lundi 28 mai 2012 Dernière mise à jour 01h13
fermer

Connexion au Devoir.com

Mot de passe oublié?


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

Témoignage de l'agent-source - Toutes les têtes des Rock Machine étaient mises à prix

Quiconque abattait un «oiseau» pouvait recevoir 100 000$

Brian Myles   19 juillet 2002  Justice
L'interrogatoire de l'agent-source Stéphane Sirois a pris fin hier avec la narration d'un complot pour meurtre orchestré autour d'une table dans un restaurant. Les têtes de tous les Rock Machine étaient mises à prix.

Les efforts de guerre étaient récompensés à prix fort dans le camp des Hells Angels Nomads et de leur filiale des Rockers. Quiconque abattait un «oiseau», c'est-à-dire un membre en règle des Rock Machine, pouvait recevoir une prime de 100 000 $. Pour le meurtre d'un «striker» du clan adverse: 50 000 $. Pour celui d'un «hang around»: 25 000 $.

C'est en dégustant les fins sushis du Katsura, un restaurant de la rue de la Montagne, que Jean-Guy Bourgoin a expliqué à l'agent-source Stéphane Sirois la brutale réalité, le 1er février 2000. Les têtes des Rock Machine et de leurs sous-fifres étaient vraiment mises à prix. «Si c'est deux strikers pis un membre, là ça serait 200 [000 $], merci beaucoup bonsoir, pas d'questions», dit Bourgoin, révélant du coup qu'il est possible de cumuler les primes à condition d'avoir la gâchette facile.

Sirois propose lui-même ses services pour débarrasser Bourgoin d'un individu surnommé «Le Pic», qui a osé investir son territoire de vente de drogue, sur le Plateau Mont-Royal.

Il feint de ne pas s'intéresser à «l'hostie de bonus» mais se dit prêt à tuer si cet acte irréparable pourrait lui permettre de réintégrer son ancien gang, les Rockers, sans repasser par les pénibles étapes de mises à l'épreuve que sont les statuts de «hang around» et de «striker».

«Écoute, c'est un 25 [ans], là [...], penses-y ben comme faut», le prévient Bourgoin, faisant référence à la durée d'une peine d'emprisonnement pour meurtre.

«Penses-tu j'peux faire le club sans l'faire?», rétorque Sirois. «Oui, sauf que ça t'prend plus de temps.»

Au terme de ce souper arrosé de saké, l'agent-source s'est rendu à Longueuil pour prêter main-forte à son ami. Celui-ci voulait discuter ferme avec un revendeur actif dans son secteur mais qui avait commis l'impair de s'approvisionner auprès des Italiens. Une raclée se présente comme pièce de résistance au menu. Vaut mieux donner que recevoir, se justifie Bourgoin.

Stéphane Sirois n'a plus revu Jean-Guy Bourgoin après coup. Les policiers l'ont retiré de l'enquête parce qu'ils craignaient pour sa vie. Un autre agent-source, Claude Desserres, venait de se faire assassiner.

L'interrogatoire principal de Sirois a pris fin sur un temps fort. La dernière des conversations qu'il a enregistrées avec Jean-Guy Bourgoin constitue un exemple éloquent de complot pour meurtre.

Reste à voir comment la Couronne s'y prendra pour imputer cette machination de Bourgoin aux 17 accusés qui subissent actuellement leur procès pour complot pour le meurtre de 134 personnes, gangstérisme et trafic de drogue. Le procès reprendra lundi avec la suite du contre-interrogatoire de Sirois, qui a commencé hier en fin de journée sur des banalités.
 
 
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
 
 












CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?
Cet article vous intéresse?
0 réaction
0 vote Voter
 
  • a Taille du texte -- ++
  • Imprimer
  • Envoyer
  • Partager
  • Droits de reproduction
  • Voter
Recherche complète sur le même sujet


Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

m'inscrire
 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

En savoir plus
Stratégie Web et référencement par Adviso
Design Web par Egzakt
© Le Devoir 2002-2012