Lettres - Un débat plus complexe et plus intéressant que le présente M. Laberge
Le Devoir de philo de M. Jean Laberge (Le Devoir, samedi 17 et dimanche 18 mars 2012, page B 6) me semble trop simplifier le débat sur l'éducation postsecondaire.
Premièrement, contrairement à ce qu'il laisse entendre, certains libertariens défendent un accès égal à l'éducation postsecondaire. En effet, certains tenants de la primauté de la liberté individuelle croient que, dans une société idéale, l'égalité des chances doit être le plus possible favorisée et l'éducation est une façon efficace de le faire.
Certes, les libertariens trouvent qu'ils paient trop d'impôts au Québec, mais il n'est donc pas certain que tous voudraient couper en éducation. D'autant qu'il s'agit d'un bon investissement pour la société; les diplômés universitaires ayant un salaire moyen plus élevé et un taux de chômage plus bas, tout en étant des citoyens plus avisés.
Deuxièmement, la redistribution de la richesse au XXe siècle ne semble pas avoir produit un «nivellement par le bas». Les plus riches comme les plus pauvres ont vu leur niveau de vie augmenter.
Enfin les personnes qui ont de gros salaires n'ont pas ces salaires nécessairement en vertu de leur nature ou de leur effort, mais sûrement en vertu des règles de la société. Or les règles de la société devraient être à l'avantage de toutes et tous. Si des personnes croient qu'ils paient trop d'impôt, elles doivent prouver que c'est à l'avantage de toutes et tous qu'elles en paient moins. Les inégalités croissantes entre les revenus, notamment la stagnation des revenus de la majorité, semblent montrer au contraire que la baisse des impôts de la dernière décennie n'a pas profité à l'ensemble.
***
Michel Lalancette - Montréal, le 20 mars 2012
Premièrement, contrairement à ce qu'il laisse entendre, certains libertariens défendent un accès égal à l'éducation postsecondaire. En effet, certains tenants de la primauté de la liberté individuelle croient que, dans une société idéale, l'égalité des chances doit être le plus possible favorisée et l'éducation est une façon efficace de le faire.
Certes, les libertariens trouvent qu'ils paient trop d'impôts au Québec, mais il n'est donc pas certain que tous voudraient couper en éducation. D'autant qu'il s'agit d'un bon investissement pour la société; les diplômés universitaires ayant un salaire moyen plus élevé et un taux de chômage plus bas, tout en étant des citoyens plus avisés.
Deuxièmement, la redistribution de la richesse au XXe siècle ne semble pas avoir produit un «nivellement par le bas». Les plus riches comme les plus pauvres ont vu leur niveau de vie augmenter.
Enfin les personnes qui ont de gros salaires n'ont pas ces salaires nécessairement en vertu de leur nature ou de leur effort, mais sûrement en vertu des règles de la société. Or les règles de la société devraient être à l'avantage de toutes et tous. Si des personnes croient qu'ils paient trop d'impôt, elles doivent prouver que c'est à l'avantage de toutes et tous qu'elles en paient moins. Les inégalités croissantes entre les revenus, notamment la stagnation des revenus de la majorité, semblent montrer au contraire que la baisse des impôts de la dernière décennie n'a pas profité à l'ensemble.
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Michel Lalancette - Montréal, le 20 mars 2012








