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    Tragédie de Lac-Mégantic: le procès s'amorce avec la sélection des jurés

    Le conducteur du train et deux collègues sont accusés de négligence criminelle

    12 septembre 2017 | Giuseppe Valiante - La Presse canadienne à Sherbrooke | Justice
    Les trois accusés en 2014: Richard Labrie (à gauche), Jean Demaître (au centre) et Thomas Harding.
    Photo: Jacques Nadeau Archives Le Devoir Les trois accusés en 2014: Richard Labrie (à gauche), Jean Demaître (au centre) et Thomas Harding.

    Le procès des trois anciens employés de l’entreprise ferroviaire américaine Montreal Maine and Atlantic (MMA) accusés à la suite de la tragédie de Lac-Mégantic s’est amorcé lundi, à Sherbrooke, par la sélection des jurés.

     

    Le tribunal s’est attelé à la longue tâche de trouver 14 jurés bilingues, impartiaux et sans liens personnels avec la tragédie ferroviaire qui avait fait 47 morts au coeur de l’été 2013. De 800 à 1200 candidats potentiels seront ainsi appelés au tribunal au cours des trois prochaines semaines afin que l’on détermine lesquels sont suffisamment bilingues pour être retenus jusqu’à l’étape de la sélection finale, le 29 septembre.

     

    Le 6 juillet 2013, un convoi de pétrole brut américain garé pour la nuit à Nantes s’est mis à dévaler une pente et s’est emballé avant de dérailler une douzaine de kilomètres plus loin, en plein coeur de Lac-Mégantic, peu après minuit, par une belle soirée d’été. L’explosion et le violent incendie qui ont suivi ont fait 47 morts et détruit une partie du centre-ville.

     

    Thomas Harding, Jean Demaître et Richard Labrie ont tous plaidé non coupable à l’accusation de négligence criminelle ayant causé la mort ; ils étaient tous présents lundi au palais de justice de Sherbrooke. M. Harding était le conducteur du train ce jour-là — c’est lui qui avait mis le convoi à l’arrêt pour la nuit à Nantes. M. Demaître était le directeur des activités ferroviaires chez MMA, tandis que M. Labrie était le contrôleur responsable de la circulation des trains entre Farnham et Lac-Mégantic ce soir-là. Le procès des trois hommes doit se tenir jusqu’au 21 décembre.

     

    Charles Shearson, l’un des avocats de Thomas Harding, a estimé lundi que la sélection du jury est notamment plus ardue dans cette cause parce qu’il faut choisir des jurés bilingues.

     

    « Le juge va certainement poser certaines questions aux candidats pour faire une évaluation sommaire de leur niveau de bilinguisme, pour être sûr que les personnes comprennent suffisamment, dans les deux langues — ou peuvent discuter dans les deux langues —, pour assurer qu’ils vont comprendre la preuve ou, par la suite, quand ils se parleront entre jurés, tenir une argumentation en anglais et en français », a-t-il expliqué à l’extérieur de la salle d’audience. D’autant que pendant les audiences, on entendra beaucoup de termes techniques liés aux chemins de fer, a rappelé Me Shearson.

     

    Se fier seulement à la preuve

     

    Le tribunal devra ensuite s’assurer, bien sûr, de l’impartialité des jurés pour ce procès qui ne se tient pas à Lac-Mégantic, mais à une centaine de kilomètres à l’ouest. « C’est sûr que la tragédie s’est déroulée pas très loin [...], et elle a attiré beaucoup d’attention médiatique, alors ce sera un enjeu de trouver un candidat qui, non pas n’a jamais entendu parler de la tragédie […], mais puisse prendre une décision impartiale sur l’ensemble de la preuve — mais seulement la preuve présentée au procès », a rappelé Me Shearson.

     

    La tragédie de Lac-Mégantic a entraîné des centaines de millions de dollars en coûts de reconstruction et de nettoyage. Les résidants se battent depuis pour que la voie ferrée ne passe plus en plein coeur de la ville.













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