Terrorisme - Charkaoui passe avec succès le test du polygraphe
11 janvier 2005
Justice
Un expert en polygraphe, qui a témoigné devant la Cour fédérale hier à Montréal, estime qu'Adil Charkaoui semble dire la vérité lorsqu'il nie toute participation au réseau al-Qaïda.
M. Charkaoui, qui est visé par un certificat de sécurité, en était à sa quatrième demande de libération conditionnelle depuis le début de sa détention, en mai 2003. Le Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS) le soupçonne d'être un agent dormant du réseau Al-Qaïda.
Depuis le début de sa cause, M. Charkaoui se bat pour connaître toute la teneur de la preuve détenue contre lui. Or, une partie seulement a été divulguée, pour des raisons de sécurité nationale.
Ces derniers jours, une partie de la preuve contre lui a été divulguée, mais citant surtout comme sources des «autorités marocaines» non identifiées citées dans des journaux marocains ou des journaux français.
Ce document «reflète environ 95 % des allégations contenues dans le rapport de renseignement secret divulgué au tribunal», y est-il écrit. Le SCRS y affirme que l'information «est corroborée par d'autres moyens ou sources».
Dans ce document, Charkaoui est décrit par «les autorités marocaines» comme «étant membre du Groupe islamique combattant marocain». Ces autorités marocaines décrivent le groupe comme «une organisation clandestine liée à Al-Qaïda qui a été fondée en 1998 en Afghanistan». On y mentionne aussi que M. Charkaoui aurait transmis une somme de 2000 $ CAN au groupe en question, de même qu'un ordinateur portatif à un membre de ce groupe.
De plus, on a appris hier que des notes d'entrevues de M. Charkaoui avec le service de renseignement ont été détruites, après avoir été consignées dans un dossier, ce qui a indisposé son avocate, Me Dominique Larochelle.
Celle-ci souhaitait faire témoigner M. Charkaoui dès hier, mais était moins tentée, après avoir appris que ces notes avaient été détruites. Une partie de la preuve, proteste-t-elle, reste inaccessible et elle continue de vouloir y avoir accès pour la défense de son client.
Entre-temps hier, M. John Galianos, un policier retraité de la Sûreté du Québec qui effectue des tests de polygraphe — communément appelé détecteur de mensonges — a témoigné à l'appui de la cause de M. Charkaoui.
Il a soumis M. Charkaoui au test, en novembre dernier, lui posant cinq questions du genre: Avez-vous déjà été membre d'un réseau terroriste? Avez-vous déjà participé à un camp d'entraînement terroriste? Avez-vous déjà planifié de commettre un crime avec un ou des membres d'al-Qaïda?
Et, selon son témoignage, M. Charkaoui n'a pas eu les réactions psycho-physiologiques qui auraient permis de conclure qu'il mentait. À l'aide de censeurs en effet, l'appareil mesure la pression, la sudation et la respiration. Or, Charkaoui a passé le test de cinq questions avec succès, a témoigné M. Galianos.
Le juge Simon Noël a toutefois souligné d'autres questions qui auraient pu être pertinentes et qui n'ont pas été posées à M. Charkaoui, comme «Avez-vous voyagé en Afghanistan?».
M. Galianos a aussi dû admettre que le test du polygraphe n'est pas sûr à 100 % et que la formulation des questions compte pour beaucoup, selon l'interprétation que la personne interrogée fait de chaque mot.
La cause se poursuit aujourd'hui.
M. Charkaoui, qui est visé par un certificat de sécurité, en était à sa quatrième demande de libération conditionnelle depuis le début de sa détention, en mai 2003. Le Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS) le soupçonne d'être un agent dormant du réseau Al-Qaïda.
Depuis le début de sa cause, M. Charkaoui se bat pour connaître toute la teneur de la preuve détenue contre lui. Or, une partie seulement a été divulguée, pour des raisons de sécurité nationale.
Ces derniers jours, une partie de la preuve contre lui a été divulguée, mais citant surtout comme sources des «autorités marocaines» non identifiées citées dans des journaux marocains ou des journaux français.
Ce document «reflète environ 95 % des allégations contenues dans le rapport de renseignement secret divulgué au tribunal», y est-il écrit. Le SCRS y affirme que l'information «est corroborée par d'autres moyens ou sources».
Dans ce document, Charkaoui est décrit par «les autorités marocaines» comme «étant membre du Groupe islamique combattant marocain». Ces autorités marocaines décrivent le groupe comme «une organisation clandestine liée à Al-Qaïda qui a été fondée en 1998 en Afghanistan». On y mentionne aussi que M. Charkaoui aurait transmis une somme de 2000 $ CAN au groupe en question, de même qu'un ordinateur portatif à un membre de ce groupe.
De plus, on a appris hier que des notes d'entrevues de M. Charkaoui avec le service de renseignement ont été détruites, après avoir été consignées dans un dossier, ce qui a indisposé son avocate, Me Dominique Larochelle.
Celle-ci souhaitait faire témoigner M. Charkaoui dès hier, mais était moins tentée, après avoir appris que ces notes avaient été détruites. Une partie de la preuve, proteste-t-elle, reste inaccessible et elle continue de vouloir y avoir accès pour la défense de son client.
Entre-temps hier, M. John Galianos, un policier retraité de la Sûreté du Québec qui effectue des tests de polygraphe — communément appelé détecteur de mensonges — a témoigné à l'appui de la cause de M. Charkaoui.
Il a soumis M. Charkaoui au test, en novembre dernier, lui posant cinq questions du genre: Avez-vous déjà été membre d'un réseau terroriste? Avez-vous déjà participé à un camp d'entraînement terroriste? Avez-vous déjà planifié de commettre un crime avec un ou des membres d'al-Qaïda?
Et, selon son témoignage, M. Charkaoui n'a pas eu les réactions psycho-physiologiques qui auraient permis de conclure qu'il mentait. À l'aide de censeurs en effet, l'appareil mesure la pression, la sudation et la respiration. Or, Charkaoui a passé le test de cinq questions avec succès, a témoigné M. Galianos.
Le juge Simon Noël a toutefois souligné d'autres questions qui auraient pu être pertinentes et qui n'ont pas été posées à M. Charkaoui, comme «Avez-vous voyagé en Afghanistan?».
M. Galianos a aussi dû admettre que le test du polygraphe n'est pas sûr à 100 % et que la formulation des questions compte pour beaucoup, selon l'interprétation que la personne interrogée fait de chaque mot.
La cause se poursuit aujourd'hui.
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