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    Commission Charbonneau

    Soirée chez Marc Bibeau: pas pour le financement du PLQ

    21 juin 2014 |Philippe Orfali | Justice
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    la commission Charbonneau

    Les principaux témoignages

    Une soirée organisée chez Marc Bibeau et ayant rassemblé 150 invités, dont Jean Charest, plusieurs de ses ministres et d’influents gens d’affaires, n’était pas une soirée de financement ou de réseautage pour des entreprises proches des libéraux. Il s’agissait simplement d’un « happening » de supporters, selon Violette Trépanier, chargée du financement du PLQ de 2001 à 2013.

     

    Tenue en 2003 chez le collecteur de fonds Marc Bibeau, « c’était une grande fête » rassemblant la « famille libérale élargie »,dont de nombreux chefs d’entreprise de génie-conseil. Mais l’objectif de la soirée n’était pas d’emplir la caisse du parti au lendemain de son arrivée au pouvoir, a soutenu l’ex-directrice du financement du PLQ devant une juge Charbonneau sceptique, vendredi.

     

    Préparée, obstinée même, Violette Trépanier a répété à maintes reprises que M. Bibeau n’organisait pas d’activités de financement ou de réseautage entre politiciens et donateurs. « Pas du tout ! », s’est-elle exclamée.

     

    M. Bibeau et elle ont fait connaissance lorsqu’elle est arrivée à la permanence du parti, en 2001. Ils ont travaillé fort à rebâtir l’image — et les finances — du PLQ, a-t-elle reconnu. Dès le début, elle fut impressionnée par le réseau de contacts de Marc Bibeau, véritable machine à amasser des dons. « C’est un proche de M. Charest qui a un immense réseau de contacts. Il connaît tout le Québec inc., toutes les grandes familles du Québec. »

     

    Plusieurs de ces dons atterrissaient dans le mystérieux « comté 127 » inscrit dans la comptabilité du PLQ, dont l’existence a été révélée dans une enquête de l’UPAC.

     

    « Le 127, c’est le compte où vont toutes les contributions financières qui arrivent au parti, légales, déclarées au DGEQ. Les contributions qui restent au parti » plutôt que d’être acheminées dans les caisses des différentes associations libérales de circonscription, explique-t-elle.

     

    « 127, ce n’est pas un compte occulte, un comté virtuel, ou un compte aux Bahamas ! Ce sont des dépenses déclarées au DGE ! », s’est-elle exclamée. Les lignes 1 à 125 de la comptabilité du PLQ servent à identifier chacune des circonscriptions, et la 126, les ventes de cartes de membre, a-t-elle dit.

     

    Si l’UPAC et la commission n’ont pu trouver trace d’une somme de 428 000 $, comptabilisée dans « cette ligne 127 » et qui aurait été amassée lors d’une seule activité de financement jamais déclarée au Directeur général des élections, c’est que l’activité n’a pas eu lieu. Il s’agissait plutôt d’une somme recueillie par M. Bibeau au cours d’une période de plusieurs mois, a-t-elle affirmé.

     

    Après Trépanier, Accurso ?

     

    Les travaux de la CEIC devaient prendre fin vendredi pour la période estivale, mais ils ont été prolongés au moins pour la journée de mercredi prochain. Mme Trépanier doit alors poursuivre son interrogatoire.

     

    Reste à savoir si la commission pourra finalement interroger le magnat de la construction Tony Accurso, qui poursuit devant les tribunaux sa lutte pour éviter de comparaître. Il a déjà été débouté à maintes reprises, le tribunaljugeant que la pertinence de son témoignage « crève les yeux ».

     

    Il pourrait apparaître à la barre à l’automne. La juge France Charbonneau cherche notamment à savoir qui sont les amis et contacts de l’influent homme d’affaires à avoir séjourné sur son luxueux yacht. Elle a demandé à l’entrepreneur de lui fournir cette liste, ce que celui-ci refuse catégoriquement de faire.













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