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La FTQ-Construction sera égratignée

L’audition des premiers témoins commence aujourd’hui à la commission Charbonneau

8 juin 2012 | Brian Myles | Justice
La FTQ-Construction ne sortira pas indemne de la Commission d’enquête sur l’octroi et la gestion des contrats publics dans l’industrie de la construction (CEIC).

« Les travaux de la Commission viseront la FTQ-Construction et ses représentants et dirigeants, et le rapport de la Commission risque de les affecter », a prévenu hier la présidente de la CEIC, France Charbonneau.


Mme Charbonneau a accordé le statut de participant à la centrale et à sept autres organismes.


Le directeur général de la FTQ-Construction, Yves Ouellet, demeure convaincu que le syndicat sortira blanchi de l’exercice. « Je ne pense pas qu’on soit touché », a-t-il dit, allant même jusqu’à nier les allégations d’infiltration du crime organisé sur les chantiers. « Malheureusement, tout ce qui est dit est pris pour du « cash », et on ne pense pas que c’est vrai », estime M. Ouellet.


Outre la FTQ-Construction, le statut de participant a été accordé à l’Association de la construction du Québec et à l’Association des constructeurs de routes et grands travaux du Québec (deux regroupements patronaux), au Conseil provincial du Québec des métiers de la construction (un syndicat), au Procureur général, à Hydro-Québec, au Parti québécois et à la Ville de Montréal.


Québec solidaire


Six autres parties obtiennent un statut moins important d’intervenant, ce qui les privera du droit de contre-interroger les témoins. Il s’agit de l’Association professionnelle des ingénieurs du gouvernement du Québec, du Barreau, du Directeur général des élections, de l’Ordre des ingénieurs, de l’Union des municipalités et de Québec solidaire.


La formation de gauche enquête depuis des années sur le financement illicite des partis politiques. Ses révélations sur l’utilisation de prête-noms ont forcé la firme de génie-conseil Axor à plaider coupable à une quarantaine d’infractions à la loi électorale, pour des dons illégaux de 150 000 $ faits au Parti libéral, au Parti québécois et à l’Action démocratique.


« On va suivre les travaux de très près, et on a confiance que la commission Charbonneau va nous aider à assainir les moeurs politiques au Québec », a commenté hier la coporte-parole de Québec solidaire, Françoise David.


Mme David s’étonne de l’absence du Parti libéral du Québec (PLQ) à la commission Charbonneau. Les libéraux n’ont même pas daigné présenter une demande pour prendre part aux travaux. « C’est un peu difficile à comprendre, a dit Mme David. Je ne connais pas leurs stratégies, mais je sais une chose : le Parti libéral est au centre de toutes les accusations de corruption et de collusion depuis au moins trois ans. »


La juge Charbonneau a enfin écarté complètement des travaux le Syndic de l’Ordre des ingénieurs et six particuliers, dont le maire de Mascouche, Richard Marcotte, déjà accusé de fraude.


Pour l’heure, rien n’indique que les travaux porteront sur la Ville de Mascouche ou la gestion du maire, ce pourquoi la CEIC juge la demande prématurée.


L’audition des témoins commence aujourd’hui, avec la comparution de Jacques Lafrance, un retraité du Conseil du trésor.

 
 
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