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    Corruption

    Un an de prison pour Applebaum

    L’ex-maire de Montréal sera ensuite soumis à une probation durant deux ans

    31 mars 2017 |Jeanne Corriveau | Justice
    Michael Applebaum dit qu’il profitera de son séjour pour réfléchir à ce qu’il a fait dans le passé et à ce qu’il fera à l’avenir.
    Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Michael Applebaum dit qu’il profitera de son séjour pour réfléchir à ce qu’il a fait dans le passé et à ce qu’il fera à l’avenir.

    Michael Applebaum est maintenant derrière les barreaux. L’ex-maire de Montréal par intérim a été condamné à 12 mois de prison ferme et à une probation de deux ans par la juge Louise Provost jeudi après-midi.

     

    Michael Applebaum avait été reconnu coupable en janvier dernier de huit des quatorze chefs d’accusation qui pesaient contre lui, dont fraude envers le gouvernement, abus de confiance et complot.

     

    Pour déterminer la sentence à imposer, la juge Provost a invoqué plusieurs facteurs aggravants, dont le statut de maire de l’ex-politicien, la gravité de ses gestes et la trahison de son serment d’élu. « La conduite de l’accusé est hautement répréhensible », a souligné la juge. « Le crime est grave, car il comporte un élément de corruption. »

     

    La juge a par ailleurs signalé qu’aucune preuve ne démontrait une prise de conscience de la part de l’ex-maire par intérim de Montréal, qui a retiré un bénéfice personnel de ses actes. « Les sommes exigées et obtenues sont non négligeables. La simple cupidité doit être présumée, aucune explication n’ayant été offerte au tribunal. »

     

    Elle a cependant souligné que l’accusé n’avait pas d’antécédents judiciaires et que le risque de récidive était nul.

     

    La juge a rappelé les peines imposées à d’autres ex-maires, dont Stéphane Harbour, d’Outremont, Robert Poirier, de Boisbriand, et Gilles Vaillancourt, de Laval.

     

    Un ex-maire menotté

     

    Si la tenue de l’audience a été retardée, c’est que M. Applebaum était à l’hôpital en matinée, a indiqué la juge. Elle a d’ailleurs insisté pour que l’accusé s’asseye pendant le prononcé de sa sentence, mais celui-ci a refusé et est demeuré debout.

     

    Menottes aux poignets, Michael Applebaum s’est adressé à la cour après que la juge eut rendu sa décision. Il a d’abord rappelé qu’il avait occupé les fonctions d’élu pendant 19 ans et s’est engagé à être un « prisonnier idéal ». « Je vais réfléchir à ce que j’ai fait dans le passé. Je vais réfléchir aussi à ce que je vais faire à l’avenir. […] Quand je vais sortir, je serai une meilleure personne », a-t-il déclaré.

     

    Michael Applebaum, 54 ans, était accusé d’avoir touché des pots-de-vin totalisant plus de 55 000 $ en échange de l’approbation d’un projet immobilier et de l’octroi d’un contrat d’entretien pour un centre sportif. Il était maire de l’arrondissement de Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce au moment des événements.

     

    Lors des observations sur la peine en février dernier, la Couronne avait réclamé une peine de deux ans d’emprisonnement ferme, assortie d’une probation de deux ans. La procureure de la Couronne, Me Nathalie Kleber, avait insisté sur la nécessité d’envoyer un message clair de dissuasion.

     

    La défense avait plutôt suggéré une peine mixte de 12 à 15 mois pouvant inclure un emprisonnement en discontinu, une période de probation et des travaux dans la communauté. Me Pierre Teasdale avait fait valoir que le risque de récidive était nul.

     

    Déçu de la sentence, Me Teasdale a fait savoir à l’issue de l’audience qu’il analyserait le jugement dans son entièreté avant de le commenter.

     

    De son côté, Me Kleber s’est montrée satisfaite que la juge ait écarté une peine à purger dans la communauté.

     

    Justice rendue

     

    « Il n’y a personne au-dessus de la loi », a commenté le maire Denis Coderre lorsque questionné sur le sujet alors que la sentence n’avait pas encore été rendue. « Montréal est intègre. On a un inspecteur général qui fait un travail extraordinaire et on va retrouver notre fierté. »

     

    « Aujourd’hui, justice a été rendue », a pour sa part souligné la chef de l’opposition, Valérie Plante. « N’oublions pas toutefois qu’il reste encore du travail à faire pour restaurer la confiance du public et assainir les moeurs politiques. C’est donc un pas dans la bonne direction, mais nous devons demeurer vigilants. »

     

    Michael Applebaum était devenu maire de Montréal après la démission de Gérald Tremblay en novembre 2012. Après son arrestation en juin 2013, il avait tenté de gagner sa vie comme agent immobilier. En trois ans, il n’a pu effectuer qu’une seule transaction, touchant une commission de 12 050 $.













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