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Selon le Journal de Montréal - Les policiers ont vu les préparatifs d'un crime sans réagir

Jeanne Corriveau   23 juillet 2002  Justice
Les policiers ont assisté en direct aux préparatifs d'un meurtre qu'allaient commettre des membres des Bandidos le 19 mars dernier, mais ils n'ont pu intervenir à temps pour prévenir le crime. Ce jour-là, les motards ont tenté d'abattre Steven Bertrand, un proche de Maurice Boucher, attablé dans un restaurant de sushis situé à l'angle de l'avenue du Parc et de la rue Bernard.

Selon une bande vidéo qu'a obtenue le Journal de Montréal et qui figure dans la preuve que détient le ministère public, il a été possible aux policiers de suivre de minute en minute les faits et gestes de Patrick Hénault, André Désormeaux et Éric Nadeau, trois membres des Bandidos, quelques minutes avant la tentative de meurtre contre Steven Bertrand survenue vers 13h30. C'est grâce à la collaboration d'Éric Nadeau, un agent-source, qu'ils ont pu suivre ces préparatifs, mais les policiers n'ont jamais réussi à communiquer avec Nadeau afin de savoir ce qui se passait réellement.

Les images vidéo montrent les trois hommes dans l'arrière-boutique du «Cadeau soleil de nuit», rue Bernard. Ils sont nerveux, note dans son rapport l'agent Robert Lebrun, du Service de police de Montréal (SPVM) qui observe la scène à l'aide d'une caméra dissimulée dans le local. Deux des hommes changent de vêtements et les policiers se rendent compte que l'un d'eux est armé, rapporte le Journal de Montréal.

Devant l'agitation des suspects, l'agent Lebrun communique avec les «contrôleurs» de Nadeau, les policiers Yves Henri et J.-P. Pelletier, qui demandent l'intervention des membres de l'équipe de filature. Quand ceux-ci arrivent, ils se mettent à suivre André Désormeaux alors que l'attentat a déjà eu lieu. Steven Bertrand a reçu plusieurs balles, dont l'une à la joue, mais il a survécu à ses blessures. Patrick Hénault a été arrêté peu après la tentative de meurtre en compagnie d'Éric Nadeau qui lui, n'a pas été accusé. Quant à André Désormeaux, il a finalement été arrêté le 5 juin.

Ainsi, les policiers semblent n'avoir rien tenté pour mettre un terme aux préparatifs de ce crime, indique le Journal de Montréal, et l'agent-source n'aurait pas davantage essayé de dissuader ses comparses.

Au SPVM, on se refuse à tout commentaire en invoquant l'interdiction de publication ordonnée par la juge Louise Bourdeau et effective depuis le 6 juin. Mais dans un communiqué de presse émis en fin de journée hier, la direction du SPVM soutient que «des actions ont été entreprises par son personnel impliqué dans l'opération du 19 mars dès que des éléments ont laissé entrevoir qu'un crime serait perpétré». Les devoirs et obligations du service de police envers les citoyens consistent notamment à prévenir le crime en avertissant toute personne d'une menace pour sa vie et d'intervenir en fonction des éléments dont il dispose, ajoute-t-on.

«En regard des informations disponibles au moment de cette opération et des délais restreints, les moyens d'intervention utilisés ont été conformes à ceux habituellement prévus lors de circonstances similaires.»






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