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Reconnu coupable d'avoir projeté un attentat aux États-Unis - L'Algérien Ahmed Ressam est condamné à 22 ans de prison

28 juillet 2005  Justice
Portrait d’Ahmed Ressam dessiné par une illustratrice de cour.
Illustration: teresa malinowski
Portrait d’Ahmed Ressam dessiné par une illustratrice de cour. Illustration: teresa malinowski
Seattle — L'Algérien Ahmed Ressam, reconnu coupable d'un projet d'attentat contre l'aéroport international de Los Angeles à l'occasion du passage à l'an 2000, a été condamné hier à 22 ans de prison par un tribunal de Seattle, dans l'État de Washington.

L'homme, âgé de 38 ans, avait été arrêté à Port Angeles en décembre 1999 alors qu'il débarquait d'un traversier en provenance du Canada, à bord d'un véhicule dont le coffre était rempli de matériel destiné à la fabrication d'une bombe. Le procureur avait requis 35 ans de prison, la défense demandait 12 ans et demi.

Le glaive de la justice a été moins lourd qu'il aurait pu l'être si Ahmed Ressam, qui a déjà habité à Montréal, n'avait pas coopéré avec les enquêteurs internationaux en leur fournissant des renseignements sur les camps d'entraînement terroristes en Afghanistan, mais la peine aurait pu être encore moins importante s'il n'avait cessé de collaborer début 2003.

Message aux autorités

Son attitude a fragilisé les accusations visant deux de ses complices présumés, selon le parquet. Celui-ci souhaite que l'Algérien témoigne contre Samir Ait Mohamed et Abou Doha, qui attendent leur extradition, respectivement au Canada et en Grande-Bretagne.

Le juge John Coughenour a saisi l'occasion du procès Ressam pour lancer un message sévère aux autorités américaines sur la façon de traiter les affaires de terrorisme.

«Nous n'avons pas eu besoin de recourir à un tribunal militaire secret, de détenir l'accusé pour une durée illimitée ou de le priver de son droit à un avocat», a-t-il souligné, faisant allusion aux méthodes employées à l'encontre des terroristes présumés emprisonnés au camp américain de Guantánamo, à Cuba. «Nos tribunaux ont abandonné leur engagement envers des idéaux qui ont fait de cette nation un pays à part.»

Tout juste avant de connaître sa peine, Ressam a envoyé une note au juge. Celle-ci n'a pas été lue devant le tribunal mais, à la sortie, son avocat, Thomas Hillier, a dit aux journalistes que Ressam affirmait dans sa note qu'il était désolé de ce qu'il avait fait et qu'il renonçait au terrorisme.

Sans émotion

Vêtu d'une chemise bleue dont les pans étaient à l'extérieur de son pantalon, Ressam était assis à un bureau, entre ses avocats et un interprète. Il n'a pas exprimé d'émotion au moment où la sentence a été prononcée.

Selon ce qu'a dit plus tard Me Hillier, Ressam est un homme «stoïque» et il n'aurait probablement pas réagi davantage si la sentence avait été différente.

Dans sa représentation pré-sentencielle, Me Hillier a décrit Ressam comme «un homme remarquable et courageux» qui s'est rendu aux États-Unis pour commettre «un acte très grave mais qui a par la suite changé».

Me Hillier et le procureur américain John McKay ne se sont toutefois pas entendus sur le niveau de coopération accordé par Ressam aux autorités.

En 2001, Ressam a été reconnu coupable de neuf chefs d'accusation, dont complot terroriste dans le but de commettre un attentat à l'explosif. Il était passible de 130 ans de prison. Sa sentence a été reportée plusieurs fois parce qu'il avait accepté de coopérer avec les autorités en échange d'une peine plus clémente.






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