Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • Connectez-vous

    Anarchopanda en cour

    À visage découvert, Julien Villeneuve attaque la validité constitutionnelle du règlement antimasque de Montréal

    6 juin 2012 |Brian Myles | Justice
    Julien Villeneuve, professeur de philosophie au collège de Maisonneuve, s’est présenté au palais de justice dans son célèbre costume d’Anarchopanda.
    Photo: La Presse canadienne (photo) Graham Hughes Julien Villeneuve, professeur de philosophie au collège de Maisonneuve, s’est présenté au palais de justice dans son célèbre costume d’Anarchopanda.
    Anarchopanda a perdu son anonymat hier pour devenir Julien Villeneuve, citoyen contestataire du règlement antimasque de la Ville de Montréal.

    Le professeur de philosophie au collège de Maisonneuve a fait durer le plaisir en se présentant au palais de justice dans son célèbre costume de panda, sous les acclamations de ses partisans et le regard admiratif des enfants.


    Refusant d’être pris en photo sans son costume, il a donné des câlins aux passants pendant que son avocat, Denis Poitras, répondait aux questions à sa place. « Si jamais on gagne en première instance, on est partis pour la gloire… jusqu’en Cour suprême », a lancé Me Poitras.


    Julien Villeneuve attaque la validité constitutionnelle du règlement municipal qui interdit les manifestations masquées, à moins d’avoir des motifs raisonnables, et qui force les protestataires à fournir leur itinéraire à la police sous peine de lourdes amendes.


    Le juge en chef de la Cour supérieure, François Rolland, entendra le 18 juin prochain une première requête en sursis de M. Villeneuve pour faire suspendre l’application du règlement, jusqu’à ce que la Cour tranche sur le fond du litige.


    Depuis l’adoption du règlement, au moins une dizaine de manifestations ont été déclarées illégales dès le départ parce que les participants ont refusé de fournir leur trajet. M. Villeneuve a été averti trois fois qu’il n’avait pas le droit de porter son costume, mais il n’a pas reçu de contravention. « On laisse complètement à la discrétion des policiers le soin d’appliquer ou non ce règlement, ce qui est complètement illégal à notre avis », a commenté Me Poitras, assisté de Samuel Bachand et d’Olivier Roy dans cette cause.


    Arbitraire


    Julien Villeneuve et ses avocats reprochent au conseil municipal d’avoir adopté un règlement pour faciliter les interventions policières auprès des manifestants, sans égard aux actes qu’ils auraient commis.


    Le règlement « ouvre la voie à l’arbitraire policier dans la répression de comportements qui, objectivement, ne comportent pas de caractère véritablement répréhensible », allègue la requête. Dans une société libre et démocratique, il est déraisonnable de présumer que les participants à une manifestation sans itinéraire ou masqués posent tous une menace pour la sécurité du public.


    Les moyens pris pour assurer la sécurité du public et prévenir des actes de vandalisme isolés dépassent largement le cadre permissible en vertu des chartes des droits et libertés. Les libertés de réunion pacifique et d’expression requièrent « une protection plus généreuse dans un contexte où l’État est un adversaire singulier de l’individu », affirme la requête.













    Envoyer
    Fermer
    Les plus populaires


    Abonnez-vous à notre infolettre. Recevez l'actualité du jour, vue par Le Devoir.