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Alain Olivier en appel

Cet ex-toxicomane a été piégé en Thaïlande dans une opération antidrogue de la GRC

Brian Myles   7 février 2012  Justice
La Cour d'appel a accueilli avec étonnement et scepticisme les arguments avancés hier par les avocats d'Alain Olivier, un ex-consommateur de drogue piégé en Thaïlande dans une vaste opération de la Gendarmerie royale du Canada (GRC).

François Audet a accusé le juge de première instance, Michel Caron, de «mauvaise foi» et de complicité avec le Procureur général dans sa plaidoirie. Il a laissé entendre que le juge Caron, qui a rejeté la poursuite civile de son client, était «l'employé» de la Couronne fédérale. «Je n'ai aucune idée de ce qui se passe dans les couloirs des tribunaux», a insinué Me Audet.

Le juge François Pelletier, qui entend l'appel avec Richard Wagner et Claude Gagnon, n'en croyait pas ses oreilles. «En 40 ans de vie dans le système judiciaire, je n'ai jamais vu ça, a-t-il dit. C'est grave. J'ose espérer qu'il y a des preuves, vous attaquez le système judiciaire quand vous dites cela.»

Me Audet a fini par retirer ses allégations, mais le ton de sa plaidoirie était donné. Il reproche au juge Caron d'avoir bâclé son jugement, en ne tenant pas compte de nombreuses preuves confirmant qu'Alain Olivier a été victime de provocation policière, une tactique illégale.

En janvier 2008, le juge Caron a rejeté sans ménagement la poursuite de 47 millions intentée par Alain Olivier contre la GRC et le Procureur général du Canada. M. Olivier a été l'artisan de son propre malheur en acceptant de jouer le jeu des agents doubles de la GRC, a conclu le juge Caron. Il n'a pas cru un seul instant que la police fédérale ait pu instaurer un régime de terreur duquel Alain Olivier ne pouvait s'extirper. La Couronne fédérale appuie évidemment les conclusions de ce jugement. Alain Olivier a raté plusieurs occasions de rompre les ponts avec les agents doubles, mais il ne l'a pas fait, car il était aveuglé par l'appât du gain, a fait valoir Marie Marmet.

Alain Olivier joue l'une de ses dernières cartes en appel dans l'espoir d'obtenir réparation. En 1987, alors qu'il était âgé de 26 ans, un informateur de police l'a mis en contact avec des agents doubles de la GRC à Vancouver. Pendant deux ans, ils ont joué les durs à cuire avec lui et ils l'ont incité à se rendre en Thaïlande avec eux pour mener à bien un projet d'importation de 2,4 kilos d'héroïne. Le principal intéressé prétend qu'il craignait d'être tué s'il n'obéissait pas au doigt et à l'oeil aux faux barons de la drogue de la GRC.

Le problème? La GRC s'est trompée sur toute la ligne avec Alain Olivier. Il n'était pas le grand importateur de drogue aux contacts internationaux que les enquêteurs avaient imaginé. C'était un petit consommateur «gelé» du matin au soir de son propre aveu. La GRC a néanmoins poursuivi l'«opération déception», visant à le piéger en Thaïlande, même après avoir constaté qu'il n'était qu'un petit poisson.

L'opération s'est soldée par la mort accidentelle d'un agent de la GRC et la condamnation à mort d'Alain Olivier en Thaïlande, en 1989. Il a passé huit ans en prison, dont trois ans enchaîné, avant d'être rapatrié au Canada.

La Cour d'appel a pris la cause en délibéré.
 
 
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  • Lorraine Dubé - Abonnée
    7 février 2012 07 h 56
    Justice
    Lorsqu'on a vu le reportage à ce sujet, on ne peut que se réjouir pour Alain Olivier.

    Il y a des limites à manipuler l'information. La GRC savait l'absence de crédibilité qu'on accorderait à un drogué. Les agents n'ont eu aucun scrupule à lui faire un tort considérable. C'est nauséabond.

    Il devrait y avoir réparation.
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  • tohi1938 - Inscrit
    7 février 2012 10 h 43
    Comble d'outrecuidance!
    Autrement dit, d'après le juge Pelletier de la Cour d'Appel du Québec, on ne peut ni ne doit remettre en question l'infaillibilité d'un juge et encore moins la perfection présumée que représente le système judiciaire. Et ce en plein procès!
    Autrement dit son opinion est faite avant même d'avoir délibéré!
    Bravo!
    C'est vraiment la confirmation de cette burlesque impunité dont jouissent les juges.
    Pourtant il existe plusieurs cas d'arrestations de juges avec facultés affaiblies, et on se souviendra du juge Flahiff qui avait bien su manigancer le système du temps où il était avocat en blanchissant l'argent du crime.
    N voilà-t-il pas qui rappelle tristement le déni de la pédophilie de prêtres catholiques par leur hiérarchie jusqu'à ce que les scandales soient trop dénoncés!
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