Un verdict courageux
Le jury a tranché: Maurice "Mom" Boucher est coupable du meurtre de deux innocents gardiens de prison. En conséquence, il devra purger 25 ans de prison avant d'être admissible à une libération conditionnelle. Ce verdict et cette peine ne mettront pas fin au crime organisé, mais ils sont la preuve qu'une société de droit est tout à fait capable de réagir vigoureusement devant les actes répréhensibles de ses délinquants les mieux organisés.
La condamnation de Maurice Boucher, le chef des Nomads, ce corps d'élite des réputés Hells Angels, constitue un temps fort de la lutte contre les motards criminels au pays. Depuis des années maintenant, les Hells et leurs ennemis de toutes appartenances se livrent une guerre meurtrière pour le contrôle du commerce des stupéfiants. Après avoir bâti leur petit empire du crime, ces adultes névrosés aux allures d'adolescents attardés, excentriques et poseurs, en étaient venus à croire qu'ils pouvaient profiter au grand jour de leurs crimes et se moquer impunément du système judiciaire, poussant l'audace jusqu'à menacer des hommes politiques, tuer des gardiens de prison et tenir des rencontres entre bandes rivales dans les locaux d'un palais de justice. Comme bien des chefs de gang, "Mom" Boucher était devenu aux yeux des siens et de nombre de citoyens, un être invincible, intouchable, un demi-dieu capable de braver sans risques nos institutions garantes du fragile équilibre entre l'ordre et la liberté.
On se rappellera les nombreux commentaires de citoyens qui, au fil des ans, ont accusé les autorités politiques et policières de ne s'attaquer qu'aux petits revendeurs, laissant intactes les têtes dirigeantes. Parce qu'elles fonctionnent elles-mêmes à la manière d'une petite armée, les bandes de motards criminels ont longtemps été à l'abri de l'infiltration policière au plus haut sommet de leur pyramide de commandement. C'est ce constat qui a conduit à revendiquer des pouvoirs accrus pour les enquêteurs, tels que la possibilité d'échanger des peines moins lourdes contre le témoignage de délateurs, de saisir des produits du crime et, depuis peu, de porter des accusations de gangstérisme.
Dans le procès qui vient de se terminer, les courageux jurés protégés par l'anonymat ont probablement longtemps délibéré avant de s'entendre sur la crédibilité à accorder au témoignage clé du délateur Stéphane Gagné. Or, malgré la fragilité de ce témoignage, force est de conclure qu'ils y ont finalement trouvé matière suffisante à un verdict de culpabilité. Voilà la preuve de l'intérêt de tels contrats, même si leur usage doit toujours répondre à des exigences sévères, comme nous l'a appris l'issue de quelques autres causes qui ont fait la manchette au cours des dernières années.
La lutte contre le crime organisé n'a pas commencé avec les Hells Angels. Et elle ne se terminera certainement pas avec l'emprisonnement de Maurice Boucher. Cette bataille de longue haleine coûte cher, mais elle doit se poursuivre. Avec les nouveaux outils légaux, organisationnels et financiers à leur disposition, les forces policières et l'appareil judiciaire sont en mesure d'arrêter et de faire condamner un grand nombre de bandits de haut niveau restés jusqu'ici impunis. Et ce, dans le respect le plus strict des droits des individus tels que défendus dans nos chartes et nos lois. N'est-ce pas là la plus grande leçon que nous puissions tirer à l'issue de cette nouvelle manche d'un combat sans fin?
Si Dieu lui prête vie, le criminel Maurice Boucher ne respirera à nouveau l'air libre que vers l'âge de 70 ans. Il sera alors trop tard pour jouir du fruit de ses crimes, si fruits il lui reste encore. Entre-temps, parions qu'il suffira de quelques années pour que son histoire ne soit plus qu'un vague souvenir dont les jeunes d'alors n'auront même jamais entendu parler. C'est très bien ainsi.
La condamnation de Maurice Boucher, le chef des Nomads, ce corps d'élite des réputés Hells Angels, constitue un temps fort de la lutte contre les motards criminels au pays. Depuis des années maintenant, les Hells et leurs ennemis de toutes appartenances se livrent une guerre meurtrière pour le contrôle du commerce des stupéfiants. Après avoir bâti leur petit empire du crime, ces adultes névrosés aux allures d'adolescents attardés, excentriques et poseurs, en étaient venus à croire qu'ils pouvaient profiter au grand jour de leurs crimes et se moquer impunément du système judiciaire, poussant l'audace jusqu'à menacer des hommes politiques, tuer des gardiens de prison et tenir des rencontres entre bandes rivales dans les locaux d'un palais de justice. Comme bien des chefs de gang, "Mom" Boucher était devenu aux yeux des siens et de nombre de citoyens, un être invincible, intouchable, un demi-dieu capable de braver sans risques nos institutions garantes du fragile équilibre entre l'ordre et la liberté.
On se rappellera les nombreux commentaires de citoyens qui, au fil des ans, ont accusé les autorités politiques et policières de ne s'attaquer qu'aux petits revendeurs, laissant intactes les têtes dirigeantes. Parce qu'elles fonctionnent elles-mêmes à la manière d'une petite armée, les bandes de motards criminels ont longtemps été à l'abri de l'infiltration policière au plus haut sommet de leur pyramide de commandement. C'est ce constat qui a conduit à revendiquer des pouvoirs accrus pour les enquêteurs, tels que la possibilité d'échanger des peines moins lourdes contre le témoignage de délateurs, de saisir des produits du crime et, depuis peu, de porter des accusations de gangstérisme.
Dans le procès qui vient de se terminer, les courageux jurés protégés par l'anonymat ont probablement longtemps délibéré avant de s'entendre sur la crédibilité à accorder au témoignage clé du délateur Stéphane Gagné. Or, malgré la fragilité de ce témoignage, force est de conclure qu'ils y ont finalement trouvé matière suffisante à un verdict de culpabilité. Voilà la preuve de l'intérêt de tels contrats, même si leur usage doit toujours répondre à des exigences sévères, comme nous l'a appris l'issue de quelques autres causes qui ont fait la manchette au cours des dernières années.
La lutte contre le crime organisé n'a pas commencé avec les Hells Angels. Et elle ne se terminera certainement pas avec l'emprisonnement de Maurice Boucher. Cette bataille de longue haleine coûte cher, mais elle doit se poursuivre. Avec les nouveaux outils légaux, organisationnels et financiers à leur disposition, les forces policières et l'appareil judiciaire sont en mesure d'arrêter et de faire condamner un grand nombre de bandits de haut niveau restés jusqu'ici impunis. Et ce, dans le respect le plus strict des droits des individus tels que défendus dans nos chartes et nos lois. N'est-ce pas là la plus grande leçon que nous puissions tirer à l'issue de cette nouvelle manche d'un combat sans fin?
Si Dieu lui prête vie, le criminel Maurice Boucher ne respirera à nouveau l'air libre que vers l'âge de 70 ans. Il sera alors trop tard pour jouir du fruit de ses crimes, si fruits il lui reste encore. Entre-temps, parions qu'il suffira de quelques années pour que son histoire ne soit plus qu'un vague souvenir dont les jeunes d'alors n'auront même jamais entendu parler. C'est très bien ainsi.
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