Le Devoir de philo - Descartes et la «shoah» des animaux
Serions-nous, plus que nous ne voudrions le reconnaître, profondément cartésiens dans nos rapports aux animaux?
Chaque jour, les chiffres défilent sur les fils de presse: 1300 moutons abattus dans la région de Rimouski, 200 000 bovins en Grande-Bretagne, 27 millions d'oiseaux en Thaïlande, 150 millions de volailles au Vietnam. Des millions de bêtes massacrées et incinérées par mesure de précaution, pour freiner la progression de la tremblante du mouton, de la vache folle ou de la grippe aviaire. Sans parler de ces milliards de bêtes d'élevage et de laboratoire torturées ou sacrifiées pour la recherche ou notre insatiable appétit de carnivores. Certains observateurs ont même osé parler de «camps d'extermination» et même de «shoah» (anéantissement) animale, devant lesquels, disent-ils, on fronce à peine un sourcil. Pourquoi tant d'indifférence? Pourquoi massacrons-nous ces animaux sans arrière-pensée, ou presque? Pourquoi les traitons-nous, en somme, comme des «choses»? Descartes, lui, parlait de «machines». D'où notre question: serions-nous, plus que nous ne voudrions le reconnaître, profondément cartésiens dans nos rapports aux animaux?
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