Pas d’accusation contre les policiers ayant tué Mario Hamel
Dans un communiqué laconique, le DPCP a fait savoir en fin de journée qu’il n’y avait pas matière à poursuite, sans guère donner plus de détails. La Sûreté du Québec (SQ) a mené l’enquête sur cet incident tragique survenu le 7 juin 2011 au centre-ville de Montréal. Elle avait remis son rapport en octobre dernier.
Mario Hamel, 40 ans, un itinérant avec des problèmes psychiatriques, éventrait des sacs à ordures sur la rue Sainte-Catherine avec un couteau et il menaçait les passants. Les patrouilleurs du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) l’ont pris en chasse et ils l’ont abattu dans la rue Saint-Denis, après avoir tenté de le raisonner à plusieurs reprises. Hamel aurait chargé les policiers deux fois avec son couteau. Au moins trois projectiles auraient été tirés.
Une balle perdue a tué Patrick Limoges, 36 ans, un travailleur de l’hôpital Saint-Luc qui avait eu le malheur de se trouver dans les parages, à une cinquantaine de mètres du lieu de l’intervention.
Les deux décès ont fait grand bruit, amenant une double remise en question des modes d’intervention du SPVM auprès des itinérants en crise et de l’opacité des enquêtes des policiers sur leurs pairs.
Encore à ce jour, il est impossible de savoir de source officielle combien de coups de feu ont été tirés, et dans quelles circonstances.
De nombreux groupes, dont la Ligue des droits et libertés et le Réseau d’aide aux personnes seules et itinérantes de Montréal (RAPSIM), ont demandé sans succès la tenue d’une enquête civile sur cette affaire.








