plus ceux qui comme vous peuvent traduire en tant de mots une pensée claire. Oui, on en a marre de cette info-fast food et cette info continue. Tant d'heure sur Dawson et nos soldats et si peu d'information d'ailleurs.
    Merci

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