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    Lettre

    Trop de médecine et trop de droit!

    7 juin 2016 | Michel Lebel, ancien professeur de droit public Entrelacs, le 6 juin 2016 | Justice

    Quand le juridique entre dans la mort ! La mort est non seulement médicalisée, la majorité des personnes mourant à l’hôpital de nos jours, mais elle sera désormais de plus en plus encadrée dans un cadre juridique. Mais est-ce là une bonne chose, un progrès ? J’ai de grands doutes sur le sujet, la mort n’étant plus vue comme un phénomène naturel, mais comme une « affaire » médicale et juridique. C’est un choix de société que je ne partage pas.

     

    La vie comme la mort sont des sujets, des questions tellement grandes, qu’elles ne peuvent s’encarcaner dans la médecine ou le droit. On le constate présentement dans le débat au Parlement autour du projet de loi C-14, certains voulant en agrandir la portée, d’autres la réduire, et la Cour suprême qui y va de son opinion, avec une définition de l’aide médicale plus étendue que celle prévue dans le projet (arrêt Carter) !

     

    Je pense qu’il faut revenir à l’essentiel, soit démédicaliser le plus possible la mort et réduire au minimum le rôle du droit dans celle-ci. La mort doit être vue, je le répète, comme un phénomène naturel. Mais est-ce que cette option est envisageable à large échelle dans notre société ? Oui, mais pas présentement, dans le monde tel qu’il est. Je crois cependant que la voie des soins palliatifs généralisés demeure la voie la plus humaine et naturelle à privilégier.













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