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    Office des professions

    Regagner la confiance du public

    10 octobre 2015 | Martine Letarte - Collaboratrice | Justice
    En juin dernier, le Collège des médecins, l’Ordre des infirmières et des infirmiers et l’Ordre des pharmaciens ont adopté une position commune sur la collaboration interprofessionnelle pour rehausser la qualité et la sécurité des soins.
    Photo: Jacques Nadeau Le Devoir En juin dernier, le Collège des médecins, l’Ordre des infirmières et des infirmiers et l’Ordre des pharmaciens ont adopté une position commune sur la collaboration interprofessionnelle pour rehausser la qualité et la sécurité des soins.
    Ce texte fait partie d'un cahier spécial.


     

    Pour s’assurer que chaque ordre professionnel remplit sa mission de protéger le public, l’Office des professions du Québec a adopté ce printemps une nouvelle planification stratégique 2015-2019. Entrevue avec le président, Jean Paul Dutrisac.


    Améliorer la prévention pour mieux protéger la population. Rehausser la confiance du public envers le système professionnel. Réaliser une modification du cadre législatif. Encourager une meilleure coopération entre les ordres professionnels. Ces quatre grandes priorités marquent la planification stratégique mise en oeuvre à l’Office des professions du Québec.

     

    « C’est une continuité avec les actions amorcées dans la précédente planification stratégique », affirme Jean Paul Dutrisac, de son bureau de Québec.

     

    Par exemple, l’Office des professions souhaite continuer d’amener les ordres professionnels à réaliser davantage de prévention.

     

    « C’est toujours plus facile d’agir en amont en matière de protection du public, alors nous souhaitons que les ordres adoptent une approche préventive et plusieurs d’entre eux l’ont fait déjà, affirme M. Dutrisac. Par exemple, il peut s’agir d’améliorer leur processus d’inspection professionnelle et leurs exigences en matière de formation continue. »

     

    Il y a un an et demi, l’Office des professions a d’ailleurs commencé à rencontrer les conseils d’administration des ordres professionnels pour leur donner de la rétroaction sur la façon dont ils s’acquittent de leur mission. Actuellement, 28 conseils d’administration des ordres sur 46 ont été rencontrés.

     

    « Pour chacun, on analyse leur rapport annuel, leur site Web, leur planification stratégique, les communications qu’ils ont eues avec les médias, le rapport du comité d’inspection professionnelle, les plaintes qu’on a reçues du public les concernant, puis on leur dit quels sont leurs bons coups et leurs difficultés. C’est très apprécié. Il y a un réel échange qui se fait. »

     

    Regagner la confiance du public

     

    Des professionnels ont été écorchés à la commission Charbonneau et, actuellement, il y a un déficit de confiance du public par rapport au système professionnel. L’Office des professions souhaite changer la donne.

     

    « C’est un défi, mais nous sommes convaincus d’après ce que nous analysons que les ordres font bien leur travail de protection du public, sauf peut-être quelques exceptions », affirme Jean Paul Dutrisac, notaire.

     

    L’Ordre des ingénieurs du Québec (OIQ) a été particulièrement présent dans les manchettes ces dernières années pour des infractions commises par des membres, puis il a connu des crises internes et eu quatre présidents différents en moins d’un an et demi.

     

    « Nous suivons l’OIQ de très près, assure M. Dutrisac. Il a un accompagnement particulier qui se fait avec un observateur pour la mise en place du plan de transformation pour qu’on ne se retrouve plus dans une situation difficile comme celle des dernières années. »

     

    Jean Paul Dutrisac souhaite également que l’Office et les ordres professionnels se dotent d’un plan de communication pour aider le public à mieux comprendre les actions entreprises pour le protéger.

     

    « Il y a beaucoup d’informations disponibles, sur les sites Internet par exemple, dans les rapports annuels, mais monsieur et madame Tout-le-monde ne va pas les lire, affirme-t-il. Les ordres devront trouver d’autres façons de donner de l’information à la population. »

     

    Modification du Code des professions

     

    Les lois doivent évoluer en fonction des réalités de la société et, depuis quelques années, il est question de réformer le Code des professions. Une large réflexion a été faite avec les ordres professionnels et quelques grands volets de changement ont été ciblés. D’abord, la gouvernance.« C’est important d’avoir des outils plus performants pour éviter que les pratiques inappropriées qu’on a vues se reproduisent », affirme M. Dutrisac.

     

    L’autre volet touche à la justice disciplinaire. Maintenant que le Bureau des chefs des conseils de discipline a été mis en place (voir autre texte), on souhaite revoir les autres fonctions disciplinaires au sein des ordres pour les rendre plus efficaces.

     

    Puis, voilà maintenant dix ans que les professionnels peuvent exercer en société, et l’Office souhaite améliorer les dispositions du Code des professions à cet effet. En ce moment, les ordres professionnels ont un pouvoir de contrôle et de surveillance sur leurs membres, mais pas sur ces sociétés.

     

    « Cela peut causer des problèmes, par exemple si une société oblige ses employés membres d’un ordre professionnel à poser des gestes qui ne sont pas en phase avec leur code de déontologie, explique le président de l’Office. À la commission Charbonneau, l’OIQ a demandé d’ailleurs d’obtenir un pouvoir de contrôle sur les firmes de génie-conseil. »

     

    Enfin, à la suite de deux tentatives mortes au feuilleton en raison du déclenchement d’élections, un troisième projet de loi devrait être présenté prochainement dans le but de moderniser les champs d’exercice professionnel en sciences appliquées pour les ingénieurs, les architectes et les chimistes notamment.

     

    « La pratique de ces professions évolue, alors la description des champs d’exercice doit aussi évoluer. »

     

    Coopération

     

    L’Office des professions souhaite également que les ordres professionnels réalisent des actions concrètes pour mieux coopérer entre eux et éviter les chicanes.

     

    En juin dernier, le Collège des médecins, l’Ordre des infirmières et des infirmiers et l’Ordre des pharmaciens adoptaient une position commune sur la collaboration interprofessionnelle pour rehausser la qualité et la sécurité des soins. « On souhaite voir d’autres initiatives du genre, affirme M. Dutrisac. De plus en plus, la pratique professionnelle se fait en interdisciplinarité, les professionnels travaillent en équipe. Il faut encourager une culture de collaboration. »













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