Présidence du conseil de Radio-Canada - Guy Fournier remet sa démission
Ayant perdu toute crédibilité à la tête du conseil d'administration de Radio-Canada, Guy Fournier a remis hier sa démission.
La ministre du Patrimoine Bev Oda en a fait l'annonce en après-midi à la Chambre des communes, en ne cachant pas sa propre opinion: «M. Fournier, a-t-elle déclaré, avait été nommé président du conseil de Radio-Canada par le précédent gouvernement libéral. Il a graduellement perdu la confiance du nouveau gouvernement canadien.»
La démission de Guy Fournier est immédiate. Et dans la classe politique personne ne s'est vigoureusement porté à sa défense. «Il a pris une excellente décision, pour la société d'État et pour lui-même», a déclaré Gilles Duceppe, chef du Bloc québécois.
Le député Denis Coderre, porte-parole du Parti libéral, s'est montré plus cinglant: «Il a été victime de sa propre turpitude. Il s'est "flushé" lui-même», a-t-il lancé.
Nommé président du conseil d'administration de Radio-Canada/CBC, en septembre 2005, par l'ancien gouvernement, sous la chaude recommandation de la ministre de l'époque Liza Frulla, Guy Fournier a donc tenu à peine un an.
Et sa démission survient après une série de péripéties quelquefois loufoques, qui ont culminé dimanche soir dernier lors de son passage à l'émission Tout le monde en parle, où il a été la risée des invités de Guy A. Lepage. Malgré une longue carrière de 50 ans dans le monde de la télévision, il était clair depuis dimanche que Guy Fournier n'avait plus la crédibilité nécessaire pour occuper son poste.
Guy Fournier a collectionné les controverses depuis moins d'un an. Peu de temps après sa nomination il devenait en effet collaborateur du magazine 7 jours de Quebecor, le grand groupe propriétaire de TVA qui est concurrent direct de la télévision de Radio-Canada, ce qui a fait grincer des dents.
Au printemps, il accordait une entrevue à la radio de CBC au Nouveau-Brunswick, dans laquelle il indiquait que depuis 15 ou 20 ans Radio-Canada n'avait pas été «totalement objective et très bien équilibrée dans l'information qu'elle diffusait», insistant sur le fait que Radio-Canada avait comme mission d'«unifier le pays». Une déclaration qui lui avait valu une première réprimande de la ministre Oda, qui avait alors déclaré que «le président a son point de vue personnel» mais «nous croyons qu'un diffuseur public fort ne doit pas servir d'outil politique».
Puis cet été, il avait accordé une entrevue à une station communautaire de Toronto au cours de laquelle il discutait pendant au moins 10 minutes du plaisir qu'il avait à déféquer...
Il y a deux semaines, il écrivait dans le 7 jours, dans une chronique consacrée à différentes bizarreries de par le monde, qu'il existe un loi au Liban qui permet aux hommes d'avoir des relations sexuelles avec des animaux femelles.
Une fausse information qui a suscité l'indignation dans la communauté libanaise, et pour laquelle Guy Fournier a ensuite admis s'être fié à des informations non vérifiées.
Invité à s'expliquer dimanche soir dernier sur le plateau de Tout le monde en parle Guy Fournier a fort mal paru, d'autant plus que l'animateur Guy A. Lepage a diffusé de longs extraits de son entrevue radiophonique sur le plaisir de déféquer. Le chanteur Serge Lama, invité à la même émission, était écroulé de rire et il résumait l'atmosphère générale sur le plateau de la façon suivante: «Plus il se justifie, plus il s'enfonce!»
Hier, la farce avait donc assez duré. Le passage de M. Fournier à la tête du conseil d'administration tranche avec celui de la précédente présidente, Carole Taylor, demeurée à peu près inconnue au Québec.
Le président-directeur général de Radio-Canada, Robert Rabinovitch, occupera le poste de président du conseil jusqu'à ce que le premier ministre Harper désigne une autre personne.
Âgé de 75 ans, Guy Fournier a été scénariste de nombreuses émissions jeunesse (dont La boîte à surprises), auteur de téléroman à succès (dont Jamais deux sans toi) et de plusieurs séries télévisées. Journaliste, chroniqueur, producteur, il a également été le premier directeur de Télévision Quatre Saisons, a présidé l'Académie canadienne du cinéma et de la télévision, section Québec, et il a rédigé plusieurs études sur l'industrie télévisuelle.
La ministre du Patrimoine Bev Oda en a fait l'annonce en après-midi à la Chambre des communes, en ne cachant pas sa propre opinion: «M. Fournier, a-t-elle déclaré, avait été nommé président du conseil de Radio-Canada par le précédent gouvernement libéral. Il a graduellement perdu la confiance du nouveau gouvernement canadien.»
La démission de Guy Fournier est immédiate. Et dans la classe politique personne ne s'est vigoureusement porté à sa défense. «Il a pris une excellente décision, pour la société d'État et pour lui-même», a déclaré Gilles Duceppe, chef du Bloc québécois.
Le député Denis Coderre, porte-parole du Parti libéral, s'est montré plus cinglant: «Il a été victime de sa propre turpitude. Il s'est "flushé" lui-même», a-t-il lancé.
Nommé président du conseil d'administration de Radio-Canada/CBC, en septembre 2005, par l'ancien gouvernement, sous la chaude recommandation de la ministre de l'époque Liza Frulla, Guy Fournier a donc tenu à peine un an.
Et sa démission survient après une série de péripéties quelquefois loufoques, qui ont culminé dimanche soir dernier lors de son passage à l'émission Tout le monde en parle, où il a été la risée des invités de Guy A. Lepage. Malgré une longue carrière de 50 ans dans le monde de la télévision, il était clair depuis dimanche que Guy Fournier n'avait plus la crédibilité nécessaire pour occuper son poste.
Guy Fournier a collectionné les controverses depuis moins d'un an. Peu de temps après sa nomination il devenait en effet collaborateur du magazine 7 jours de Quebecor, le grand groupe propriétaire de TVA qui est concurrent direct de la télévision de Radio-Canada, ce qui a fait grincer des dents.
Au printemps, il accordait une entrevue à la radio de CBC au Nouveau-Brunswick, dans laquelle il indiquait que depuis 15 ou 20 ans Radio-Canada n'avait pas été «totalement objective et très bien équilibrée dans l'information qu'elle diffusait», insistant sur le fait que Radio-Canada avait comme mission d'«unifier le pays». Une déclaration qui lui avait valu une première réprimande de la ministre Oda, qui avait alors déclaré que «le président a son point de vue personnel» mais «nous croyons qu'un diffuseur public fort ne doit pas servir d'outil politique».
Puis cet été, il avait accordé une entrevue à une station communautaire de Toronto au cours de laquelle il discutait pendant au moins 10 minutes du plaisir qu'il avait à déféquer...
Il y a deux semaines, il écrivait dans le 7 jours, dans une chronique consacrée à différentes bizarreries de par le monde, qu'il existe un loi au Liban qui permet aux hommes d'avoir des relations sexuelles avec des animaux femelles.
Une fausse information qui a suscité l'indignation dans la communauté libanaise, et pour laquelle Guy Fournier a ensuite admis s'être fié à des informations non vérifiées.
Invité à s'expliquer dimanche soir dernier sur le plateau de Tout le monde en parle Guy Fournier a fort mal paru, d'autant plus que l'animateur Guy A. Lepage a diffusé de longs extraits de son entrevue radiophonique sur le plaisir de déféquer. Le chanteur Serge Lama, invité à la même émission, était écroulé de rire et il résumait l'atmosphère générale sur le plateau de la façon suivante: «Plus il se justifie, plus il s'enfonce!»
Hier, la farce avait donc assez duré. Le passage de M. Fournier à la tête du conseil d'administration tranche avec celui de la précédente présidente, Carole Taylor, demeurée à peu près inconnue au Québec.
Le président-directeur général de Radio-Canada, Robert Rabinovitch, occupera le poste de président du conseil jusqu'à ce que le premier ministre Harper désigne une autre personne.
Âgé de 75 ans, Guy Fournier a été scénariste de nombreuses émissions jeunesse (dont La boîte à surprises), auteur de téléroman à succès (dont Jamais deux sans toi) et de plusieurs séries télévisées. Journaliste, chroniqueur, producteur, il a également été le premier directeur de Télévision Quatre Saisons, a présidé l'Académie canadienne du cinéma et de la télévision, section Québec, et il a rédigé plusieurs études sur l'industrie télévisuelle.
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