Un juge ontarien demande à une présumée victime d'agressions sexuelles d'enlever son voile
Toronto — Un juge de la Cour de l'Ontario a exigé qu'une présumée victime d'agression sexuelle retire son voile si elle veut témoigner contre les deux accusés.
Le juge Norris Weisman a indiqué mercredi que le niqab de la femme «masque son comportement et ne permet pas un contre-interrogatoire efficace de la part de la défense, ni l'évaluation par le juge de la crédibilité du témoin».
La femme de 37 ans, connue sous le nom «N.S.», allègue que deux hommes l'ont agressée sexuellement pendant cinq ans, à partir du moment où elle avait six ans.
La cause devant déterminer si la femme devrait être autorisée à témoigner avec le niqab a fait son chemin jusqu'à la Cour suprême du Canada, qui a rendu un arrêt partagé, mais qui a établi des critères pour que les juges puissent trancher au cas par cas.
L'affaire est maintenant de retour sur le fond en Cour de l'Ontario, pour l'enquête préliminaire, cinq ans après le début des procédures. Et le juge Weisman a tranché que la femme devait dans ce cas-ci retirer son voile pour être en mesure de témoigner.
Le magistrat a noté qu'il avait dû mettre dans la balance la liberté religieuse de la femme et le droit des accusés à un procès juste et équitable. Il a finalement dit craindre que le visage voilé de «N.S.» nuirait à l'évaluation de la crédibilité du témoin, ce qui pourrait mener à des erreurs judiciaires.







