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Homolka veut être tout à fait libre

Brian Myles   25 octobre 2005  Justice
Karla Homolka a déjà été punie pour l'homicide involontaire de deux adolescentes par une peine de 12 ans de pénitencier purgée en entier, et il n'y a aucune raison de la sanctionner une deuxième fois en multipliant les entraves à sa liberté.

C'est du moins l'opinion de l'avocat de Mme Homolka, Christian Desrosiers, qui a contesté hier devant le juge James Brunton les conditions de remise en liberté imposées à sa cliente en vertu de l'article 810.2 du Code criminel. Les dispositions sont à ce point floues qu'elles ne sont limitées «que par l'imagination du juge» a déploré Me Desrosiers. Il demande que cet article soit déclaré inopérant et que sa cliente soit libérée de toute contrainte.

La Cour du Québec a mis des entraves à la liberté de Karla Homolka, en juin dernier, en se fiant exclusivement à son comportement antérieur, alors qu'elle vivait sous l'emprise de Paul Bernardo. Le tribunal n'a pas tenu compte de son attitude exemplaire en prison et des nombreuses évaluations attestant du faible risque de récidive qu'elle représente, a souligné Me Desrosiers.

Selon lui, la preuve ne permet pas de conclure que Mme Homolka (qui porte le nom de Teale) infligera des sévices graves à quiconque dans les 12 prochains mois. C'est seulement parce que ses crimes ont choqué terriblement l'opinion publique que le tribunal a accepté de restreindre sa liberté. «La totalité de la preuve en première instance se fonde sur le comportement passé de Mme Teale pour lequel elle a été punie. a fait valoir Me Desrosiers.

Depuis sa libération, le 5 juillet dernier, Karla Homolka doit se présenter au poste de police une fois par mois. Elle doit prévenir les policiers de tout déplacement de plus de deux jours ou de tout changement d'apparence. Elle ne peut entrer en contact avec les familles des victimes, ni fréquenter des personnes détenant un casier judiciaire pour crimes violents. Elle ne peut se trouver seule en présence de mineurs.

Les procureurs du Québec et du Canada ont défendu avec peu de fermeté les conditions de remise en liberté qui lui ont été imposées. Le procureur fédéral a assimilé l'article 810.2 à une simple mesure préventive quioblige le tribunal à prendre connaissance de faits antérieurs et de la personnalité de l'accusé.

Tim Danson, l'avocat représentant les familles des victimes, juge qu'il est nécessaire de suivre Karla Homolka à la trace, compte tenu qu'elle représente «un risque pour la sécurité du public». Il en veut pour preuve qu'elle n'a jamais exprimé de remords sincères pour ses crimes. Lors de son séjour au pénitencier, elle s'est aussi prise d'affection pour un individu qui a assassiné sa conjointe. C'est le genre d'association qui pourrait la mener à une récidive, croit-il.

Le juge Brunton fera connaître sa décision d'ici au 30 novembre.
 
 
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