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    Procès Applebaum: l’opération sapait le moral du témoin-clé

    Hugo Tremblay a traversé un épisode dépressif après les tentatives pour piéger l’ex-élu

    17 novembre 2016 |Jeanne Corriveau | Justice
    L’ex-maire par intérim de Montréal Michael Applebaum
    Photo: Jacques Nadeau Le Devoir L’ex-maire par intérim de Montréal Michael Applebaum

    Même si les tentatives pour piéger Michael Applebaum lui répugnaient et ont miné son moral, Hugo Tremblay a continué à collaborer avec les policiers, estimant qu’il lui fallait respecter l’engagement qu’il avait pris.

     

    Au troisième jour du procès de l’ex-maire par intérim de Montréal, l’avocat de la défense, Me Pierre Teasdale, a contre-interrogé Hugo Tremblay, témoin de la Couronne et ancien directeur de cabinet de Michael Applebaum. Il a égrené les messages textes et les comptes-rendus de conversations entre Hugo Tremblay et le policier au dossier Luc Lamy entre le mois de mai 2013 et avril 2014.

     

    Me Teasdale s’est d’abord attardé aux semaines suivant les opérations des 2 et 3 mai 2013 au cours desquelles Hugo Tremblay a porté des micros sur lui pour tenter d’amener Michael Applebaum à se compromettre au sujet de son implication dans des activités de corruption lorsqu’il était maire de l’arrondissement de Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce.

     

    Épisode dépressif

     

    Hugo Tremblay a comparé ces opérations à Miami Vice. Elles lui déplaisaient profondément et il doutait de leur efficacité pour obtenir des aveux de Michael Applebaum, car, a-t-il expliqué à la cour, il connaissait bien la discrétion et la prudence de l’ancien élu quand venait le temps de discuter de tels dossiers. Mais il a malgré tout continué à collaborer avec les policiers, car, a-t-il dit, il avait pris un engagement à cet égard.

     

    « Étiez-vous devenu un agent double ? », lui a demandé Me Teasdale à un certain moment. « Non », a rétorqué le témoin qui a tout de même avoué s’être plaint auprès du policier Luc Lamy des pressions qu’il subissait des enquêteurs.

     

    Hugo Tremblay a d’ailleurs relaté avoir traversé un épisode dépressif après ces deux tentatives peu fructueuses visant à piéger Michael Applebaum. Une troisième conversation avec Michael Applebaum, par téléphone cette fois, ne permettra pas davantage de soutirer des aveux de l’ex-élu.

     

    Michael Applebaum a finalement été arrêté le 17 juin 2013 et 14 chefs d’accusation ont été portés contre lui, dont fraude contre le gouvernement, complot et abus de confiance.

     

    Un confident

     

    Hugo Tremblay assure qu’il dit vrai au sujet de l’implication de Michael Applebaum dans des actes de corruption qui auraient permis aux deux hommes d’obtenir des pots-de-vin dans les dossiers d’un projet immobilier et l’octroi d’un contrat d’entretien du Centre aquatique de Notre-Dame-de-Grâce. Il serait même prêt à se soumettre à un test du polygraphe, a-t-il déclaré.

     

    Les échanges entre Hugo Tremblay et le policier Luc Lamy ont été fréquents de mai 2013 à avril 2014. Des messages textes et des notes consignées par le policier sur leurs conversations révèlent qu’ils discutaient non seulement du dossier de Michael Applebaum, mais également de sujets très divers. Hugo Tremblay se confiait au policier au sujet des angoisses qu’il vivait, de sa vie familiale et professionnelle, de hockey, de voyages et même de cinéma.

     

    À Me Teasdale qui s’étonnait que le témoin continue de se confier au policier sur des préoccupations aussi personnelles même après l’arrestation de Michael Applebaum, Hugo Tremblay a réitéré que ces contacts fréquents et soutenus avec le policier le sécurisaient.

     

    Le contre-interrogatoire se poursuit jeudi.













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