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L’UAC a connu des débuts laborieux

Jacques Duchesneau et son équipe étaient sans moyens en début d’enquête

14 juin 2012 | Brian Myles | Justice
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	Pendant ses 18 mois à la tête de l’Unité anticollusion, Jacques Duchesneau ne pouvait compter que sur son expérience et celle d’une dizaine d’enquêteurs à la retraite pour accomplir sa mission.</div>
Photo : Jacques Nadeau - Le Devoir
Pendant ses 18 mois à la tête de l’Unité anticollusion, Jacques Duchesneau ne pouvait compter que sur son expérience et celle d’une dizaine d’enquêteurs à la retraite pour accomplir sa mission.

Jacques Duchesneau et son équipe ont été laissés seuls à eux-mêmes pour élucider les stratagèmes de corruption et de collusion au ministère des Transports du Québec (MTQ).


C’est à force d’entêtement et de persistance que M. Duchesneau a pu obtenir de réels pouvoirs d’enquête et rédiger un rapport accablant au sujet de l’influence du crime organisé sur l’octroi des contrats au MTQ, alors que le ministère n’exigeait de lui aucune preuve écrite de ses activités.


Pendant ses 18 mois à la tête de l’Unité anticollusion (UAC), M. Duchesneau ne pouvait compter que sur son expérience et celle d’une dizaine d’enquêteurs à la retraite pour accomplir sa mission.


L’UAC n’avait pas de bureaux, ni de budget de fonctionnement. Ses enquêteurs contractuels travaillaient à partir de leur domicile et ils utilisaient leur propre voiture pour aller à la rencontre de témoins. Les retraités montraient leur vieil insigne de police pour accéder aux chantiers.


« Après trois mois d’activité, on était dans un cul-de-sac », a dit M. Duchesneau hier, lors du début de son témoignage, fort attendu, à la Commission d’enquête sur l’octroi et la gestion des contrats publics dans l’industrie de la construction (CEIC).


« Nous étions des citoyens qui allaient poser des questions. […] Nous n’avions rien. Pas de cartes d’affaires, pas de pouvoirs », a ajouté M. Duchesneau.


Le procureur adjoint de la Commission, Claude Chartrand, a l’intention de « faire l’autopsie » du rapport Duchesneau au cours des prochains jours. Dans l’immédiat, c’est à une déconstruction en règle de la genèse de l’UAC que se livre M. Duchesneau. M. Duchesneau a dirigé l’Unité anticollusion de février 2010 à octobre 2011, avant d’être remercié de ses services par le patron de l’UPAC, Robert Lafrenière, pour manque de loyauté. Durant ce court séjour, il a produit un rapport fracassant sur la corruption, la collusion et l’infiltration du crime organisé dans la construction.



« Dans un carcan »


Dès sa nomination, l’ex-directeur de la police de Montréal s’est rendu compte qu’il manquait de moyens et d’indépendance et que son mandat n’était pas clair. Toutes ses demandes pour obtenir des renseignements sur l’appareil gouvernemental devaient passer par le sous-ministre des Transports, Michel Boivin, avec de longs délais de réponse. « Finalement, je suis dans un carcan. Je n’ai pas beaucoup de moyens pour travailler et la pression est de plus en plus importante pour qu’on livre », a-t-il résumé.


Une première embellie survient en juin 2010, après que le gouvernement eut confié au personnel de l’UAC des pouvoirs d’enquête en vertu de la Loi sur les commissions d’enquête. En août, les travaux de l’UAC progressent enfin « de façon satisfaisante », écrit M. Duchesneau au sous-ministre Boivin.


Au premier contact, Jacques Duchesneau et son équipe ont éprouvé du mal à gagner la confiance de leurs « sources » dans l’industrie de la construction. Celles-ci étaient particulièrement méfiantes à l’égard de tout représentant du gouvernement et des policiers de l’escouade Marteau. Le policier d’expérience les a rassurées en leur garantissant l’anonymat et en leur expliquant que ses démarches ne visaient pas à faire avancer des enquêtes criminelles, mais bien à identifier les stratagèmes en place. « Tout le monde avait son petit secret », a-t-il dit.


Il a employé l’expression « crime organisant » pour qualifier l’empreinte du monde interlope sur les chantiers. « Peu importe les individus en place, s’il y en a un qui tombe, un autre va prendre sa place immédiatement », a-t-il dit.


Jacques Duchesneau témoigne avec l’assurance d’un homme qui parle « au nom de 500 personnes », une allusion au nombre des témoins rencontrés pour la rédaction de son rapport. Il poursuit son récit aujourd’hui.


 
 
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