Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • Connectez-vous
    CEIC

    Marc Bibeau a demandé à Hydro des informations sur les contrats en génie

    9 septembre 2014 16h58 |La Presse canadienne | Justice
    André Caillé
    Photo: Jacques Nadeau Le Devoir André Caillé

    André Caillé, ancien grand patron d’Hydro-Québec, a indiqué à la Commission Charbonneau, mardi, que Marc Bibeau, collecteur de fonds pour le Parti libéral, a déjà demandé à obtenir des informations sur l’octroi des contrats à des firmes de génie-conseil.

    M. Caillé croyait erronément que M. Bibeau avait un poste de conseiller spécial du premier ministre — ce qu’il n’a jamais eu. Il ignorait à l’époque que M. Bibeau était responsable du financement du PLQ auprès des entrepreneurs.

    La juge France Charbonneau a voulu en connaître davantage sur la demande de M. Bibeau à Hydro-Québec. «Ça l'était, et ça le reste pour moi aussi, nébuleux, madame. Ce que j'en sais [de ce qu'il voulait savoir], c'était de l'information sur l'octroi de contrats par Hydro-Québec aux entreprises de génie-conseil. Est-ce que c'était qui va avoir quoi ou qui a eu quoi ou des tableaux?» Il n'a pu le dire.

    La demande de M. Bibeau était parvenue au bureau de Marie-Josée Nadeau, responsable des relations avec le gouvernement chez Hydro-Québec _ ce qui était la filière normale pour ce genre de questions. Le procureur de la commission, Paul Crépeau, a souligné que Mme Nadeau était aussi la conjointe de l'ancien ministre libéral Yves Séguin.

    Ni corruption, ni collusion

    De façon plus générale, M. Caillé a assuré qu'il n'a vu ni corruption ni collusion durant ses années à Hydro-Québec, soit de 1996 à 2005. «Je pense qu'il n'y a pas de collusion, je suis convaincu qu'il n'y a pas de collusion à Hydro-Québec», a-t-il dit.

    Dans le cadre de son témoignage, il a cherché à démontrer qu'Hydro-Québec s'était doté de moyens suffisants pour combattre toute velléité de collusion, parmi lesquels une grande compétence à l'interne.

    «Un donneur d'ouvrage doit toujours avoir un service d'ingénierie, soigner la compétence de ces gens-là, pour avoir et demander une évaluation du prix après l'étude préliminaire faite par ses services. La gestion des projets de construction, ça se fait à la maison, ça, on ne confie pas ça aux autres», a-t-il plaidé.

    «Nos gens [chez Hydro-Québec], ils connaissent ça bien autant que tous les autres [du privé]. Alors si quelqu'un s'amène à Hydro-Québec en soumettant un prix 30 % plus cher, là, ça ne durera pas longtemps son affaire. Penser qu'on va rouler les ingénieurs d'Hydro-Québec, il faut se lever de bonne heure en "mosus"», s'est exclamé M. Caillé.

    Auparavant, il avait expliqué que dans le cadre de l'octroi des contrats par Hydro-Québec, il exigeait d'avoir au moins trois fournisseurs, idéalement cinq et plus, afin d'éviter d'être trop lié à certaines firmes.
     

    «Je posais des questions: y a-t-il de la diversité dans l’offre? Ce qui me faisait le plus peur, c’est qu’on finisse les mains attachées avec une ou deux firmes et que ça finisse là», a résumé celui qui a été président-directeur général d’Hydro-Québec de 1996 à 2005.  

    M. Caillé a affirmé qu’avec ses choix et ses actions, Hydro-Québec a même provoqué l’émergence de nouveaux joueurs, en favorisant l’implantation de fournisseurs étrangers au Québec, afin d’y créer des emplois. Il concède que cela n’a pas fait que des heureux que les fournisseurs québécois, dont certains auraient préféré rester en nombre limité.

     

    Ainsi, il a déjà demandé qu’une firme de génie forme une coentreprise avec une autre, afin de permettre au nouveau joueur de pouvoir à son tour se qualifier l’année suivante ou celle d’après.

     

    L’ancien p.-d.g. a aussi précisé qu’Hydro-Québec faisait ses évaluations et travaux préliminaires à l’interne avant de faire affaires avec des firmes de génie externes, de façon à savoir où elle s’en va et combien le projet demandé risque de coûter.

     

    Il a noté qu’Hydro-Québec procède généralement par appel d’offres, en accordant le contrat au plus bas soumissionnaire conforme, mais il peut arriver qu’elle accorde des contrats de gré à gré pour des raisons «stratégiques» de création d’emplois ou d’implantation au Québec d’entreprises étrangères.

     

    Il a déploré le fait qu’aujourd’hui, comme il y a eu d’importants regroupements au sein des firmes de génie, il est plus difficile d’agir ainsi, puisqu’il y a moins de concurrence.

     

    La Commission Charbonneau amorce ainsi le dernier volet de ses audiences publiques portant sur l’audition de témoins des faits. Quatre témoins sont attendus pour aborder le dossier de l’octroi des contrats publics par Hydro-Québec.

     

    La commission d’enquête entendra ensuite des organismes de surveillance, qui viendront parler des limites de leur mandat.













    Envoyer
    Fermer
    Les plus populaires


    Abonnez-vous à notre infolettre. Recevez l'actualité du jour, vue par Le Devoir.