Une aide psychiatrique pour la matricule 728
Aucune accusation n’a été déposée contre Mme Trudeau. Elle a toutefois dû signer un mandat de paix en vertu de l’article 810 du Code criminel : essentiellement, il s’agit d’un engagement à ne pas troubler l’ordre public et à ne pas se présenter aux locaux de la police ou de la Fraternité des policiers pendant un an.
Selon l’avocat de Mme Trudeau, Jean-Pierre Rancourt, la policière a failli faire face à des accusations. « Mais lorsqu’on a revu la preuve, on a bien vu qu’il n’y avait pas de preuves de menaces, mais plutôt une dame désespérée qui avait besoin de soins. Il y a eu des discussions pour l’acheminer vers un psychiatre pour suivre un traitement », a-t-il expliqué en fin de journée.
Des menaces
Mme Trudeau se serait présentée au local de la Fraternité des policiers lundi. Elle aurait proféré certaines menaces à un collègue avant de rentrer chez elle. C’est là que les policiers sont venus l’arrêter quelques heures plus tard. Il semble que Mme Trudeau ait alors demandé de l’aide. Elle sera soignée par un psychiatre pour les deux prochaines semaines. « Nous avons travaillé dans l’intérêt de la justice », estime son avocat.
Selon diverses informations, Stéfanie Trudeau aurait fait référence au policier américain Christopher Dorner - qui a récemment tué quatre personnes après avoir été congédié par le Los Angeles Police Department - lors de son passage au local de la Fraternité.
Suspendue
La policière du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) est suspendue avec solde depuis le 11 octobre dernier. Neuf jours plus tôt, elle avait procédé à l’arrestation de quatre personnes dans l’arrondissement du Plateau-Mont-Royal.
Les images de cette arrestation avaient soulevé un tollé, la policière insultant cavalièrement les prévenus, qualifiés de « gratteux de guitares », d’« osties de carrés rouges » ou « d’artistes mangeux de marde ». Le directeur du SPVM et le maire de Montréal avaient dénoncé les propos et le comportement de la policière.
La matricule 728 s’était aussi signalée durant la crise étudiante en poivrant allègrement des manifestants, apparemment sans raison. Le Devoir révélait le 16 février que l’enquête interne du SPVM sur les événements du 2 octobre avait été élargie pour inclure aussi les événements de la crise étudiante. Des accusations criminelles d’agression armée pourraient être déposées contre la policière pour son usage abusif du poivre de Cayenne.
Avec Brian Myles et Bahador Zabihiyan








