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    Agressions sexuelles dans des communautés autochtones

    La police autochtone dans la mire de la commission d’enquête

    17 février 2017 | Jean-François Nadeau - avec Dave Noël | Justice
    La communauté autochtone de Uashat-Maliotenam est située près de Sept-Îles.
    Photo: Mixwell21 / CC La communauté autochtone de Uashat-Maliotenam est située près de Sept-Îles.

    Le chef innu Mike McKenzie, de la communauté autochtone de Uashat-Maliotenam, située près de Sept-Îles, est au coeur d’une controverse exposée par l’émission Enquête de Radio-Canada. Dans son reportage, la journaliste Anne Panasuk a montré que la police autochtone a regimbé à l’idée d’entamer une action contre le chef malgré les témoignages de plusieurs femmes.

     

    Sylvane, une victime alléguée du reportage d’Anne Panasuk, a voulu porter plainte pour pédophilie. Mais « la police amérindienne n’a pas voulu prendre ma plainte parce qu’ils disent que c’est lui le chef en ce moment », explique-t-elle. La femme de 26 ans évoque des agressions de Mike McKenzie contre elle, qui auraient débuté lorsqu’elle avait 13 ans.

    Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Le chef innu Mike McKenzie en octobre 2014
     

    Le reportage pose notamment la question des liens entre la gestion de la police autochtone et le conseil de bande. En juin 2016, le chef McKenzie a été accusé d’agression sexuelle. Il occupe toujours ses fonctions de chef. Son enquête préliminaire doit débuter cette semaine.

     

    Dans une autre affaire alléguée dans la même communauté, la police autochtone aurait perdu une trousse médico-légale préparée à la suite d’un examen à l’hôpital.

     

    Il est question par ailleurs dans le même reportage signé Anne Panasuk d’un membre de la communauté atikamekw qui aurait agressé en toute impunité plusieurs enfants pendant quatre décennies.

     

    Réactions

     

    À Québec, le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux laisse entendre qu’il est au fait depuis plusieurs jours de faits particuliers relativement à ce dossier. « Il y a des faits qui ont été portés à mon attention il y a déjà quelque temps. Notamment cette trousse médico-légale qui n’aurait pas été livrée au laboratoire de science judiciaire et de médecine légale. C’est quelque chose qui est très sérieux. Alors, j’ai immédiatement, quand j’ai appris ces faits-là, écrit au commissaire à la déontologie policière pour qu’il puisse déclencher une enquête. […] J’ai demandé ça le 7 février dernier. »

     

    Le cas échéant, selon le rapport du commissaire à la déontologie, un ou des policiers pourraient recevoir des sanctions, estime le ministre. « S’il y a matière à aller plus loin, soyez assuré qu’on est déterminé à faire tout ce qu’il faut. »

     

    Martin Coiteux pense-t-il que cette histoire ira plus loin ? « On sait qu’il y a des accusations qui ont été portées contre M. McKenzie. Maintenant, on va laisser la justice faire son travail. »

     

    Le ministre Coiteux précise tout de même ceci : « On est déterminé, nous, à accompagner les victimes, comme on l’est depuis le début dans tous les cas d’agression sexuelle, tous les cas d’actes tout à fait répréhensibles, dans les communautés autochtones notamment. »

     

    Mais pour l’instant, le ministre de la Sécurité publique compte essentiellement sur le travail de l’enquête publique sur les relations avec les autochtones qu’a lancée le gouvernement à la fin décembre pour jeter un éclairage sur les différents aspects de cette situation.

     

    « Je rappelle qu’au mois de décembre on a mis sur pied une commission d’enquête sur les relations entre les autochtones, les femmes autochtones notamment, et les services publics. Ça inclut les corps policiers autochtones. Donc, le travail de la commission d’enquête va aussi se pencher sur les corps autochtones. C’est un geste qu’on a posé qui montre à quel point on prend cette situation au sérieux. »

     

    Le ministre Geoffrey Kelley, ministre des Affaires autochtones, affirme pour sa part qu’« il faut faire attention à ne pas généraliser la situation ».

     

    La condition autochtone n’est pas la même dans chaque communauté, insiste le ministre responsable. « On sait qu’il y a des communautés qui sont en profonde difficulté et que d’autres ne le sont pas. » M. Kelly se défend de minimiser de la sorte la situation. « Je prends ça très au sérieux », a-t-il dit, tout en insistant pour faire valoir qu’il y a des réalités autochtones différentes au Québec et pas une seule, comme certains sont portés à le croire.













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