Suicides dans les rangs de la police - La Fraternité veut éviter un effet boule de neige
La Fraternité des policiers de Montréal a exigé hier une rencontre d'urgence avec la direction du service sur la question du suicide tandis que deux psychologues ont procédé à une intervention de groupe auprès des collègues d'un enquêteur qui s'est enlevé la vie dimanche. Tout pour éviter un effet boule de neige.
Pour la deuxième fois en six semaines, un agent du Service de police de Montréal (SPVM) s'est suicidé, et pour la deuxième fois, c'est au centre d'enquête de la Place Versailles que s'est déroulé le drame. Le 12 décembre dernier, un officier de direction de l'escouade des crimes majeurs, Pierre Paré, se tuait avec son arme de service. Problèmes matrimoniaux, a évoqué la presse sans plus de détails. Dimanche, c'est un enquêteur de la même escouade, dont le nom ne peut être révélé en raison d'une ordonnance de non-publication, qui a retourné son arme contre lui. Âgé de 44 ans, il comptait 24 ans et demi d'expérience au sein du SPVM. Selon les maigres informations divulguées hier, M. Paré et l'autre policiers ne travaillaient pas au même étage du centre d'enquête de la Place Versailles, qui héberge environ 600 policiers.
La Fraternité des policiers est d'autant plus secouée par cet incident qu'elle n'avait enregistré qu'un seul suicide au cours des sept dernières années, notamment en raison de l'efficacité de son programme de prévention, «Ensemble pour la vie», mis en place en 1997. Confrontée à deux décès en si peu de temps, le syndicat des policiers veut s'assurer que ses membres les plus vulnérables seront protégés. «On demande une rencontre d'urgence dès cette semaine. On veut savoir si le fait qu'il y ait eu un suicide en décembre, et un autre dimanche, puisse pousser des gens en dépression à faire la même chose», a expliqué Yves Francoeur, vice-président à la recherche et aux communications à la Fraternité, et responsable du programme d'aide aux policiers.
Cet effet boule de neige est bien réel en matière de suicide, et la Fraternité a toutes les raisons du monde d'être préoccupée. «Il peut y avoir des phénomènes de contagion indirecte. C'est certain que s'il y a un suicide dans un espace géographique restreint, ça peut donner un effet d'entraînement», explique Michel Tousignant, professeur au département de psychologie de l'UQAM et membre du Centre de recherche et d'intervention sur le suicide et l'euthanasie (CRISE).
Policiers moins exposés
Cela étant dit, les policiers sont moins exposés au suicide que le reste de la population. L'une des rares études sur le sujet a été menée par Lucie Charbonneau qui, pour la période 1986-1992, a chiffré le taux de suicide des policiers provinciaux à 19,8 par 100 000 habitants, comparativement à 35,1 par 100 000 habitants pour tout le Québec. Le suicide frappe en particulier les personnes aux prises avec des problèmes de santé mentale d'alcoolisme ou de toxicomanie qui sont incapables d'obtenir de l'aide, explique Brian L. Mishara, directeur du CRISE. Les critères de sélection des futurs policiers contribuent à exclure une bonne partie des individus vulnérables, ce qui se traduit par une diminution de la prévalence du suicide parmi les effectifs.
Le SPVM s'est par ailleurs doté d'un excellent programme de prévention, selon une évaluation en voie d'être terminée par M. Mishara. Au début des années 90, la police de Montréal enregistrait en moyenne 2,5 suicides par année. Le programme d'aide aux employés a permis de ramener le ratio à 1,5 suicide par an. L'initiative «Ensemble pour la vie», dès 1997, a pratiquement fait disparaître le suicide, avec trois cas en huit ans, y compris les deux plus récents.
Pour la deuxième fois en six semaines, un agent du Service de police de Montréal (SPVM) s'est suicidé, et pour la deuxième fois, c'est au centre d'enquête de la Place Versailles que s'est déroulé le drame. Le 12 décembre dernier, un officier de direction de l'escouade des crimes majeurs, Pierre Paré, se tuait avec son arme de service. Problèmes matrimoniaux, a évoqué la presse sans plus de détails. Dimanche, c'est un enquêteur de la même escouade, dont le nom ne peut être révélé en raison d'une ordonnance de non-publication, qui a retourné son arme contre lui. Âgé de 44 ans, il comptait 24 ans et demi d'expérience au sein du SPVM. Selon les maigres informations divulguées hier, M. Paré et l'autre policiers ne travaillaient pas au même étage du centre d'enquête de la Place Versailles, qui héberge environ 600 policiers.
La Fraternité des policiers est d'autant plus secouée par cet incident qu'elle n'avait enregistré qu'un seul suicide au cours des sept dernières années, notamment en raison de l'efficacité de son programme de prévention, «Ensemble pour la vie», mis en place en 1997. Confrontée à deux décès en si peu de temps, le syndicat des policiers veut s'assurer que ses membres les plus vulnérables seront protégés. «On demande une rencontre d'urgence dès cette semaine. On veut savoir si le fait qu'il y ait eu un suicide en décembre, et un autre dimanche, puisse pousser des gens en dépression à faire la même chose», a expliqué Yves Francoeur, vice-président à la recherche et aux communications à la Fraternité, et responsable du programme d'aide aux policiers.
Cet effet boule de neige est bien réel en matière de suicide, et la Fraternité a toutes les raisons du monde d'être préoccupée. «Il peut y avoir des phénomènes de contagion indirecte. C'est certain que s'il y a un suicide dans un espace géographique restreint, ça peut donner un effet d'entraînement», explique Michel Tousignant, professeur au département de psychologie de l'UQAM et membre du Centre de recherche et d'intervention sur le suicide et l'euthanasie (CRISE).
Policiers moins exposés
Cela étant dit, les policiers sont moins exposés au suicide que le reste de la population. L'une des rares études sur le sujet a été menée par Lucie Charbonneau qui, pour la période 1986-1992, a chiffré le taux de suicide des policiers provinciaux à 19,8 par 100 000 habitants, comparativement à 35,1 par 100 000 habitants pour tout le Québec. Le suicide frappe en particulier les personnes aux prises avec des problèmes de santé mentale d'alcoolisme ou de toxicomanie qui sont incapables d'obtenir de l'aide, explique Brian L. Mishara, directeur du CRISE. Les critères de sélection des futurs policiers contribuent à exclure une bonne partie des individus vulnérables, ce qui se traduit par une diminution de la prévalence du suicide parmi les effectifs.
Le SPVM s'est par ailleurs doté d'un excellent programme de prévention, selon une évaluation en voie d'être terminée par M. Mishara. Au début des années 90, la police de Montréal enregistrait en moyenne 2,5 suicides par année. Le programme d'aide aux employés a permis de ramener le ratio à 1,5 suicide par an. L'initiative «Ensemble pour la vie», dès 1997, a pratiquement fait disparaître le suicide, avec trois cas en huit ans, y compris les deux plus récents.
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