Conflit à radio-canada - La direction passe à l'attaque
Sortant de son mutisme pour la première fois depuis un mois et demi, la haute direction de Radio-Canada fait valoir que les demandes du Syndicat des communications en lock-out sont irréalistes et accuse les syndiqués d'avoir "utilisé le moyen de pression le plus extrême pour tenter de faire fléchir" l'entreprise.
Dans une lettre envoyée hier aux médias (et publiée en page A 9 du Devoir), la grande patronne de la télévision française, Michèle Fortin, et le grand patron de la radio, Sylvain Lafrance, soutiennent qu'il était impossible d'envisager un retour au travail des employés après leur grève de 24 heures compte tenu des "positions très dures" du syndicat face aux offres patronales, compte tenu également des écarts importants entre les deux parties.
Cette déclaration vise à justifier la mise en lock-out des employés après la grève de 24 heures, il y a près d'un mois et demi, un geste pour lequel la direction de la SRC a été très critiquée.
Mme Fortin et M. Lafrance font également valoir que les budgets de Radio-Canada "ont fondu de 30%" depuis dix ans et que, dans ce contexte, il est impossible d'accorder des augmentations salariales de 25 %.
À propos de ce dernier chiffre, le syndicat ne fait pas du tout le même calcul que la direction.
Bref, la direction de Radio-Canada, visiblement excédée par le courant de sympathie auquel les employés en lock-out ont eu droit ces derniers temps, a décidé de passer à l'attaque. Ainsi, le directeur des communications de la SRC, Marc Sévigny, émettait hier au nom de la direction une autre déclaration dénonçant le fait que le syndicat "dépense plus d'énergie à manifester et à faire de la politique qu'à négocier".
Radio-Canada s'en prenait ainsi à l'action du syndicat, qui a dévoilé hier en conférence de presse les noms de 100 personnalités féminines qui appuient sa lutte contre la discrimination salariale à Radio-Canada. On trouve dans cette liste les noms d'écrivains et d'auteurs comme Margaret Atwood, Marie Laberge et Janette Bertrand, de comédiennes comme Sylvie Drapeau, Marina Orsini, Sophie Lorain et Dominique Michel, d'athlètes olympiques comme Sylvie Fréchette, Nathalie Lambert et Sylvie Bernier, de danseuses comme Marie Chouinard et Margie Gillies, ainsi que de diverses personnalités comme Phyllis Lambert et Lise Bissonnette, et ainsi de suite.
La direction de Radio-Canada laisse même entendre qu'en menant de telles actions, le syndicat "disperse ses énergies", ce qui a pour effet de "retarder toute entente pendant que la population est privée d'une programmation régulière complète".
L'argument a fait bondir des représentants syndicaux, qui expliquaient hier au Devoir que la manifestation des femmes était prévue depuis près de trois semaines et qu'elle n'empêche aucunement les porte-parole syndicaux de se présenter aux tables de négociation.
Les deux parties continuent d'ailleurs de s'accuser mutuellement de retarder la conclusion d'une entente. Mais selon nos informations, toute cette méfiance n'avait pas empêché les négociations de se poursuivre hier.
Dans une lettre envoyée hier aux médias (et publiée en page A 9 du Devoir), la grande patronne de la télévision française, Michèle Fortin, et le grand patron de la radio, Sylvain Lafrance, soutiennent qu'il était impossible d'envisager un retour au travail des employés après leur grève de 24 heures compte tenu des "positions très dures" du syndicat face aux offres patronales, compte tenu également des écarts importants entre les deux parties.
Cette déclaration vise à justifier la mise en lock-out des employés après la grève de 24 heures, il y a près d'un mois et demi, un geste pour lequel la direction de la SRC a été très critiquée.
Mme Fortin et M. Lafrance font également valoir que les budgets de Radio-Canada "ont fondu de 30%" depuis dix ans et que, dans ce contexte, il est impossible d'accorder des augmentations salariales de 25 %.
À propos de ce dernier chiffre, le syndicat ne fait pas du tout le même calcul que la direction.
Bref, la direction de Radio-Canada, visiblement excédée par le courant de sympathie auquel les employés en lock-out ont eu droit ces derniers temps, a décidé de passer à l'attaque. Ainsi, le directeur des communications de la SRC, Marc Sévigny, émettait hier au nom de la direction une autre déclaration dénonçant le fait que le syndicat "dépense plus d'énergie à manifester et à faire de la politique qu'à négocier".
Radio-Canada s'en prenait ainsi à l'action du syndicat, qui a dévoilé hier en conférence de presse les noms de 100 personnalités féminines qui appuient sa lutte contre la discrimination salariale à Radio-Canada. On trouve dans cette liste les noms d'écrivains et d'auteurs comme Margaret Atwood, Marie Laberge et Janette Bertrand, de comédiennes comme Sylvie Drapeau, Marina Orsini, Sophie Lorain et Dominique Michel, d'athlètes olympiques comme Sylvie Fréchette, Nathalie Lambert et Sylvie Bernier, de danseuses comme Marie Chouinard et Margie Gillies, ainsi que de diverses personnalités comme Phyllis Lambert et Lise Bissonnette, et ainsi de suite.
La direction de Radio-Canada laisse même entendre qu'en menant de telles actions, le syndicat "disperse ses énergies", ce qui a pour effet de "retarder toute entente pendant que la population est privée d'une programmation régulière complète".
L'argument a fait bondir des représentants syndicaux, qui expliquaient hier au Devoir que la manifestation des femmes était prévue depuis près de trois semaines et qu'elle n'empêche aucunement les porte-parole syndicaux de se présenter aux tables de négociation.
Les deux parties continuent d'ailleurs de s'accuser mutuellement de retarder la conclusion d'une entente. Mais selon nos informations, toute cette méfiance n'avait pas empêché les négociations de se poursuivre hier.
|
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
|
Envoyer Fermer
Haut de la page

