Il faut mettre fin au lock-out
Le conflit à la Société Radio-Canada (SRC) s'enlise. Les employés ont beau être dans la rue depuis six semaines, rien ne laisse prévoir un dénouement imminent. Lorsque les parties s'invectivent sur la place publique, c'est habituellement parce qu'il ne se passe pas grand-chose à la table de négociation. Ce lock-out devient chaque jour un peu plus absurde.
Dans une lettre qu'elle a fait parvenir hier aux journaux, la SRC fait valoir qu'elle ne peut, en gestionnaire responsable, accorder la permanence à tous ses employés contractuels et que de toute manière, la souplesse indispensable à une entreprise comme Radio-Canada ne saurait s'accommoder d'un statut de permanence généralisé. On veut bien. Cela ne veut pas dire pour autant qu'il faille perpétuer indéfiniment la précarité d'emploi, qui est le lot de la moitié des 1400 membres du syndicat en conflit. La direction a déjà manifesté une certaine ouverture et le syndicat est "parlable". N'y a-t-il pas moyen de progresser encore un peu dans ce dossier?
Chaque conflit a sa dynamique propre. Il est assez rare, cependant, que les syndiqués soient dans la rue alors que les négociations en vue du renouvellement du contrat de travail n'ont pas encore débuté. C'est pourtant ce qui s'est passé à Radio-Canada. Le Syndicat des communications avait mal évalué, c'est le moins qu'on puisse dire, les conséquences de sa grève de 24 heures à laquelle la direction a répliqué en mettant tout le monde en lock-out. On aurait pu s'attendre, vu la gravité de la situation, à une intensification des pourparlers. Ce ne fut pas le cas. Faut-il croire que le président de la SRC, Robert Rabinovitch, tire toutes les ficelles par-derrière? M. Rabinovitch suit le conflit de près, cela ne fait aucun doute. Il ne tient pas à ce que ses employés de Montréal effectuent des percées qui pourraient lui coûter cher ailleurs au pays.
Mais le syndicat ne cherche-t-il pas lui aussi à arracher un règlement qui justifierait a posteriori le conflit? Ne recherche-t-il pas une victoire plus spectaculaire que celle que lui apporteraient les fastidieux calculs effectués à la table de négociation, sans lesquels aucune entente ne peut être conclue?
Dans un conflit, les torts sont rarement d'un seul côté. N'empêche. Malgré ses efforts, la direction de Radio-Canada n'arrive pas à justifier son lock-out. Non seulement ses employés sont dehors, les auditeurs et les téléspectateurs sont privés d'un service public auquel ils ont droit et qu'ils paient de leur poche. La SRC peut toujours pavoiser en disant que les téléspectateurs n'ont pas boudé les matchs Canadien-Boston ou même qu'un bon nombre d'entre eux continuent de suivre les informations, ces arguments sont spécieux. La vérité est tout autre: Radio-Canada, outre qu'elle a une mission d'information auprès des francophones, ne peut se permettre de jouer ainsi avec le feu. La concurrence est féroce et le public n'est jamais acquis. Que dire, par ailleurs, des dommages que le conflit cause à la communauté culturelle, privée de la promotion dont elle bénéficie à la radio de Radio-Canada?
Le lock-out n'est pas justifiable. La direction doit y mettre fin, manifestant ainsi sa bonne volonté. Le travail de tout un chacun pourra reprendre et les négociations également, sur un mode plus serein. Quant au Syndicat des communications, il devra faire preuve de jugement et placer ses énergies au bon endroit en mettant de côté les moyens de pression, pour un certain temps.
Dans une lettre qu'elle a fait parvenir hier aux journaux, la SRC fait valoir qu'elle ne peut, en gestionnaire responsable, accorder la permanence à tous ses employés contractuels et que de toute manière, la souplesse indispensable à une entreprise comme Radio-Canada ne saurait s'accommoder d'un statut de permanence généralisé. On veut bien. Cela ne veut pas dire pour autant qu'il faille perpétuer indéfiniment la précarité d'emploi, qui est le lot de la moitié des 1400 membres du syndicat en conflit. La direction a déjà manifesté une certaine ouverture et le syndicat est "parlable". N'y a-t-il pas moyen de progresser encore un peu dans ce dossier?
Chaque conflit a sa dynamique propre. Il est assez rare, cependant, que les syndiqués soient dans la rue alors que les négociations en vue du renouvellement du contrat de travail n'ont pas encore débuté. C'est pourtant ce qui s'est passé à Radio-Canada. Le Syndicat des communications avait mal évalué, c'est le moins qu'on puisse dire, les conséquences de sa grève de 24 heures à laquelle la direction a répliqué en mettant tout le monde en lock-out. On aurait pu s'attendre, vu la gravité de la situation, à une intensification des pourparlers. Ce ne fut pas le cas. Faut-il croire que le président de la SRC, Robert Rabinovitch, tire toutes les ficelles par-derrière? M. Rabinovitch suit le conflit de près, cela ne fait aucun doute. Il ne tient pas à ce que ses employés de Montréal effectuent des percées qui pourraient lui coûter cher ailleurs au pays.
Mais le syndicat ne cherche-t-il pas lui aussi à arracher un règlement qui justifierait a posteriori le conflit? Ne recherche-t-il pas une victoire plus spectaculaire que celle que lui apporteraient les fastidieux calculs effectués à la table de négociation, sans lesquels aucune entente ne peut être conclue?
Dans un conflit, les torts sont rarement d'un seul côté. N'empêche. Malgré ses efforts, la direction de Radio-Canada n'arrive pas à justifier son lock-out. Non seulement ses employés sont dehors, les auditeurs et les téléspectateurs sont privés d'un service public auquel ils ont droit et qu'ils paient de leur poche. La SRC peut toujours pavoiser en disant que les téléspectateurs n'ont pas boudé les matchs Canadien-Boston ou même qu'un bon nombre d'entre eux continuent de suivre les informations, ces arguments sont spécieux. La vérité est tout autre: Radio-Canada, outre qu'elle a une mission d'information auprès des francophones, ne peut se permettre de jouer ainsi avec le feu. La concurrence est féroce et le public n'est jamais acquis. Que dire, par ailleurs, des dommages que le conflit cause à la communauté culturelle, privée de la promotion dont elle bénéficie à la radio de Radio-Canada?
Le lock-out n'est pas justifiable. La direction doit y mettre fin, manifestant ainsi sa bonne volonté. Le travail de tout un chacun pourra reprendre et les négociations également, sur un mode plus serein. Quant au Syndicat des communications, il devra faire preuve de jugement et placer ses énergies au bon endroit en mettant de côté les moyens de pression, pour un certain temps.
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