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    «Ça s’est terminé là», raconte Tony Accurso

    L’entrepreneur dit ne pas avoir interrogé ses chefs d’entreprise après les perquisitions de l’UPAC

    14 novembre 2017 |Améli Pineda | Justice
    Tony Accurso fait partie des 37 personnes arrêtées par l’UPAC relativement à un système de collusion et de corruption à Laval.
    Photo: Ryan Remiorz La Presse Canadienne Tony Accurso fait partie des 37 personnes arrêtées par l’UPAC relativement à un système de collusion et de corruption à Laval.

    Malgré une perquisition de l’Unité permanente anticorruption (UPAC) à ses bureaux, l’ex-entrepreneur en construction Tony Accurso soutient ne jamais avoir demandé plus d’explications aux présidents de ses entreprises à la suite de la visite des policiers.

     

    « En octobre 2012, l’UPAC perquisitionne pendant sept heures dans vos bureaux. Confrontez-vous vos présidents d’entreprises, leur demandez-vous “Qu’est-ce que c’est ça ?” », a demandé le procureur de la Couronne, Me Richard Rougeau, à l’ancien propriétaire des firmes Louisbourg et Simard-Beaudry.

     

    « J’ai rencontré Me Rochon [l’avocat de M. Accurso], il m’a fait état des documents qu’ils cherchaient et m’a dit que les policiers ont pris ce qu’ils avaient à prendre », a simplement répondu l’accusé de 66 ans.

     

    « Et vos présidents d’entreprises ? », a renchéri Me Rougeau. « J’ai dit “Êtes-vous au courant de quelque chose ?” et ils ont dit “Non, non, non” », a répondu M. Accurso, ajoutant que « ça s’est terminé là ».

     

    Me Rougeau a alors laissé entendre à M. Accurso qu’au lendemain de la perquisition, il avait poursuivi sa vie « comme si de rien n’était ». « Il le faut », a confirmé l’entrepreneur.

     

    Fin du témoignage

     

    M. Accurso a terminé son témoignage lundi à son procès relativement à sa participation à un système de collusion et de corruption dans l’octroi des contrats publics à Laval. Il a été confronté à la perquisition menée le 11 octobre 2012 dans ses bureaux, la même journée qu’une descente policière à l’hôtel de ville.

     

    L’accusé de 66 ans a toujours juré ne jamais avoir pris part à des malversations. Il a cependant avoué, au tout début de son témoignage, la semaine dernière, avoir entendu parler d’un possible stratagème frauduleux à deux reprises, une première fois en 1997, puis une deuxième « environ » en 2002.

     

    C’est son ami Claude Asselin, qui était à l’époque directeur général de la Ville de Laval, qui l’a questionné à ce sujet, a-t-il dit.

     

    « Rien n’a attiré votre attention ou votre vigilance pendant toutes ces années ? », s’est étonné Me Rougeau.

     

    « Non », a d’abord répondu M. Accurso avant de souligner qu’il avait tout de même interrogé ses présidents, Joe Molluso (Louisbourg) et Frank Minicucci (Simard-Beaudry), qui avaient affirmé n’être au courant de rien.

     

    M. Accurso a expliqué vendredi dernier, que c’est seulement après leurs arrestations, en mai 2013, que Joe Molluso, qui est aussi son cousin, lui a avoué leur participation au stratagème de partage de contrats. M. Molluso travaille toujours pour lui, il est d’ailleurs le conseiller d’affaires de ses enfants.

    J’ai dit “Êtes-vous au courant de quelque chose ?” et ils ont dit “Non, non, non”
    Tony Accurso, ancien propriétaire des firmes Louisbourg et Simard-Beaudry

    Relation avec Vaillancourt

     

    La Couronne est aussi revenue sur ses liens avec Marc Gendron, un collecteur de fonds de l’ex-maire de Laval, Gilles Vaillancourt. Celui-ci a raconté sous serment avoir reçu 200 000 $ dans le stationnement de son centre commercial de Laval. Un événement nié par M. Accurso, qui a dit, aussi sous serment, ne jamais avoir remis d’argent à quiconque.

     

    « Lui avez-vous déjà donné un lift ? Une ride ? » a questionné Me Rougeau. Sourire en coin, M. Accurso a répondu par la négative. Quant à sa relation avec l’ex-maire Vaillancourt, il l’a qualifiée de « cordiale ».

     

    Le procès de M. Accurso se poursuivra jeudi avec les plaidoiries de la défense. Celles de la Couronne devraient commencer vendredi.

     

    Les 11 membres du jury pourraient commencer leurs délibérations mardi prochain. M. Accurso fait face à des accusations de complot afin de commettre des actes de corruption dans les affaires municipales, de complot en vue de commettre des fraudes, de fraude de plus de 5000 $, de corruption de fonctionnaires et d’abus de confiance.

     

    Un seul procès

     

    Tony Accurso fait partie des 37 personnes arrêtées par l’UPAC relativement à un système de collusion et de corruption.

     

    Du lot, 27 ont plaidé coupable — dont l’ex-maire Gilles Vaillancourt —, 3 sont décédées et 6 autres ont obtenu un arrêt des procédures. M. Accurso sera le seul accusé à subir un procès.













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