Télévision - Un «Bye Bye» qui décape et divise
Rock et Belles Oreilles, en 2002. Le «Bye-Bye» de cette année, concocté par RBO, a notamment permis aux télespectateurs de retrouver certains des anciens personnages du groupe d’humoristes. Source: Canal D
Le Bye Bye de RBO (Rock et Belles Oreilles), présenté dimanche soir, a ramené une tradition disparue, le déferlement des passions!
Depuis deux jours, sur les blogues personnels et sur ceux de différents médias, le débat fait rage: des centaines de commentaires tranchés qui ont adoré ou détesté le retour de la célèbre émission.
Si Radio-Canada voulait proposer une émission rassembleuse et consensuelle, c'est raté. Si elle voulait proposer une émission qui «ferait jaser», c'est pleinement réussi.
Mais l'époque des grands Bye Bye rassembleurs appartient au passé, alors que se sont multipliées dans les années 1990 les émissions d'humour en tout genre sur toutes les ondes. L'idée même d'une rétrospective qui soit le seul grand moment humoristique fort de l'année n'a plus la même pertinence qu'il y a 20 ans. RBO a lui-même contribué à cette perte d'influence du Bye Bye avec sa propre Grande Liquidation des Fêtes.
Cela étant dit, l'annonce du retour du Bye Bye faisait évidemment saliver, particulièrement chez tous les fans du groupe qui s'étaient délectés dans les années 1980 et 1990 de leur humour décapant.
Alors, ce Bye Bye? Ce fut un Bye Bye RBO, justement, fidèle à la réputation du groupe. Ce qui veut dire que, sur les blogues, plusieurs téléspectateurs ont déploré la vulgarité du propos et exigé le retour de Dominique Michel...
Les membres de RBO, fans des médias et des communications, s'étaient toujours distingués par le soin apporté aux images et aux sons. Ce Bye Bye n'a pas fait exception: parodies de publicités plus vraies que nature, détournement de vidéoclips et d'émission de télévision, costumes et maquillages étonnants, séquences d'animation réussies (le générique, et la parodie fidèle des Têtes à claques).
Ces prouesses techniques ont été mises au service d'un propos qui collait véritablement à l'actualité: l'armée canadienne en Afghanistan, les problèmes de l'industrie forestière, le scandale Norbourg, les ministres silencieux de Stephen Harper, le ton insupportable de Stéphane Dion, et ainsi de suite. Pour apprécier RBO, il faut également beaucoup regarder la télévision: les parodies, trop longues mais réussies, de Loft Story et d'Occupation double, prenaient leur sens uniquement si on connaissait les participants de ces deux niaiseries télévisuelles. Et les téléspectateurs plus âgés qui connaissent mal les Cowboys fringants ou Pierre Lapointe étaient peut-être un peu perdus.
RBO est souvent d'une efficacité redoutable dans les flashs plus courts, les petits clips avec une idée forte, par exemple cette annonce de Ma maison RONA où l'animatrice invite deux équipes, l'une juive et l'autre palestinienne, à détruire leur maison.
Mais il est impossible de plaire à tout le monde tout le temps avec une telle émission. J'ai rigolé au sketch sur les «Outgames», mais certains téléspectateurs l'ont trouvé méprisant. J'ai été mal à l'aise en voyant les soldats canadiens en Afghanistan ridiculisés, mais d'autres téléspectateurs ont considéré que c'était politiquement fort. On pourrait multiplier les exemples, mais il reste que RBO a le don de mettre le doigt sur nos travers. Les téléspectateurs qui ont trouvé vulgaire et grossier le cours de radio-poubelle, par exemple, n'ont sûrement jamais entendu Jeff Fillion et Gilles Proulx pour vrai...
Certains sketchs traînaient en longueur (l'idée de parodier les politiciens québécois dans le quizz Le Cercle n'était pas mauvaise, mais le sketch aurait vraiment pu être resserré), et en fin d'émission, RBO a sûrement pêché par autocontemplation en faisant revenir ses anciens personnages. Mais le groupe a généralement été efficace et versatile, proposant autant des moments rigolos et bien «punchés» que des gags adolescents plus faciles. Mais ça, c'est RBO, c'est à prendre ou à laisser, et on remarquera que le groupe sait se moquer de lui-même, en ironisant sur le Guy A. Lepage vaniteux de Tout le monde en parle!
Depuis deux jours, sur les blogues personnels et sur ceux de différents médias, le débat fait rage: des centaines de commentaires tranchés qui ont adoré ou détesté le retour de la célèbre émission.
Si Radio-Canada voulait proposer une émission rassembleuse et consensuelle, c'est raté. Si elle voulait proposer une émission qui «ferait jaser», c'est pleinement réussi.
Mais l'époque des grands Bye Bye rassembleurs appartient au passé, alors que se sont multipliées dans les années 1990 les émissions d'humour en tout genre sur toutes les ondes. L'idée même d'une rétrospective qui soit le seul grand moment humoristique fort de l'année n'a plus la même pertinence qu'il y a 20 ans. RBO a lui-même contribué à cette perte d'influence du Bye Bye avec sa propre Grande Liquidation des Fêtes.
Cela étant dit, l'annonce du retour du Bye Bye faisait évidemment saliver, particulièrement chez tous les fans du groupe qui s'étaient délectés dans les années 1980 et 1990 de leur humour décapant.
Alors, ce Bye Bye? Ce fut un Bye Bye RBO, justement, fidèle à la réputation du groupe. Ce qui veut dire que, sur les blogues, plusieurs téléspectateurs ont déploré la vulgarité du propos et exigé le retour de Dominique Michel...
Les membres de RBO, fans des médias et des communications, s'étaient toujours distingués par le soin apporté aux images et aux sons. Ce Bye Bye n'a pas fait exception: parodies de publicités plus vraies que nature, détournement de vidéoclips et d'émission de télévision, costumes et maquillages étonnants, séquences d'animation réussies (le générique, et la parodie fidèle des Têtes à claques).
Ces prouesses techniques ont été mises au service d'un propos qui collait véritablement à l'actualité: l'armée canadienne en Afghanistan, les problèmes de l'industrie forestière, le scandale Norbourg, les ministres silencieux de Stephen Harper, le ton insupportable de Stéphane Dion, et ainsi de suite. Pour apprécier RBO, il faut également beaucoup regarder la télévision: les parodies, trop longues mais réussies, de Loft Story et d'Occupation double, prenaient leur sens uniquement si on connaissait les participants de ces deux niaiseries télévisuelles. Et les téléspectateurs plus âgés qui connaissent mal les Cowboys fringants ou Pierre Lapointe étaient peut-être un peu perdus.
RBO est souvent d'une efficacité redoutable dans les flashs plus courts, les petits clips avec une idée forte, par exemple cette annonce de Ma maison RONA où l'animatrice invite deux équipes, l'une juive et l'autre palestinienne, à détruire leur maison.
Mais il est impossible de plaire à tout le monde tout le temps avec une telle émission. J'ai rigolé au sketch sur les «Outgames», mais certains téléspectateurs l'ont trouvé méprisant. J'ai été mal à l'aise en voyant les soldats canadiens en Afghanistan ridiculisés, mais d'autres téléspectateurs ont considéré que c'était politiquement fort. On pourrait multiplier les exemples, mais il reste que RBO a le don de mettre le doigt sur nos travers. Les téléspectateurs qui ont trouvé vulgaire et grossier le cours de radio-poubelle, par exemple, n'ont sûrement jamais entendu Jeff Fillion et Gilles Proulx pour vrai...
Certains sketchs traînaient en longueur (l'idée de parodier les politiciens québécois dans le quizz Le Cercle n'était pas mauvaise, mais le sketch aurait vraiment pu être resserré), et en fin d'émission, RBO a sûrement pêché par autocontemplation en faisant revenir ses anciens personnages. Mais le groupe a généralement été efficace et versatile, proposant autant des moments rigolos et bien «punchés» que des gags adolescents plus faciles. Mais ça, c'est RBO, c'est à prendre ou à laisser, et on remarquera que le groupe sait se moquer de lui-même, en ironisant sur le Guy A. Lepage vaniteux de Tout le monde en parle!
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