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Impasse à la SRC

Jeanne Corriveau   16 mai 2002 12h04  Médias
Les employés de Radio-Canada réunis en assemblée générale hier soir n'en croyaient pas leurs oreilles quand le résultat du vote sur les offres patronales est tombé. Par une majorité de trois voix (502 contre 499), les syndiqués ont rejeté le projet de convention collective.

"C'est le pire des scénarios", ont lancé plusieurs employés encore sous le choc.

On s'attendait à un résultat serré, mais personne n'avait imaginé une marge aussi mince. Le résultat de 502 voix contre 499 en faveur du rejet des offres patronales et les neuf bulletins rejetés ont jeté stupeur et incrédulité dans les rangs des syndiqués.

On a aussitôt procédé à un recomptage des bulletins de vote, mais le scrutin témoignait déjà des oppositions au sein des membres du syndicat.

"Que peut faire le comité de négociation avec un tel mandat?", a demandé un syndiqué. Le président du syndicat des communications, Michel Couturier, a convenu qu'une telle majorité obligerait le comité de négociation à se fixer des objectifs "modestes".

L'exécutif du syndicat a donc convenu de demander une rencontre avec la direction de Radio-Canada. "Il importe de trouver une solution pour dénouer l'impasse. Il faut que les parties se rencontrent pour négocier afin que nous obtenions de nos membres une majorité plus importante. Ça pourrait se faire dans les 24 ou 48 heures", a-t-il indiqué.

En cas de rejet des offres, on prévoyait procéder à un vote sur les moyens de pression à adopter, mais le président du syndicat a jugé que cette mesure n'était pas nécessaire si on entamait un nouveau blitz de négociations.

Dans une tentative pour régler le conflit, la direction de la société d'État avait accordé une concession de dernière minute au syndicat hier matin.

La veille encore, le comité de négociation préconisait un rejet des propositions de la direction. Des tractations entre la partie patronale et le syndicat tout juste avant l'assemblée générale hier matin leur avait toutefois permis de s'entendre au sujet de la clause présidentielle (aussi baptisée "clause Judith-Jasmin), un des cinq points qui faisaient toujours l'objet de litige. Cette clause oblige Radio-Canada à accommoder les employés qui effectuent un retour au travail après un congé d'invalidité, mais le syndicat exigeait l'assurance que le travailleur ne serait pas mis à pied si sa condition ne lui permettait pas un retour à son poste. En échange de cette concession, le comité de négociation syndical a promis de recommander à ses membres l'acceptation des offres patronales.

Celles-ci comportaient notamment des augmentations de salaire de 3 % à la signature de la convention collective, de 1,5 % en janvier 2003 et de 2,5 % en juin 2003, de même qu'un montant forfaitaire de 1000 $. La direction avait également accepté d'accorder la permanence à 132 contractuels. L'ouverture de l'assemblée qui se tenait au centre Sheraton à Laval a été retardée de quelques heures par ces négociations de dernière minute. Du bout des lèvres, Ubald Bernard, porte-parole du comité de négociation, a donc recommandé les offres patronales à ses membres, tout en précisant qu'ils devaient se sentir libres de leur choix.

De longues discussions ont suivi ce préambule.

Les troupes étaient divisées sur les positions à adopter. Certains jugeaient les gains obtenus par le syndicat suffisants pour inciter un retour au travail. Mais nombreux étaient ceux qui en avaient encore gros sur le coeur, exaspérés par l'attitude de la direction de Radio-Canada tout au long du conflit, une attitude qu'ils ont qualifiée de "méprisante". Une raison suffisante selon eux pour refuser les offres.






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