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    Aucune accusation contre Simon Dugrenier

    Le jeune homme avait été arrêté pour avoir pris des photos de deux agents en civils

    1 avril 2016 |Philippe Orfali | Justice
    Une équipe du journal «The Link», de l’Université Concordia, avait suivi le manifestant et les policiers et pu photographier l’arrestation de Simon Dugrenier.
    Photo: Brandon Johnston Une équipe du journal «The Link», de l’Université Concordia, avait suivi le manifestant et les policiers et pu photographier l’arrestation de Simon Dugrenier.

    Une surprise de taille attendait Simon Dugrenier au palais de justice, mercredi matin. Le jeune homme, accusé d’avoir intimidé des policiers pour avoir pris des photos de deux agents habillés en civils lors d’une manifestation, ne fera finalement face à aucune accusation.

     

    L’incident remonte à décembre, alors que Simon Dugrenier était venu de Sherbrooke pour manifester contre l’austérité avec des amis. La manifestation tirait à sa fin lorsqu’il a vu puis photographié deux hommes qui avaient le visage caché par un foulard, près du magasin Archambault de la rue Sainte-Catherine. La présence de ces deux personnages masqués, ce qui est formellement interdit par le règlement P-6, a intrigué le jeune homme.

     

    Les photos prises, il dit avoir entendu quelqu’un crier : « J’ai besoin de tes photos. Donne-moi ton téléphone. »

    Tout ce que j’ai fait, c’est de prendre des photos de policiers habillés en civils lors d’une manif
    Simon Dugrenier
     

    Arrêté de façon musclée, selon ses dires, le jeune homme de 18 ans a subi une commotion cérébrale, une tendinite à l’épaule gauche et une entorse au poignet gauche à la suite de celle-ci.

     

    Après de nombreuses heures passées en cellule, il avait été accusé d’intimidation envers un officier de la justice en vertu de l’article 423 du Code criminel. Et il avait aussi reçu une contravention de 640 $ en vertu du règlement municipal P-6, qui encadre la tenue des manifestations, et son téléphone avait été saisi.

     

    On l’avait sommé de comparaître le 30 mars. Mais les chefs d’accusation ont été retirés sans préavis et il ne fera finalement face à aucune accusation pour ses crimes, dit-il.

     

    « Je n’ai rien reçu comme papier officiel, mais j’ai eu une communication avec un enquêteur de la police pour me dire que c’était annulé. C’est vraiment étrange, mais je suis soulagé, parce que tout ce que j’ai fait, c’est de prendre des photos de policiers habillés en civils lors d’une manif. Je ne sais pas de quelle façon j’aurais pu intimider ces deux policiers-là. »

     

    M. Dugrenier se dit toujours bouleversé par les incidents. À la suite de son arrestation, il a porté plainte en déontologie et il a bon espoir que la lumière puisse être faite sur les événements survenus ce soir-là. « Je me demande vraiment pourquoi ils m’ont traîné comme ça, pourquoi ils m’ont laissé dans la cellule pendant aussi longtemps, si, en bout de ligne, c’est ça que ça donne. J’ai l’impression que leurs actions étaient vraiment abusives et inutilement violentes. Je vais toujours m’en souvenir. »

     

    Certains incidents laissent croire que la police travaille de plus en plus fort pour refaire son image, croit-il. « On n’a qu’à penser à la manifestation contre la brutalité policière, qui s’est déroulée de façon très calme pour la première fois depuis de nombreuses années. On dirait qu’ils soignent leur image. »

     

    Si la plupart de ses ennuis de santé sont réglés, il n’a toujours pas pu récupérer son téléphone, qui se trouverait toujours entre les mains de la police. Il a porté appel de sa contravention établie en vertu de P-6 et a bon espoir de voir celle-ci invalidée par la justice.













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