Jeannie Hilton combat ses démons
14 octobre 2004
Justice
Photo : Jacques Nadeau
Jeannie Hilton, 21 ans, publie le récit de sa vie horrible pour exorciser son mal.
Jeannie Hilton considère que la carrière de boxeur de Dave Hilton est finie et que ce père, jadis perçu comme un héros, n'est plus pour elle qu'un fantôme, un fantôme qui arrive tout de même, à certains moments, à entamer sa joie de vivre.
Mariée et mère de deux garçons, Jeannie, âgée de 21 ans, vit à Miami. Elle était de passage mercredi à Montréal pour le lancement du livre écrit avec sa jeune soeur Anne Marie sous le titre Le Coeur au beurre noir.
Les deux soeurs Hilton avaient défrayé les manchettes au printemps 2001 à l'occasion du procès de leur père Dave Hilton, au terme duquel il avait été condamné à purger sept ans de prison pour agressions sexuelles. C'est tout récemment que l'identité des victimes du boxeur, ses propres filles, mineures au moment des faits, a pu être dévoilée, un juge les ayant autorisées à le faire.
Seule Jeannie était présente à la conférence de presse. Elle a confié aux journalistes ne pas avoir parlé à son père depuis au moins cinq ans et n'entretenir aucun lien avec la famille Hilton.
Se présentant comme une femme devenue forte et batailleuse, elle estime avoir pris «le meilleur d'eux et laissé le pire».
Parler du passé la replonge dans de biens mauvais souvenirs, soit les quatre années où son père se comportait avec elle comme si elle était son épouse et non sa fille.
«Je n'ai pas eu d'enfance», a-t-elle lancé en énumérant les mille et une tâches qu'elle devait accomplir à la maison, notamment à l'égard de ses deux jeunes frères, parce que sa mère Anna-Maria était seule pourvoyeuse de la petite famille et que, certaines années, elle a dû cumuler jusqu'à trois emplois.
«À 12 ans, j'ai aidé mon père à ranger sa collection d'armes à feu, à cacher de la marijuana et de la cocaïne. J'ai vu beaucoup de choses. Je n'ai jamais eu la chance d'être jeune. Je croyais que tout était inaccessible, même ma mère. J'étais dans ma prison», a-t-elle laissé tomber.
«À 14 ans [au moment de la première pénétration], j'ai perdu mon enfance. Tout était fini pour moi. J'étais morte», a-t-elle renchéri.
La palme du courage, elle l'accorde sans conteste à sa cadette Anne Marie, qui lui a un jour signifié, en février 1998, que le temps était venu de dévoiler ce qui se passait. Anne Marie subissait alors les agressions sexuelles de son père depuis deux ans, Jeannie depuis quatre ans. Jeannie avait 15 ans, Anne Marie, 14.
«Anne Marie, c'est elle qui a été forte. C'est elle, la force», a dit Jeannie.
Quant à son père, elle a toujours perçu qu'il était «déconnecté de la réalité».
«Il vit dans son monde, le monde de Dave Hilton. Aujourd'hui, je ne suis pas dans le monde de Dave Hilton», a-t-elle assené.
Elle ne croit pas qu'il ait changé. Elle a appris son abandon de la thérapie pour délinquance sexuelle entreprise à la prison de La Macaza, et ce, après seulement quatre séances. C'est d'ailleurs une des raisons qui ont entraîné, le mois dernier, le rejet d'une demande de libération conditionnelle présentée par Dave Hilton.
Jeannie Hilton est confiante que la publication de son récit et de celui de sa soeur va l'aider à se libérer davantage de ses démons.
Mariée et mère de deux garçons, Jeannie, âgée de 21 ans, vit à Miami. Elle était de passage mercredi à Montréal pour le lancement du livre écrit avec sa jeune soeur Anne Marie sous le titre Le Coeur au beurre noir.
Les deux soeurs Hilton avaient défrayé les manchettes au printemps 2001 à l'occasion du procès de leur père Dave Hilton, au terme duquel il avait été condamné à purger sept ans de prison pour agressions sexuelles. C'est tout récemment que l'identité des victimes du boxeur, ses propres filles, mineures au moment des faits, a pu être dévoilée, un juge les ayant autorisées à le faire.
Seule Jeannie était présente à la conférence de presse. Elle a confié aux journalistes ne pas avoir parlé à son père depuis au moins cinq ans et n'entretenir aucun lien avec la famille Hilton.
Se présentant comme une femme devenue forte et batailleuse, elle estime avoir pris «le meilleur d'eux et laissé le pire».
Parler du passé la replonge dans de biens mauvais souvenirs, soit les quatre années où son père se comportait avec elle comme si elle était son épouse et non sa fille.
«Je n'ai pas eu d'enfance», a-t-elle lancé en énumérant les mille et une tâches qu'elle devait accomplir à la maison, notamment à l'égard de ses deux jeunes frères, parce que sa mère Anna-Maria était seule pourvoyeuse de la petite famille et que, certaines années, elle a dû cumuler jusqu'à trois emplois.
«À 12 ans, j'ai aidé mon père à ranger sa collection d'armes à feu, à cacher de la marijuana et de la cocaïne. J'ai vu beaucoup de choses. Je n'ai jamais eu la chance d'être jeune. Je croyais que tout était inaccessible, même ma mère. J'étais dans ma prison», a-t-elle laissé tomber.
«À 14 ans [au moment de la première pénétration], j'ai perdu mon enfance. Tout était fini pour moi. J'étais morte», a-t-elle renchéri.
La palme du courage, elle l'accorde sans conteste à sa cadette Anne Marie, qui lui a un jour signifié, en février 1998, que le temps était venu de dévoiler ce qui se passait. Anne Marie subissait alors les agressions sexuelles de son père depuis deux ans, Jeannie depuis quatre ans. Jeannie avait 15 ans, Anne Marie, 14.
«Anne Marie, c'est elle qui a été forte. C'est elle, la force», a dit Jeannie.
Quant à son père, elle a toujours perçu qu'il était «déconnecté de la réalité».
«Il vit dans son monde, le monde de Dave Hilton. Aujourd'hui, je ne suis pas dans le monde de Dave Hilton», a-t-elle assené.
Elle ne croit pas qu'il ait changé. Elle a appris son abandon de la thérapie pour délinquance sexuelle entreprise à la prison de La Macaza, et ce, après seulement quatre séances. C'est d'ailleurs une des raisons qui ont entraîné, le mois dernier, le rejet d'une demande de libération conditionnelle présentée par Dave Hilton.
Jeannie Hilton est confiante que la publication de son récit et de celui de sa soeur va l'aider à se libérer davantage de ses démons.
- » hilton
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