À voir à la télévision le mardi 7 mars - Histoires d'elle
Instigatrice du mouvement de libération de la femme en France pour certains ou simple accompagnatrice selon les autres, la revue Elle témoigne depuis plus de soixante ans tant de l'évolution de la société que des contradictions des femmes.
Si le premier numéro est lancé le 21 novembre 1945 (à peine plus d'un an après la libération de Paris), il faudra attendre 1946 et l'arrivée de Françoise Giroux à titre de rédactrice aux actualités pour que se profile la tendance «féminisante» du magazine, source de nombreuses lettres de maris outrés. Rien de tout cela n'impressionne la rédaction, qui persiste à proposer des articles en faveur de l'autonomie et du travail des femmes. À l'instar de Simone de Beauvoir qu'elle cite abondamment («On ne nait pas femme, on le devient»), Giroux écrira: «Une mère est aussi une femme.»
Arrive Mai 1968 et la contestation générale. Le débat gagne la salle de rédaction du Elle: distraire les lectrices de l'agitation ambiante ou plonger au coeur de la tempête? Un numéro spécial avec militantes sur la couverture et photoreportages à l'intérieur dépeint alors les événements de la rue. Ce n'est que le début d'une série de prises de position, notamment pour la légalisation de l'avortement dans
les années 70, jusqu'à la couverture ayant secoué la francophonie — six mois avant le 11 septembre, le magazine présentait une femme afghane en burka (comme quoi La Vie en rose n'a rien inventé).
On peut bien sûr s'interroger sur la valeur de l'engagement derrière ces coups de gueule successifs quand on sait que se retrouvent encore et toujours dans Elle des propositions de régimes miracles («Perdez trois kilos en cinq jours») et autres publireportages de mode typiques de la presse féminine. Pourtant, Elle — et Elle France plus encore que ses rejetons outre-mer — se démarque du lot en tentant de semer des pistes de réflexion chez ses lectrices.
Est-ce à dire que la publication mérite le titre d'éveilleur des consciences? L'hommage présenté ce soir n'entend pas trancher la question mais dresse un portrait instructif d'un incontournable révélateur des tendances sociétales.
Elle
TV5, 19h et 20h30
Si le premier numéro est lancé le 21 novembre 1945 (à peine plus d'un an après la libération de Paris), il faudra attendre 1946 et l'arrivée de Françoise Giroux à titre de rédactrice aux actualités pour que se profile la tendance «féminisante» du magazine, source de nombreuses lettres de maris outrés. Rien de tout cela n'impressionne la rédaction, qui persiste à proposer des articles en faveur de l'autonomie et du travail des femmes. À l'instar de Simone de Beauvoir qu'elle cite abondamment («On ne nait pas femme, on le devient»), Giroux écrira: «Une mère est aussi une femme.»
Arrive Mai 1968 et la contestation générale. Le débat gagne la salle de rédaction du Elle: distraire les lectrices de l'agitation ambiante ou plonger au coeur de la tempête? Un numéro spécial avec militantes sur la couverture et photoreportages à l'intérieur dépeint alors les événements de la rue. Ce n'est que le début d'une série de prises de position, notamment pour la légalisation de l'avortement dans
les années 70, jusqu'à la couverture ayant secoué la francophonie — six mois avant le 11 septembre, le magazine présentait une femme afghane en burka (comme quoi La Vie en rose n'a rien inventé).
On peut bien sûr s'interroger sur la valeur de l'engagement derrière ces coups de gueule successifs quand on sait que se retrouvent encore et toujours dans Elle des propositions de régimes miracles («Perdez trois kilos en cinq jours») et autres publireportages de mode typiques de la presse féminine. Pourtant, Elle — et Elle France plus encore que ses rejetons outre-mer — se démarque du lot en tentant de semer des pistes de réflexion chez ses lectrices.
Est-ce à dire que la publication mérite le titre d'éveilleur des consciences? L'hommage présenté ce soir n'entend pas trancher la question mais dresse un portrait instructif d'un incontournable révélateur des tendances sociétales.
Elle
TV5, 19h et 20h30
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