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    Meurtre au Maxi: l’accusé souffrirait de troubles mentaux

    Ses avocats tenteront de prouver qu’il était incapable de distinguer le bien du mal le soir du drame

    22 septembre 2017 |Améli Pineda | Justice
    Durant son témoignage, qui se poursuivra vendredi, Randy Tshilumba a répété être convaincu que la victime et quatre de ses amies lui «voulaient du mal».
    Photo: Catherine Legault Le Devoir Durant son témoignage, qui se poursuivra vendredi, Randy Tshilumba a répété être convaincu que la victime et quatre de ses amies lui «voulaient du mal».

    L’homme accusé du meurtre au premier degré de Clémence Beaulieu-Patry dans un Maxi à Montréal souffre de troubles mentaux, affirment ses avocats, qui tenteront de prouver qu’il était incapable de distinguer le bien du mal le soir du drame.

     

    Randy Tshilumba avait des « idées délirantes » depuis plusieurs mois lorsqu’il a tué Clémence Beaulieu-Patry sur son lieu de travail, le 10 avril 2016, a affirmé Me Philippe Larochelle dans son exposé introductif jeudi. Deux psychiatres viendront le prouver, a-t-il annoncé.

     

    Randy Tshilumba a calmement admis devant le jury avoir poignardé la jeune femme.

     

    Photo: SPVM Randy Tshilumba

    Durant son témoignage, qui se poursuivra vendredi, l’homme a répété être convaincu que la victime et quatre de ses amies lui « voulaient du mal ».

     

    Il a raconté avoir découvert à l’automne 2014 sur des pages « Spotted » de Facebook des messages anonymes qu’il dit avoir été capable de lier « au style d’écriture » de Clémence Beaulieu-Patry et de ses amies.

     

    « J’ai oublié les mots et les termes exacts, mais je me rappelle que ça me visait. C’était des messages avec des menaces indirectes », a-t-il dit sur un ton presque robotique.

     

    Après cette « découverte », Randy Tshilumba dit avoir été « terrifié », si bien qu’il ne voulait plus sortir de chez lui, craignant pour sa sécurité.

     

    L’accusé, qui avait fréquenté la même école secondaire que la victime, a indiqué qu’ils n’étaient pas amis. Il aurait croisé deux amies de Clémence Beaulieu-Patry à l’été 2015.

     

    « Ça m’a terrifié de les croiser et ça m’a confirmé qu’elles me suivaient. Je me suis demandé : “Comment elles ont su que je marchais sur cette rue-là ?” Ça m’a prouvé qu’elles m’espionnaient », a-t-il expliqué.

     

    En novembre 2015, il aurait croisé par hasard la victime au Maxi.

     

    « J’ai compris qu’elle me voulait du mal et ça m’a fait peur. J’ai essayé de me cacher », a-t-il dit.

     

    Certains jours, convaincu que Clémence Beaulieu-Patry et ses amies se cachaient derrière des voitures près de chez lui, il courrait jusqu’à sa résidence pour « éviter des balles éventuelles ».

     

    Pour se protéger, il s’est procuré un couteau.

     

    Son stress lui aurait fait manquer des cours et ses notes ont dégringolé.

     

    Il a consulté un médecin parce qu’il craignait pour sa vie, mais sans dire que des filles voudraient le tuer.

     

    « C’est un peu privé, c’est personnel, ces choses-là », a-t-il dit.

     

    La docteure lui a prescrit un antidépresseur et lui a aussi conseillé de consulter un psychologue.

     

    « J’ai essayé d’aller en voir un, mais ma mère a vérifié si c’était couvert par les assurances et ça ne l’était pas, alors ça n’a pas marché », a-t-il dit.

     

    Il n’aurait toutefois pris qu’un comprimé de peur que le médecin soit de mèche avec Clémence Beaulieu-Patry.

     

    « Les filles ont peut-être convaincu le médecin de me les prescrire pour m’empoisonner », a-t-il lancé.

     

    La situation est devenue si insupportable qu’il aurait demandé de l’aide à un de ses amis.

     

    « C’est un gars intelligent, alors je me suis dit qu’il pourrait me donner un conseil. Il m’a dit que j’étais fou. J’ai vu qu’il ne me prenait pas au sérieux », a-t-il calmement expliqué.

     

    Le soir de la tragédie, il a raconté s’être rendu au Maxi après avoir hésité à aller au gym ou à l’hôpital pour des problèmes de constipation.

     

    Il a finalement décidé d’aller au supermarché où travaillait la victime « pour faire la paix » avec elle, mais avait amené un couteau au cas où. Il soutient qu’une fois sur place, il a réalisé qu’« en fait, Clémence Beaulieu-Patry voulait me tuer moi et d’autres clients, alors je me suis défendu », a-t-il expliqué.













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