Procès des 17 présumés membres ou associés des Hells Angels - Un témoin en verve
Stéphane Gagné raconte les différents épisodes ayant marqué sa vie de criminelLa Couronne a présenté hier le témoignage d'un premier délateur dans le cadre du procès des 17 présumés membres ou associés des Hells Angels. Stéphane Gagné, l'auteur des meurtres de deux gardiens de prison, a expliqué par le menu l'itinéraire qu'il a suivi pour accéder au club des Rockers.
Quelques mois avant de joindre les rangs des Rockers, le délateur Stéphane Gagné faisait partie d'un groupe parrainé par la bande de motards et baptisé «l'équipe de football». Le groupe était chargé d'abattre des membres appartenant à la bande rivale des Hells Angels, les Rock Machine, afin d'agrandir le territoire de vente de drogue.
Les «équipes de baseball» frappent alors que les «équipes de football» tuent, a expliqué Stéphane Gagné lors de sa première journée à la barre des témoins. Comme il l'avait fait lors du procès du chef des Nomads, Maurice Boucher, le délateur a raconté hier aux membres du jury son passé criminel, sa participation à la préparation de deux attentats ratés ainsi que les meurtres de deux gardiens de prison, Diane Lavigne et Pierre Rondeau.
Le témoin repenti était en verve hier et les jurés ont pu en apprendre plus long au sujet de la hiérarchie au sein des Hells Angels, et des codes gestuels dont font amplement usage les motards afin de communiquer entre eux tout en se protégeant des micros indiscrets. Ainsi, l'évocation d'un policier est mimée par une tape sur la tête et une explosion par le geste d'une main qui s'ouvre. Les armes à feu quant à elles sont appelées des «patentes».
Il a ainsi relaté ses débuts dans le trafic de drogue alors qu'il gérait des piqueries dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve en 1993, et ses premiers contacts avec le Rocker Paul Fontaine et avec Maurice Boucher.
Après un séjour en prison pour trafic de stupéfiants, Gagné apprend de la bouche de Maurice Boucher que «quelque chose de gros» se prépare. On lui fournit un revolver, «comme ceux qu'on voit dans les vues allemandes», a-t-il précisé hier, et il reçoit le mandat de faire exploser un local des Rock Machine à Verdun en compagnie d'André Tousignant, un hang around des Nomads. Leurs deux tentatives échoueront et lors de la préparation de la troisième, Stéphane Gagné est arrêté alors qu'il tente de voler un véhicule, une camionnette grise qu'on avait l'intention d'identifier aux couleurs d'Hydro-Québec pour dissiper les soupçons.
Stéphane Gagné a aussi raconté hier les meurtres des deux gardiens de prison. C'est finalement pour la tentative de meurtre de Christian Bellemare qu'il est arrêté par les policiers. Comme Steve Boies avant lui, Stéphane Gagné se met à table et devient à son tour délateur. Disposé à raconter avec force détails les différents épisodes qui ont marqué sa vie de criminel, Stéphane Gagné a même pris la peine à plusieurs reprises hier de se tourner vers les jurés pour expliquer des points plus techniques, notamment ceux concernant les trucs pour arriver à faire démarrer les moteurs de voitures volées et la fabrication de fausses plaques d'immatriculation.
Le juge Jean-Guy Boilard n'a pas apprécié l'attitude du procureur de la Couronne. À maintes reprises, il a rappelé Me Jean-Pierre Saint-Jean à l'ordre, lui reprochant de semer la confusion en laissant le délateur «partir à la dérive» dans ses propos. «Vous êtes payé pour poser des questions», a-t-il lancé à l'avocat d'un ton excédé. Plus tard, il a même ajouté que malgré ses 40 ans de métier, il avait de la difficulté à suivre les explications du témoin. «Il va falloir mettre un peu d'ordre», a-t-il indiqué.
Le contre-interrogatoire de Stéphane Gagné, qui s'est amorcé en fin de journée, a permis au délateur de rappeler ses débuts dans le commerce de la drogue alors qu'il fréquentait l'école secondaire, ainsi que sa gestion de piqueries dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve en 1993. Le contre-interrogatoire se poursuit ce matin.
Quelques mois avant de joindre les rangs des Rockers, le délateur Stéphane Gagné faisait partie d'un groupe parrainé par la bande de motards et baptisé «l'équipe de football». Le groupe était chargé d'abattre des membres appartenant à la bande rivale des Hells Angels, les Rock Machine, afin d'agrandir le territoire de vente de drogue.
Les «équipes de baseball» frappent alors que les «équipes de football» tuent, a expliqué Stéphane Gagné lors de sa première journée à la barre des témoins. Comme il l'avait fait lors du procès du chef des Nomads, Maurice Boucher, le délateur a raconté hier aux membres du jury son passé criminel, sa participation à la préparation de deux attentats ratés ainsi que les meurtres de deux gardiens de prison, Diane Lavigne et Pierre Rondeau.
Le témoin repenti était en verve hier et les jurés ont pu en apprendre plus long au sujet de la hiérarchie au sein des Hells Angels, et des codes gestuels dont font amplement usage les motards afin de communiquer entre eux tout en se protégeant des micros indiscrets. Ainsi, l'évocation d'un policier est mimée par une tape sur la tête et une explosion par le geste d'une main qui s'ouvre. Les armes à feu quant à elles sont appelées des «patentes».
Il a ainsi relaté ses débuts dans le trafic de drogue alors qu'il gérait des piqueries dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve en 1993, et ses premiers contacts avec le Rocker Paul Fontaine et avec Maurice Boucher.
Après un séjour en prison pour trafic de stupéfiants, Gagné apprend de la bouche de Maurice Boucher que «quelque chose de gros» se prépare. On lui fournit un revolver, «comme ceux qu'on voit dans les vues allemandes», a-t-il précisé hier, et il reçoit le mandat de faire exploser un local des Rock Machine à Verdun en compagnie d'André Tousignant, un hang around des Nomads. Leurs deux tentatives échoueront et lors de la préparation de la troisième, Stéphane Gagné est arrêté alors qu'il tente de voler un véhicule, une camionnette grise qu'on avait l'intention d'identifier aux couleurs d'Hydro-Québec pour dissiper les soupçons.
Stéphane Gagné a aussi raconté hier les meurtres des deux gardiens de prison. C'est finalement pour la tentative de meurtre de Christian Bellemare qu'il est arrêté par les policiers. Comme Steve Boies avant lui, Stéphane Gagné se met à table et devient à son tour délateur. Disposé à raconter avec force détails les différents épisodes qui ont marqué sa vie de criminel, Stéphane Gagné a même pris la peine à plusieurs reprises hier de se tourner vers les jurés pour expliquer des points plus techniques, notamment ceux concernant les trucs pour arriver à faire démarrer les moteurs de voitures volées et la fabrication de fausses plaques d'immatriculation.
Le juge Jean-Guy Boilard n'a pas apprécié l'attitude du procureur de la Couronne. À maintes reprises, il a rappelé Me Jean-Pierre Saint-Jean à l'ordre, lui reprochant de semer la confusion en laissant le délateur «partir à la dérive» dans ses propos. «Vous êtes payé pour poser des questions», a-t-il lancé à l'avocat d'un ton excédé. Plus tard, il a même ajouté que malgré ses 40 ans de métier, il avait de la difficulté à suivre les explications du témoin. «Il va falloir mettre un peu d'ordre», a-t-il indiqué.
Le contre-interrogatoire de Stéphane Gagné, qui s'est amorcé en fin de journée, a permis au délateur de rappeler ses débuts dans le commerce de la drogue alors qu'il fréquentait l'école secondaire, ainsi que sa gestion de piqueries dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve en 1993. Le contre-interrogatoire se poursuit ce matin.
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