Québec donne le feu vert au déploiement des radars photo partout
Montréal rejette le modèle proposé
Photo : Jacques Nadeau - Le Devoir
«On voudrait avoir le droit d’installer nos propres photo-radars aux endroits que nous voulons, et on veut que tous les revenus de Montréal restent à Montréal», a martelé Gérald Tremblay.
Québec — Convaincu par les résultats du projet pilote, le gouvernement Charest donne le feu vert au déploiement de radars photographiques sur l'ensemble du territoire québécois.
Mais la Ville de Montréal rejette le modèle proposé par Québec pour l’installation de radars photo et exige d’en avoir le plein contrôle, craignant notamment de perdre une importante source de revenus.
Déposé aujourd'hui à l'Assemblée nationale par le ministre des Transports, Pierre Moreau, le projet de loi 57 prévoit l'installation progressive des cinémomètres dans les endroits considérés comme sujets aux accidents.
Mais la Ville de Montréal rejette le modèle proposé par Québec pour l’installation de radars photo et exige d’en avoir le plein contrôle, craignant notamment de perdre une importante source de revenus.
Déposé aujourd'hui à l'Assemblée nationale par le ministre des Transports, Pierre Moreau, le projet de loi 57 prévoit l'installation progressive des cinémomètres dans les endroits considérés comme sujets aux accidents.
La surveillance photographique sera particulièrement étendue dans les zones scolaires et les zones de chantiers.
Au printemps 2009, une quinzaine d'appareils avaient été mis en service à titre de projet pilote — dans les régions de Montréal, de la Montérégie et de Chaudière-Appalaches — afin de tester leur efficacité en matière de sécurité routière.
En deux ans, les six systèmes photographiques aux feux rouges et les neuf radars photo ont rapporté une cagnotte de 20,7 millions $ en amendes refilées aux automobilistes fautifs. Près de 150 000 billets d'infraction ont été émis.
Partage des recettes
Les municipalités ont vite saisi le potentiel de ces appareils et le gouvernement est disposé à partager les recettes. Ainsi, quatre radars mobiles seront déployés dans la ville de Québec en 2013 pour une expérience pilote d'une durée de 18 mois.
Pour mieux dorer la pilule et convaincre la population qu'il ne s'agit pas d'une «machine à sous» pour gonfler les coffres de l'État, le gouvernement libéral s'est engagé à verser l'argent au Fonds de la sécurité routière.
Les villes devront elles aussi consacrer les sommes récoltées dans des mesures visant à accroître la sécurité sur les routes.
Le ministère des Transports fait valoir que la surveillance photographique a permis, entre novembre 2009 et novembre 2010, de réduire d'au moins 40 % le nombre d'accidents avec blessés dans les secteurs visés.
Gérald Tremblay n'apprécie pas du tout
Pour sa part, le maire de Montréal, Gérald Tremblay, a fait une sortie en règle contre le projet, reprochant au gouvernement du Québec de vouloir imposer un modèle qui désavantagerait la métropole.
«Le projet de loi sur les photo-radars et les caméras aux feux rouges du gouvernement démontre une fois de plus un manque de compréhension de la réalité de la métropole du Québec», a déclaré le maire en conférence de presse. M. Tremblay est allé jusqu’à y voir une forme de paternalisme inacceptable.
«Le président de l’Union des municipalités du Québec disait: ’l’autonomie c’est important, il faut arrêter d’infantiliser le monde municipal’. La responsabilité des limites de vitesse dans les villes, c’est une responsabilité de Montréal et des villes. Nous sommes capables de collaborer avec le gouvernement du Québec, mais (nous ne voulons) pas que le gouvernement du Québec vienne se substituer et mettre en place ses mécanismes de contrôle.»
M. Tremblay en a tout à la fois contre la gouvernance, le modèle d’affaires et le modèle financier proposés par Québec, qui portent atteinte, selon lui, à l’autonomie de Montréal.
Ainsi, il n’accepte pas que ce soit le gouvernement provincial qui décide des endroits où ces appareils seront installés, que les sommes collectées soient envoyées dans un fonds collectif pour être partagées à l’échelle provinciale, et que la gestion du projet soit centralisée.
«On voudrait avoir le droit d’installer nos propres photo-radars aux endroits que nous voulons, et on veut que tous les revenus de Montréal restent à Montréal», a martelé le maire, visiblement irrité.
M. Tremblay voudrait que ces revenus soient réinvestis en sécurité routière à Montréal, ce qui permettrait de libérer des fonds pour les réorienter vers la sécurité publique.
Par ailleurs, il ne veut pas laisser Québec implanter le modèle de signalisation à chaque installation de radars photo. Il propose plutôt une approche qui obligerait les automobilistes à demeurer sur le qui-vive partout sur l’île.
«Pourquoi ne pourrait-on pas installer des grands panneaux à l’entrée de Montréal pour dire: faites attention, si vous circulez à Montréal, vous devez respecter la réglementation sinon, à ce moment-là, il y a des photo-radars. Le gouvernement ne veut pas cela. Le gouvernement parle de l’acceptabilité. Ça veut dire qu’il faut informer d’avance l’automobiliste qu’il est susceptible d’avoir une infraction. On dit d’avance à la personne: vous allez être sous radar, donc ralentissez. Le résultat, c’est que la personne est avertie», a expliqué le maire.
Par ailleurs, dans une lettre envoyée au ministre des Transports, Pierre Moreau, les propositions de Montréal démontrent clairement une volonté d’obtenir davantage de revenus que ce que prévoit le projet provincial. On y retrouve notamment des demandes pour contrôler non seulement le passage au feu rouge mais aussi la vitesse aux feux verts et jaunes de même que les vitesses moyennes sur des tronçons de route, imposer des amendes plus élevées, et utiliser des opérateurs civils moins coûteux que les policiers pour le traitement de la preuve.
Quant au modèle financier, Montréal exige que toutes pertes de revenus engendrées par le remplacement du contrôle conventionnel par le contrôle automatisé soient compensées, que les dépenses pour le déploiement et la gestion des appareils lui soient remboursées, et que les excédents dégagés par l’opération lui soient versés.
Gérald Tremblay n'apprécie pas du tout
Pour sa part, le maire de Montréal, Gérald Tremblay, a fait une sortie en règle contre le projet, reprochant au gouvernement du Québec de vouloir imposer un modèle qui désavantagerait la métropole.
«Le projet de loi sur les photo-radars et les caméras aux feux rouges du gouvernement démontre une fois de plus un manque de compréhension de la réalité de la métropole du Québec», a déclaré le maire en conférence de presse. M. Tremblay est allé jusqu’à y voir une forme de paternalisme inacceptable.
«Le président de l’Union des municipalités du Québec disait: ’l’autonomie c’est important, il faut arrêter d’infantiliser le monde municipal’. La responsabilité des limites de vitesse dans les villes, c’est une responsabilité de Montréal et des villes. Nous sommes capables de collaborer avec le gouvernement du Québec, mais (nous ne voulons) pas que le gouvernement du Québec vienne se substituer et mettre en place ses mécanismes de contrôle.»
M. Tremblay en a tout à la fois contre la gouvernance, le modèle d’affaires et le modèle financier proposés par Québec, qui portent atteinte, selon lui, à l’autonomie de Montréal.
Ainsi, il n’accepte pas que ce soit le gouvernement provincial qui décide des endroits où ces appareils seront installés, que les sommes collectées soient envoyées dans un fonds collectif pour être partagées à l’échelle provinciale, et que la gestion du projet soit centralisée.
«On voudrait avoir le droit d’installer nos propres photo-radars aux endroits que nous voulons, et on veut que tous les revenus de Montréal restent à Montréal», a martelé le maire, visiblement irrité.
M. Tremblay voudrait que ces revenus soient réinvestis en sécurité routière à Montréal, ce qui permettrait de libérer des fonds pour les réorienter vers la sécurité publique.
Par ailleurs, il ne veut pas laisser Québec implanter le modèle de signalisation à chaque installation de radars photo. Il propose plutôt une approche qui obligerait les automobilistes à demeurer sur le qui-vive partout sur l’île.
«Pourquoi ne pourrait-on pas installer des grands panneaux à l’entrée de Montréal pour dire: faites attention, si vous circulez à Montréal, vous devez respecter la réglementation sinon, à ce moment-là, il y a des photo-radars. Le gouvernement ne veut pas cela. Le gouvernement parle de l’acceptabilité. Ça veut dire qu’il faut informer d’avance l’automobiliste qu’il est susceptible d’avoir une infraction. On dit d’avance à la personne: vous allez être sous radar, donc ralentissez. Le résultat, c’est que la personne est avertie», a expliqué le maire.
Par ailleurs, dans une lettre envoyée au ministre des Transports, Pierre Moreau, les propositions de Montréal démontrent clairement une volonté d’obtenir davantage de revenus que ce que prévoit le projet provincial. On y retrouve notamment des demandes pour contrôler non seulement le passage au feu rouge mais aussi la vitesse aux feux verts et jaunes de même que les vitesses moyennes sur des tronçons de route, imposer des amendes plus élevées, et utiliser des opérateurs civils moins coûteux que les policiers pour le traitement de la preuve.
Quant au modèle financier, Montréal exige que toutes pertes de revenus engendrées par le remplacement du contrôle conventionnel par le contrôle automatisé soient compensées, que les dépenses pour le déploiement et la gestion des appareils lui soient remboursées, et que les excédents dégagés par l’opération lui soient versés.
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