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Frank Zappa et l'utopie Internet: «They're only in it for the money»

Le regard sarcastique de Frank Zappa sur la société américaine aurait sûrement provoqué des accrochages avec les zélés du tout-numérique qui sévissent dans la Silicon Valley.<br />
Photo : Agence France-Presse
Le regard sarcastique de Frank Zappa sur la société américaine aurait sûrement provoqué des accrochages avec les zélés du tout-numérique qui sévissent dans la Silicon Valley.

À retenir

Chaque mois, Le Devoir propose à des professeurs de philosophie et d'histoire, mais aussi à d'autres passionnés d'idées, d'histoire des idées, de relever le défi de décrypter une question d'actualité à partir des thèses d'un penseur marquant.

Sur la page d'accueil du réseau social Internet Facebook, au-dessus du formulaire d'inscription, on peut lire: «C'est gratuit, et demeurera ainsi.» Gratuit, vraiment? Mais à quel prix? Celui de nos renseignements personnels? Ou celui de l'insignifiance?

Quand j'utilise Facebook et d'autres plateformes Web 2.0, je me prends à rêver que le compositeur américain Frank Zappa (1940-1993) est encore des nôtres. Son regard sarcastique sur la société américaine aurait sûrement provoqué des accrochages avec les zélés du tout-numérique qui sévissent dans la Silicon Valley depuis le milieu des années 1990. Zappa aurait été très heureux d'exploiter la distribution de musique à la pièce et le commerce électronique (il en rêvait dès le début des années 1980), tout en se méfiant comme de la peste des «gourous» d'Internet. Il les aurait probablement parodiés, avec ce talent pour la satire qui le caractérise si bien.

Pour mieux apprécier la pensée de cet artiste hors normes (qui n'était pas un philosophe au sens strict, mais il lui arrivait de philosopher), une petite mise en contexte s'impose.

L'opinion publique et les médias entretiennent une image fragmentaire et superficielle de Frank Zappa: icône moustachue des années 1960-1970, guitariste rock bruyant, bouffon provocateur et vulgaire... Il fut pourtant le plus important compositeur américain de la seconde moitié du XXe siècle, tous genres confondus (rythm'n'blues, rock, chanson, jazz, électroacoustique, électronique, musique de chambre et symphonique, etc.), et l'un des plus prolifiques, avec une soixantaine d'albums. Il mourut prématurément en 1993 (emporté par un cancer), peu de temps après avoir complété l'un de ses chefs-d'oeuvre, l'opéra électro Civilization: Phaze III.

Ce génie polyvalent (ou polyvalent de génie) a été chanteur, guitariste, percussionniste, claviériste, chef d'orchestre, ingénieur du son, producteur, scénariste et réalisateur de films, acteur, compositeur de bandes sonores pour le cinéma, journaliste, écrivain, conférencier, conseiller du premier gouvernement tchécoslovaque postcommuniste, et j'en passe. Un artiste «total», ou presque.

Toujours soucieux d'innover, Zappa conçut l'un des premiers albums-concepts de l'histoire de la musique pop (Freak Out!, 1966), le premier 33 tours réunissant formation pop, dialogues, collages, musique concrète et interprétation orchestrale (Lumpy Gravy, 1968) ainsi que les primes alliages du jazz et du rock (Uncle Meat et Hot Rats, 1969). Sa plus grande réussite: l'intégration du langage orchestral du XXe siècle dans la musique pop.

Zappa était aussi très technophile. Il a notamment réalisé en 1983 le premier enregistrement numérique multipiste d'un orchestre symphonique, le London Symphony Orchestra interprétant ses oeuvres sous la direction d'un jeune chef nommé Kent Nagano. La même année, il s'est offert un Synclavier, appareil numérique qui échantillonne, séquence et synthétise les sons. Quelques années de labeur sur le Synclavier lui suffirent pour signer un incontournable de la musique électronique, Jazz from Hell (1986).

Au début des années 1980, il a même conceptualisé en détail un système informatique-analogique de téléchargement de pièces musicales, par câble ou par téléphone équipé d'un modem. Il misait sur la disparition de l'industrie du disque vinyle au profit de l'enregistrement distribué à la pièce: «Les consommateurs de musique consomment de la musique [...] et pas spécialement des articles de vinyle dans des pochettes en carton», écrit-il dans son autobiographie, The Real Frank Zappa Book (1989). Un projet resté sans suite, malheureusement.

Zappa, quasi libertarien


Sur le plan politique, la pensée de Zappa est peu sophistiquée, mais assez originale pour échapper à toute classification. Sa personnalité artistique revendiquait une liberté de création et d'entreprise sans limite, quasi libertarienne, mais sa conscience citoyenne plaidait pour la justice sociale. «Une nation n'est réellement puissante que lorsque tout le monde récolte une part du gâteau. Je dis bien: tout le monde», écrit-il à propos des États-Unis dans son autobiographie. Il prônait un État au régime minceur et une cure fiscale, mais sans s'appuyer sur une idéologie de droite, son souci étant plutôt d'éliminer les passe-droits des plus riches et les injustices fiscales. «C'est notre propre code des impôts qui nous pousse au crime — 97 % de la population doit resquiller et arnaquer le fisc pour survivre.»

Son système politico-économique de prédilection, dit «conservatisme pragmatique», repose sur deux piliers, la cellule familiale et de petites entreprises indépendantes, et sur la liberté d'évoluer dans un contexte politique discret, aussi rationnel que possible, sans une once d'idéologie. Zappa vomissait les républicains, la droite catho et les yuppies, et aussi les idéologues de gauche. L'État, dans son esprit, n'est qu'un dispensateur de services, et ce sont les individus qui font la société. Ce Californien d'adoption croyait sincèrement à l'American dream: un travail passionné, intègre et soutenu finira par porter ses fruits, surtout s'il n'est pas entravé par les gouvernements ou par de grandes organisations privées qui contrôlent le marché — ayant subi à maintes reprises la censure des majors du disque, Zappa préférait se produire lui-même et contrôler presque toutes les dimensions de son art.

Dans cet état d'esprit, il n'accordait aucune crédibilité aux utopies révolutionnaires. Au milieu des années 1960, il fréquentait la mouvance freak de Los Angeles, frange de la jeunesse californienne plus individualiste et excentrique que les romantiques de San Francisco sur le point de donner naissance au mouvement hippie. Son disque Absolutely Free (1967), loin de célébrer l'insouciance béate des années 1960, cherchait une voie originale en rejetant tout conformisme social, politique et culturel. Au Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band des Beatles, il opposa We're Only in It for the Money (1968), qui dépeint le mouvement hippie en rêverie naïve récupérée par le commerce. Devant les promesses de liberté et d'amour universels, Zappa brandissait l'exigence de l'autonomie intellectuelle et le droit à la dissidence («flower power sucks»).

À la fin des années 1970, les anciens hippies ont entamé leur métamorphose en yuppies. Ces arrivistes sont rapidement devenus la nouvelle tête de Turc de Zappa, qui y reconnaissait l'ineptie politique de la génération lyrique du Flower Power — ces boomers ont contribué à élire à la présidence des États-Unis le gouverneur de la Californie qui les persécutait dans les années 1960, Ronald Reagan!

Dès 1979, avec son album Sheik Yerbouti, Zappa s'est moqué de ces ex-révolutionnaires devenus banlieusards avachis. L'anti-hymne américain Bobby Brown Goes Down, par exemple, décrit l'ambivalence sexuelle d'un carriériste prêt à n'importe quoi pour briller en société. Dix ans après le Flower Power, la Californie est une société de surconsommateurs et de travailleurs paresseux; la chanson Flakes se paie la tête de Bob Dylan en client floué, réduit à fredonner une protest song pour se plaindre d'un mauvais service à la clientèle.

Toujours en 1979, l'opéra-rock Joe's Garage de Zappa évoque censure, État policier, prison et lavage de cerveau. La narration de Joe's Garage est assurée par Zappa dans le rôle du «central scrutinizer», caricature de Big Brother, qui persécute un adolescent musicien amateur. Joe's Garage préfigure le conservatisme des années 1980 ainsi que l'État irrationnel et paranoïaque instauré par George W. Bush dans les années 2000.

Pour Zappa, toute utopie révolutionnaire est un mirage. «Après la révolution, qui dirigera le service des égouts?», aurait-il demandé à des militants d'extrême gauche des années 1960 (une déclaration peut-être amplifiée par la légende, mais tout de même caractéristique de sa pensée). L'histoire lui a donné raison: les hippies sont devenus des cravatés, la jeunesse socialiste des sixties a élu les gouvernements de droite des années 1980, le communisme s'est effondré, le libéralisme ne tient jamais ses promesses de prospérité pour tous. Tandis que les gouvernements peinent à réaliser leurs tâches fondamentales (alphabétiser toute la population, assurer l'accès aux soins de santé de base), les révolutionnaires pètent de la broue.

Emballement pour les possibilités d'Internet...

Toute sa vie, Zappa a posé un regard critique sur son foyer, la Californie. Il appréciait le dynamisme de cet État à nul autre pareil tout en se gardant de succomber à ses supposées révolutions. S'il pouvait revenir d'entre les morts, les possibilités créatrices d'Internet l'emballeraient immédiatement, mais le discours exalté des personnalités «.com» de la Silicon Valley l'irriterait au plus haut point.

De dispositif technique, Internet est devenu une idéologie. Dès le milieu des années 1990, on nous a promis un monde meilleur, «société de l'information» égalitaire, transparente et autorégulée, qui nous libérerait des anciens carcans. Les nouveaux modes de communication sur Internet, qui ont marqué un indiscutable progrès, ont malheureusement été éclipsés par une récupération commerciale tous azimuts et une bulle spéculative (qui a éclaté au printemps 2000). L'utopie Internet connaît une deuxième vie depuis 2007 grâce au Web 2.0, ces plateformes Web dynamiques où les utilisateurs publient du contenu (sur les blogues, notamment) et tissent des réseaux sociaux grâce à Facebook, MySpace, Twitter, etc.

Ces dernières années, plusieurs observateurs ont souligné les parallèles entre le Web 2.0, le mouvement hippie et l'idéal communiste: mêmes communautés pétries d'amour pour leur prochain, même mépris des élites, même refus de la hiérarchie et des classes sociales. Le Web 2.0 est étroitement associé à un fantasme égalitaire qui postule que le citoyen, bon de nature, saura oeuvrer à l'avènement d'un monde meilleur.

De la même manière, appliquer le regard satirique de Zappa au triomphalisme Internet est un exercice révélateur. Les geeks de la Silicon Valley qui prédisent une démocratisation radicale de la culture et de la société par la grâce d'Internet ne sont que la banale réincarnation des hippies qui croyaient révolutionner le monde avec une fleur dans les cheveux. De nos jours, un Bobby Brown serait toujours aussi carriériste et la porno en ligne transformerait son ambiguïté sexuelle en pur délire. Joe's Garage, pour sa part, évoque avec une acuité saisissante plusieurs phénomènes contemporains: surveillance assistée par ordinateur, dissolution de la pudeur et de la vie privée, cybersexe (avec un robot gay).

Le Web 2.0 démocratise l'information, le savoir et la culture, dit-on. Sans doute, mais il démocratise aussi l'insignifiance: ces millions de blogues illisibles, de vidéos ineptes sur YouTube, d'articles superficiels signés par des amateurs dans Wikipédia... À l'instar du communisme, Internet dilue l'excellence dans un égalitarisme qui nivelle tout par le bas.

... mais la nausée devant la e-médiocrité

Le Web 2.0 nous rend libres, croit-on. Cet univers valorise l'individu et accroît effectivement notre espace de liberté, mais il encourage aussi le repli sur soi et de nouveaux esclavages: ces millions de gens qui se regardent vivre sur Facebook, qui draguent exclusivement sur Internet par peur d'une rencontre sentimentale tangible, qui s'expriment sur tout et sur rien, qui documentent leur vacuité en temps réel ou presque... Zappa, ce compositeur si avant-gardiste et très perfectionniste, aurait aujourd'hui la nausée devant la e-médiocrité.

Internet est une révolution, clame-t-on. Une révolution des communications, oui, mais pour le reste... L'utopie Internet a surtout donné naissance à des empires commerciaux d'envergure planétaire (au premier chef Google) qui n'ont rien à f... de l'amour universel: «They're only in it for the money», et ils profitent d'ailleurs de l'absence de régulation politique du cyberespace pour déborder largement de leur secteur d'activité (Google entreprenant de numériser le patrimoine littéraire, par exemple). Lorsque les corporations Facebook et Twitter seront cotées en Bourse (ça arrivera tôt ou tard), une nouvelle bulle technologique prendra de l'ampleur et la supposée «révolution» du Web 2.0 se transformera en tyrannie des actionnaires.

Bien que les citoyens se mobilisent très aisément sur le Web social et que l'information y circule de plus en plus rapidement, la société n'a pas évolué depuis 15 ou 20 ans, nos problèmes demeurent les mêmes: précarité et pauvreté, exploitation des faibles et arrogance des puissants, déstructuration de cultures et de peuples entiers, crises économiques et politiques, destruction irréversible des écosystèmes. Nous communiquons de plus en plus par bidules interposés, mais la société ne gagne pas en intelligence; Internet fragmente tout et nous laisse en déficit de sens. «Information is not knowledge / Knowledge is not wisdom / Wisdom is not truth», souligne un personnage de Joe's Garage...

***

Jean-Sébastien Marsan
Journaliste indépendant, auteur de l'ouvrage Le Petit Wazoo: initiation rapide, efficace et sans douleur à l'oeuvre de Frank Zappa, éditions Triptyque, septembre 2010.
Le regard sarcastique de Frank Zappa sur la société américaine aurait sûrement provoqué des accrochages avec les zélés du tout-numérique qui sévissent dans la Silicon Valley.<br />
L’auteur de l’ouvrage Le Petit Wazoo: initiation rapide, efficace et sans douleur à l’œuvre de Frank Zappa, Jean-Sébastien Marsan.<br />
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  • Denis Lamontagne - Inscrit
    16 octobre 2010 10 h 20
    Des possibilités...
    «Internet dilue l'excellence dans un égalitarisme qui nivelle tout par le bas.»

    Affirmation élitiste. Si les gens moins éduqués, moins habiles, moins cultivés ne peuvent pas atteindre les standards de qualité les plus élevés, devrait-on les empêcher de s'exprimer en prétendant qu'ils nivellent vers le bas ?

    Comme un professeur qui empêche ses élèves les plus faibles de s'inscrire aux examens pour ne pas faire baisser la moyenne de sa classe !

    Ça prend beaucoup d'essais, d'erreurs, de pratiques ratées, en fait beaucoup de médiocre avant d'obtenir de la qualité. Internet permet à plus de gens de participer, à plus de culture de s'exprimer, même si elle n'est pas au goût de tout le monde...

    Ce que Zappa aurait apprécié.
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  • Mario Plourde - Inscrit
    16 octobre 2010 12 h 11
    l'éthique pragmatique
    Il est facile de critiquer le manque d'effort intellectuel de l'humain et la spoliation du savoir par le grand capital, mais concrètement l'alternative semble loin d'être définie. La pensée politique de Zappa (entreprise libre, redistribution de la richesse, mais sans fiscalité) n'est sans doute pas cohérente avec l'égalité d'expression démocratique (le beau, le bon et le vrai devant s'affirmer pour l'auteur aux dépens de la multitude), mais les contradictions sont surtout présentes au niveau de la liberté artistique. L'auteur du texte nous présente un Zappa pour les droits d'auteurs, mais à l'air des remix (des mashup) et des restrictions criminelles sur la diffusion d'information (l'ACTA), on peut se demander où résidera demain la liberté.
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  • Anonyme - Inscrit
    16 octobre 2010 13 h 05
    zappa
    Wikipedia comme le capitalisme et internet, est la pour rester encore pour un boutte, alors pourquoi pas s'en servir pour faire le bien (en "bon citoyen")? J'entend uniquement des plaintes à l'université mais je sais que tout le monde s'en sert. Dans mon domaine, les articles sont souvent plus complets que les encyclopédie payantes et tout aussi "vrais". Faites-le vôtre, écrivez à propos de Zappa, des droits d'auteurs, etc.
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  • Michel Chayer - Inscrit
    16 octobre 2010 13 h 34
    Cruising for burgers
    Le regretté Zappa… Sans compter la richesse de la sonorité de sa musique, il est le porte-parole le plus intéressant et le plus critique de la (contre-) culture américaine.

    I must be free
    My fake I.D.
    Freeeeeees me
    Gotta do a few things
    To make my life complete
    I gotta live my life
    Out on the street
    The difference between us
    Is not very far
    Cruising for burgers
    In daddy's new car
    My phony freedom card
    Brings to me
    Instantly
    ECSTASY
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  • Erick Gagnon - Inscrit
    16 octobre 2010 22 h 02
    ...vraiment?
    Zappa, un penseur marquant de notre époque. Hum. Surtout pour un québécois comme moi, des chansons comme "Don't Eat The Yellow Snow" furent des révélations aussi transcendantes qu'utiles.

    La semaine prochaine: "Dieu existe-t-il" selon l'oeuvre de la Poune.
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  • Les DIPLOMATES - Inscrit
    17 octobre 2010 08 h 43
    EN AVANT LA ZIZIQUE !
    "Politics is the showbiz of industry." - Frank Zappa

    L'espoir d'être grassement payé pour être idolâtrer ratisse large. Les braillards de balades et disco queen de chambre de bain se pompent au Star Système plutôt qu’aux statistiques de l’Union des Artistes qui démontrent que, vivre de son art au Québec, relève de l'exception.


    De plus, leur salaire réel (qui tient compte de la hausse du coût de la vie) a même diminué de 20 % depuis 2000.
    http://www.alunisson.ca/2009/03/06/mfgaron/

    Le rabat-joie extrême pousse l’hérésie jusqu’à douter du sacro-saint universel… ‘Si tu y crois assez, ça va arriver!’ S'ensuit une parade de personnalités vite fanées, issues de sondages en temps réel sacrifiées à l'autel de la variété. Les vedettes rivalisent pour notre attention comme les dieux et déesses de l'antiquité mais YouTube en plus. On fabrique, utilise et jette nos vedettes comme des kleenex.

    Zeus rigole dans sa barbe et Athéna baille aux corneilles ;)

    Les DIPLOMATES considèrent que le statut d’artiste est en train de régresser à son ancien état d’esclave de la royauté qui dans ce siècle est issue des empires médiatiques et non plus du sang bleu.

    «Les artistes sont là pour consoler et venger le public qui n’a pas la parole. Du coup, nous avons le devoir de résister.» - Guy Bedos

    http://www.lesdiplomates1984.com/news/en-avant-la-

    Les DIPLOMATES considèrent que l'opus incontournable au sujet de la musique et sa place dans la société est JOE'S GARAGE de Frank Zappa. L'iconoclaste du rock y brosse un tableau dystopique de l'industrie qui se concrétise de jour en jour... http://fr.wikipedia.org/wiki/Joe's_Garage

    RÉSUMÉ EXÉCUTIF
    Information is not knowledge,
    Knowledge is not wisdom,
    Wisdom is not truth,
    Truth is not beauty,
    Beauty is not love,
    Love is not music
    Music is THE BEST
    - The girl from the buss
    Zappa’s Joe’s Garage

    Respectueusement vôtre,

    Les DIPLOMATES

    À votre sévice depuis
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  •  
  • Jean-Serge Baribeau - Abonné
    17 octobre 2010 10 h 32
    Un texte passablement simpliste et benêt
    Ce texte est truffé de généralisations débiloïdes. Un exemple: «À la fin des années 1970, les anciens hippies ont entamé leur métamorphose en yuppies». Autre exemple: «... ces boomers ont contribué à élire à la présidence des États-Unis le gouverneur de la Californie qui les persécutait dans les années 1960, Ronald Reagan!».

    Je voudrais dire à Monsieur Marsan que la généralisation est le chemin le plus court vers l'imbécillité et la désinformation.

    JSB, sociologue des médias
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  • André Michaud - Inscrit
    21 octobre 2010 12 h 14
    Zappa réaliste et non utopiste
    Je connais l'oeuvre de Zappa depuis les années 60, et depuis 7 ans mon groupe VIVA ZAPPA interprête du ZAppa.

    La prémice de sa philosophie c'est que les humains sont tout d'abord crétins( dumb all over that's what we are) même si ils se prétendent rationels (sic) et si brillants... Selon lui l'élément le plus présent sur terre ce n'est pas l'hydrogène , c'est la stupidité humaine. Donc pas de déception sur la race humaine...et par d'utopies..seulement le réalisme.

    Les hommes sont menés plus par leurs pulsions sexuelles que par leur rationalité. En ce sens ils peuvent facilement être manipulés par des femmes qui jouent avec leurs hormones..l'histoire est pleine d'exemples en ce sens.

    Pour Zappa le travail bien fait est une valeur essentielle. En ce sens les hippies assis sur leur cul à fumer de la dope sont des parasites ultra prétentieux. Ils connaissent deux accords de guitare qu'ils radotent quand ils sont gelés et se croient supérieur aux musiciens. Ravi Shankar avait la même opinion du mouvement hippie..désolant et triste!

    Zappa était fier de ne pas vivre de subventions qu'ils considérait comme une forme de parasitisme.


    Ce n'était pas un artiste ayant la prétention d'avoir une mission sociale . Il écrivait des textes sur sa musique surtout parce que la musique instrumentale intéresse moins de gens.

    Il se faisait un devoir d'inciter les jeunes à aller voter durant ses concerts. Comme il le disait si bien "pour que la démocratie fonctionne il faut que les citoyens participent".

    Zappa a souvent dit que si il n'avait pas fait de musique il serait devenu scientifique....encore une fois cette attirance pour le réalisme.

    Evidemment ceux qui croient en une religion ou idéologie qui sauverait le monde ne partageront pas son réalisme.
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