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Magnotta de retour devant le tribunal pour l'enquête préliminaire

11 mars 2013 15h38 | La Presse canadienne | Justice
Le père de la victime, aujourd'hui, au Palais de justice de Montréal. <br />
Photo : Jacques Nadeau Le Devoir Le père de la victime, aujourd'hui, au Palais de justice de Montréal.
Le présumé tueur Luka Rocco Magnotta était de retour au Palais de justice de Montréal, lundi, pour le début de son enquête préliminaire.

Magnotta est accusé d'avoir tué et démembré un étudiant chinois, Jun Lin, en mai dernier à Montréal.

Il s'est présenté tout de blanc vêtu, portant pantalon et t-shirt. Il est demeuré presque immobile et impassible tout au long de la procédure, comme à chacune de ses présences en cour jusqu'ici.

Son avocat, Luc Leclair, a demandé que l'enquête préliminaire se déroule à huis clos, ce qui en interdirait l'accès au public et aux journalistes, alléguant que toute information qui filtrerait de la salle d'audience pourrait porter atteinte au droit de son client à subir un procès juste et équitable.

L'avocat qui représente la famille de la victime s'est opposé à cette requête, tout comme les avocats qui représentent les médias. L'un d'eux, Me Mark Bantey, a expliqué à la sortie de l'audience que l'ordonnance de non-publication qui est déjà en vigueur répond aux besoins de la défense.

«Nous prétendons qu'une ordonnance de non-publication est amplement suffisante pour protéger les droits d'un accusé à un procès équitable et il n'est pas nécessaire d'exclure le public ou les journalistes de la salle. Au contraire, il est essentiel que les journalistes et le public soient là pour examiner la procédure», a-t-il affirmé.

Me Bantey a ajouté que la demande de huis clos lui semblait excessive. «C'est inusité. Je n'ai jamais vu le public exclu d'une enquête préliminaire sauf dans un cas rendu en 1982 et c'était bien avant les décisions de la Cour suprême sur les ordonnances de non-publication dans les arrêts Dagenais et Mentuck», a-t-il précisé.

La juge Lori-Renée Weitzman, qui préside l'audience, a pris l'affaire en délibéré en promettant de se prononcer mardi matin.

L'Ontarien âgé de 30 ans est accusé du meurtre prémédité de Jun Lin, un étudiant d'origine chinoise qui fréquentait l'Université Concordia. Il aurait ensuite démembré son cadavre dans son petit appartement du quartier Côte-des-Neiges et aurait expédié certains des membres par la poste.

Des membres du corps de Jun Lin avaient été retrouvés un peu partout à travers le pays. Des paquets avaient été envoyés dans les bureaux du Parti conservateur du Canada à Ottawa, du Parti libéral du Canada et dans deux écoles de Vancouver.

Magnotta fait aussi face à des accusations d'outrage à un cadavre, de diffusion de matériel obscène ainsi que de harcèlement auprès du premier ministre du Canada, Stephen Harper, et d'autres députés de la Chambre des communes.

Lors de sa première comparution en juin dernier, Magnotta avait plaidé non coupable.
Les avocats ont déjà convenu d'allonger la durée de l'enquête préliminaire, qui pourrait s'étendre jusqu'en juin.

Plusieurs témoins, dont quelques experts, seront appelés à la barre. Il n'est pas exclu que des témoins provenant de l'extérieur de la province soient aussi appelés à comparaître.

 
 
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