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L'après-Shafia

Saura-t-on maintenant se donner les moyens d'éviter les crimes d'honneur?

Brian Myles   4 février 2012  Justice
Le cas de la famille Shafia dépasse, et de loin, la simple question de l’immigration.<br />
Photo : Agence Reuters Lars Hagberg
Le cas de la famille Shafia dépasse, et de loin, la simple question de l’immigration.
Les autorités ne sont pas outillées pour faire face aux crimes d'honneur. Elles devront regarder au-delà du Code criminel pour contenir cette impensable forme de violence dirigée contre les femmes qui osent enfreindre le code moral de leur culture d'origine.

Les Pays-Bas ont été confrontés à la réalité des crimes d'honneur en 1999 avec le meurtre de Kezban Veral, abattue en plein jour par un mari qui ne supportait pas le déshonneur de son divorce. La même année, un lycéen d'origine turque a blessé par balle un camarade de classe qui avait commis l'impair de fréquenter sa soeur. Il faudra deux autres assassinats révoltants, en 2003 et 2004, pour que le pays renforce le filet de sécurité autour des femmes immigrantes.

Aujourd'hui, les Pays-Bas revendiquent l'une des politiques les plus complètes en matière de lutte contre les crimes d'honneur. Une stratégie comptant trois piliers — prévention, protection et répression — a permis d'atteindre un équilibre délicat entre la protection des femmes vulnérables sans pour autant stigmatiser des communautés tout entières, nommément les musulmans, souvent associés aux crimes d'honneur. En effet, la «violence d'honneur» (le terme englobe les crimes et les mariages forcés) traverse plusieurs cultures et elle ne carbure pas nécessairement à la ferveur religieuse.

Les Pays-Bas disposent d'un service des crimes d'honneur au sein de la police, d'un Centre national sur la violence liée à l'honneur, d'un réseau d'ONG actives dans la prévention de la violence familiale, des organisations branchées sur leur milieu, quoi. Les écoliers reçoivent une formation, les femmes sont informées des ressources d'hébergement mises à leur disposition.

Selon une étude comparative de la sociologue canadienne Anna C. Korteweg (cosignée par Gökçe Yurdakul) réalisée pour le compte de l'Institut de recherche des Nations unies pour le développement social, le modèle néerlandais est nettement plus efficace et avancé que ceux du Royaume-Uni, de l'Allemagne et du Canada.

Ce modèle ne s'est pas mis en place du jour au lendemain. Il a fallu plusieurs incidents tragiques avant que ne survienne une prise de conscience nationale dans ce pays doté d'une forte tradition multiculturaliste, comme le Canada. En résumé, les Pays-Bas ont graduellement accepté d'envisager les crimes d'honneur comme une forme de violence tournée vers les femmes, sans pour autant nier que cette violence explose dans un contexte culturel particulier. Amsterdam a résisté à la tentation de réduire le débat à un «problème» d'immigration; les Néerlandais ont vu plus loin que le choc des valeurs entre l'Occident attaché à l'égalité des sexes et l'Orient empêtré dans ses traditions archaïques, ce qui n'est pas un mince exploit quand on connaît là-bas l'importance politique de la droite.

Le discours qui stigmatise a toutes les chances d'aboutir à l'adoption de politiques «anti-immigrés ou à des politiques qui les empêchent de s'établir», constate l'étude de Mme Korteweg. Ce genre de discours, que l'on entend dans la bouche du sénateur Pierre-Hugues Boisvenu (les Shafia «ne peuvent pas être réhabilités dans les valeurs canadiennes», et ils coûteront 10 millions aux contribuables en étant en prison) ou encore dans celle du ministre de la Justice fédéral, Rob Nicholson (ces meurtres sont «barbares et inacceptables au Canada»), témoignent du dégoût et de l'opprobre qu'inspirent les crimes d'honneur. La condamnation sans appel et fort légitime des crimes d'honneur n'empêchera malheureusement pas leur répétition.

Le cancre canadien

Le procès et la condamnation pour meurtre de Mohammad Shafia, de sa femme Tooba Yahya et de leur fils Hamed relèvent de la tragédie grecque. Les filles Shafia (Zainab, Sahar et Geeti) ont toutes lancé des appels à l'aide sans être véritablement prises au sérieux. La directrice de l'école Antoine-de-Saint-Exupéry, qui avait informé la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) dès 2008, a bien raison d'être «outrée et scandalisée».

La DPJ a fermé le dossier des Shafia à deux reprises après que les filles eurent minimisé ou retiré leurs propos au sujet de la crainte que leur inspiraient Mohammad et Hamed. La directrice de la protection de la jeunesse à Montréal, Michelle Dionne, a avoué cette semaine que le crime d'honneur n'était pas «sur le radar» de l'organisme. Confrontée à «un choc culturel», la DPJ n'a pas su reconnaître que les filles Shafia revenaient sur leurs déclarations parce qu'elles avaient peur, à juste titre, de souffrir des conséquences d'une dénonciation. Ce mea-culpa de la DPJ est un pas dans la bonne direction, à la condition toutefois qu'il s'accompagne d'une prise de conscience globale et d'un changement de perspective dans l'intervention auprès des familles à risque.

Dans son étude, la professeure Korteweg porte un jugement sévère sur le modèle canadien. Douze crimes d'honneur ont été recensés depuis 2002 (16 en incluant maintenant les meurtres de Zainab, Sahar, Geeti et Rona). Et pourtant, le débat social sur le crime d'honneur est anémique. Tel était du moins le contexte en 2010, lorsque Mme Korteweg a publié son étude. Elle avait passé en revue la couverture médiatique du meurtre d'Aqsa Parvez, tuée par son père et son frère parce qu'elle refusait de porter le hidjab et qu'elle désirait vivre à l'occidentale.

Les médias ont abondamment parlé de l'affaire Parvez sous l'angle de l'intégration des immigrants de confession musulmane et de la nécessité de les protéger de la violence familiale, mais la classe politique n'a pas récupéré l'affaire. Il y a ici une absence de références culturelles dans les débats sur la violence d'honneur. Elle est souvent mise dans le fourre-tout de la violence conjugale ou familiale par certains experts qui abhorrent l'expression «crime d'honneur». Elle est ramenée au féminicide, un crime contre les femmes parce qu'elles sont femmes.

Quoi qu'on en dise, violence d'honneur et violence conjugale ne sont pas des concepts interchangeables. À titre d'exemple, la violence conjugale résulte du contrôle qu'un partenaire (trop souvent l'homme) veut exercer sur l'autre. La violence d'honneur est souvent perpétrée par plusieurs membres de la famille, y compris des femmes qui se retournent contre leurs propres filles. À ce sujet, l'affaire Shafia en est le plus triste exemple. S'il y a bien un désir rageur de contrôle de l'homme sur la femme dans la violence d'honneur, celle-ci survient après que la «fautive» (à défaut d'un meilleur terme) a brisé le code moral du clan. Elle surgit en réponse à un sentiment d'humiliation et de honte perçu par un patriarche obsédé par les «qu'en-dira-t-on» de sa communauté d'appartenance.

À London, en Ontario, un centre d'aide pour les musulmans a pris acte de ces particularités et il s'est tourné vers... la culture des gangs de rue de Chicago pour trouver des solutions. Le Family Honor Project s'est inspiré du groupe CeaseFire, qui pratique la médiation sociale dans les rues de la ville des vents, afin de prévenir les rixes meurtrières entre gangs rivaux. Le dénominateur commun? Les membres de gangs et les figures patriarcales attachées à l'honneur se sentent forcés de réagir violemment de peur que leur image et leur réputation ne soient irrémédiablement salies s'ils passent l'éponge sur des manques de respect.

Le projet CeaseFire mise sur l'expertise d'ex-membres de gangs, qui sont les mieux placés pour convaincre les petits caïds que le recours à la gâchette entraînera une spirale de violence dont tous les membres de gangs rivaux sortiront perdants. Bref, ils désamorcent la bombe des ego meurtris.

Le multiculturalisme mis au pilori

L'affaire Shafia ouvre un nouveau débat sur le crime d'honneur. Cette famille d'Afghans installée au Québec n'était pas vraiment portée sur la fréquentation des mosquées. Les quatre femmes noyées au fond d'une écluse à Kingston aspiraient à une vie de liberté; sur plusieurs points elles ressemblaient aux adolescentes ou à la tante bienveillante d'à côté.

Comment éviter d'autres manchettes funestes? Sans une saine remise en question du multiculturalisme, il sera difficile de reconnaître les facteurs de risque et d'agir en conséquence. Poussées à l'extrême, les valeurs d'ouverture et de tolérance du multiculturalisme mènent vers l'abîme du relativisme culturel. Elles empêchent l'émergence d'une politique nationale qui reconnaisse, définisse ou cible spécifiquement la violence d'honneur, constatent Korteweg et Yurdakul.

Aruna Papp, auteure d'un rapport sur la violence contre les femmes issues de l'immigration, tient un discours similaire. Battue par son père, mariée de force à 17 ans, cette survivante a dénoncé l'effet étouffant du multiculturalisme sur le débat social. La mort des filles Shafia brisera-t-elle cette culture du silence complice? L'avenir de leurs «petites soeurs» en dépend.
Le cas de la famille Shafia dépasse, et de loin, la simple question de l’immigration.<br />
Douze crimes d’honneur ont été recensés depuis 2002 au Canada.<br />
 
 
 
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  • Ginette Boily - Inscrit
    4 février 2012 07 h 59
    ICI OU LÀ BAS
    Je pense qu'au Québec, si on voulait bien nettoyer nos miroirs et s'y regarder, on reconnaîtrait que les raisons de la violence faite aux femmes "ici"i, ressemblent étrangement à celles de la violence faite aux femmes "là-bas". Simplement, au Québec, les crimes d'honneurs portent d'autres noms.
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  • Karine Tremblay - Inscrit
    4 février 2012 11 h 06
    Où est l’honneur?
    Sur les 22 fois que vous utilisez le mot honneur, seulement 2 fois vous daignez le mettre entre guillemets.

    L’honneur étant une chose noble pour nous autres, comment peut-on s'opposer à ces choses qui sont qualifiées d'honorables, ou de raisonnables...?

    Il vous faudrait donner l’exemple et plutôt parler de crimes de DÉShonneur.

    Ce serait déjà un pas dans la bonne direction de ne pas tomber dans le relativisme (culturel et langagier) en qualifiant (à tort) « d’honneur » ces crimes barbares et lâches qui n’ont rien à voir avec ce que le véritable honneur signifie pour nous autres, ‘infidèles’ Occidentaux…
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  • Pierre Rousseau - Inscrit
    4 février 2012 11 h 08
    Inexcusable
    En réalité ça fait au moins une quinzaine d'années qu'il y a ce genre de crimes au Canada et il y en a eu probablement beaucoup plus que 12 mais ils n'ont pas été recensés comme tels. En Colombie-Britannique il y en a eu plusieurs dont un où la victime a été assassinée en Inde, sur une commande de son oncle et de sa mère à partir de Vancouver parce qu'ils s'opposaient à son mariage non-arrangé. Dans ce dernier cas, le meurtre remonte à plus de 10 ans et les auteurs directs du crime ont été traduits en justice en Inde mais les vrais responsables, les 2 Canadiens, n'ont jamais été inquiétés jusqu'au mois dernier quand ils ont été arrêtés le jour même où la CBC dénonçait ce crime à l'émission The Fifth Estate.

    Le cas Shafia est plus spectaculaire car il implique 4 victimes et a attiré beaucoup l'attention mais ça fait des années que ça se passe au Canada et on a encore rien fait pour traiter ces cas qui ont une dynamique particulière. Il est particulièrement préoccupant de voir des professionnels ne pas savoir que des enfants seraient intimidés par leurs parents quand ils enquêtent sur des allégations de violence de la part de ces derniers. C'est comme si en matière de violence conjugale on interrogeait la victime en présence de l'agresseur sans penser qu'elle pourrait être intimidée. C'est aussi particulièrement évident quand les victimes sont autochtones et qu'elles sont terrifiées par le processus judiciaire et qu'elles doivent témoigner en public contre leur conjoint - généralement elles se replient sur elles-mêmes et vont souvent dire qu'elles ne se souviennent de rien.

    Donc, c'est une situation qui n'est pas nouvelle au Canada et on aurait dû prévoir depuis longtemps des manières de les traiter mais on a choisi de ne rien faire, avec les conséquences que nous venons de voir.
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  • Roland Berger - Abonné
    4 février 2012 11 h 08
    Les moyens, c'est dans la tête
    « Saura-t-on maintenant se donner les moyens d'éviter les crimes d'honneur? » Se donner ces moyens suppose de se débarrasser de l'internationalisme à la Trudeau et de la culpabilité créée par le multiculturalisme et l'interculturalisme que cette idéologie a engendrés.
    Nier sa propre culture pour être gentil avec les immigrants conduit au suicide culturel et alimente l'incompétence des agents sociaux chargés de protéger les femmes et les enfants. Le Québec compte encore trop de violence faite aux femmes pour se permettre d'accueillir des mâles qui croient avoir le droit de vie ou de mort sur leurs épouses et leurs enfants.
    Roland Berger
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  • arabe - Inscrit
    4 février 2012 11 h 15
    Le refus absurde d'un certain profilage à la DPJ a causé la mort de 4 innocents
    Si la DPJ avait fait beaucoup plus de profilage religieux et de profilage culturel, ce drame ne serait pas arrivé. Tous les journalistes qui se montrent automatiquement contre tout profilage devraient, je l’espère, se sentir un peu mal à l’aise.
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  • AKD - Inscrit
    4 février 2012 11 h 26
    Poussées à l'extrême, les valeurs d'ouverture et de tolérance du multiculturalisme mènent vers l'abîme du relativisme culturel.
    Bravo! Disons les vraies choses, soyons honnêtes... Les Pays Bas sont une exemple à suivre pour la protection des femmes et filles qui sont ciblées lors de violence d'honneur. La police, les services sociaux, le milieu de santé et les refuges de femmes victimes de violence ont besoin de connaissances interculturelles dans leurs interventions.
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  • France Marcotte - Abonnée
    4 février 2012 11 h 28
    Les signes universels de la peur
    "Confrontée à «un choc culturel», la DPJ n'a pas su reconnaître que les filles Shafia revenaient sur leurs déclarations parce qu'elles avaient peur, à juste titre, de souffrir des conséquences d'une dénonciation."

    Pourtant, qu'est-ce qui ressemble le plus à une femme, quelle que soit sa culture, qui revient sur sa déclaration parce qu'elle a peur, à une autre femme qui a peur?

    Les femmes qui subissent la violence conjugale n'ont-elles pas le même réflexe?

    Dans la violence conjugale comme dans ces crimes d'honneur, ce qui complique les choses, c'est le lien d'affection qui unit la victime à son agresseur. On ne dénonce pas un proche comme on dénonce un cambrioleur ou même un violeur dans la ruelle.
    La DPJ ne sait pas cela?

    Les petites cases culturelles me semblent bien commodes et madame Boily propose un questionnement troublant qui a la caractéristique fatigante d'aller encore plus loin qu'on le voudrait au fond des choses.
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  • arabe - Inscrit
    4 février 2012 12 h 05
    @Chanttal_Mino: j'ajoute l'école à la DPJ
    Vous avez raison. Je complète donc mon commentaire précédent en affirmant:

    Le refus absurd d'un certain profilage à la DPJ ET À L'ECOLE a causé la mort de 4 innocents. Comme vous le dites, l'école semble avoir une responsabilité au moins aussi grande que celle de la DPJ. Une plus grande propension vers un sain profilage socio-culturel à l'école comme à la DPJ auraient été salvateur.
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  • France Marcotte - Abonnée
    4 février 2012 13 h 06
    Violence socialement acceptable?
    J'y pensais encore hier: la publicité sur les produits de beauté pour les femmes est extrêmement violente psychologiquement, pourtant elle est pratiquement passée dans "nos" moeurs et personne ne s'y intéresse vraiment.

    La violence silencieuse, institutionnalisée, fait aussi beaucoup de dommages. Il arrive même que les victimes ne songent même pas à se plaindre, elles ont intériorisé le message les chosifiant.

    Imaginez: vous regardez tranquillement votre téléroman préféré et on vient vous dire à toutes les dix minutes et sans que vous le demandiez que vous ne serez jamais assez belle.
    Tout ça au petit écran dans votre salon bien de chez nous.
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  • Chantal_Mino - Abonnée
    4 février 2012 13 h 29
    À arabe 11h15 et 12h05... Aucunement besoin de faire du profilage, ce serait de la discrimination injustifiable et inacceptable
    Plusieurs enfants sont détruits ou abusés psychologiquement et/ou physiquement par leurs parents ou d'autres adultes tipiquement québécois grâce au laxisme de l'école qui fait semblant de ne rien voir ou veulent éviter le plus de conflits possibles... mais personne n'en parle. Un bon nombre d'entre eux sont des décrocheurs, itinérants ou enterrés quelque part incognito.

    La DPJ doit se fier à des faits vérifiables et répétitifs. Si les employés des écoles, enseignants, directeurs et professionnels signalaient à chaque fois qu'ils sont au fait d'une situation de compromission avec persévérance après vérification et tentative de collaboration avec les parents avec des professionnels formés à cet effet, la DPJ n'aurait pas le choix d'intervenir et de protéger les enfants concernés.

    Tout le monde relègue la responsabilité à d’autres, s’en lave les mains et l’enfant finit par rester seul dans sa souffrance avec ses problèmes qui le détruits. Il faut que cette culture de laxisme cesse le plus rapidement possible.

    Je rappelle que l'école est un service de 1ère ligne avec le CLSC qui lui fournit travailleur social, infirmière et hygiéniste dentaire, tandis que la DPJ est un service de 2ème et 3ème ligne, dépendant si un hôpital est impliqué dans le dossier de l'enfant ou non.

    C'est un travail d'équipe où l'école se doit être un phare d'observation, d'écoute empathique et d’intervention pour s'assurer du bon développement de tous nos enfants québécois en toute sécurité, il n'est aucunement justifiable de faire du profilage, cela relève du racisme.
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  • Celine A. Massicotte - Abonnée
    4 février 2012 14 h 48
    Mme Marcotte, enitèrement d'accord avec vous et même...
    j'en rajoute. La plupart des produits de beauté sont plus ou moins à base de pétrole, les parfums contenus dans plusieurs d'entre eux toxiques, mais on ne mentionne pas leur contenu dans les produits de beauté, on écrit juste
    "parfum". Et on se demande pourquoi les dermatologues sont aussi débordés.

    Dernièrement j'ai vu deux documentaires sur le sujet, un américain et l'autre québécois, ou apparaissait je ne sais plus quel ex ministre conservateur, payé pour faire l'éloge de cette industrie, pagayer comme dans le bon vieux temps au sujet de la cigarette ou aujourd'hui en faveur des gaz de schiste.

    Dans le documentaire américain on apprenait que les odeurs des colorants pour les ongles ont été à la base de nombreux cancer chez les femmes travaillant dans les salons de beauté, et dans un état elles portent aujourd'hui des masques puisque cela a été prouvé. En Europe on commence à légiférer un peu, mais en Amérique, très exceptionnel et au Canada en particulier, inexistant.

    Alors violence psychologique vous avez raison. Particulièrement les pubs qui prétendent la contrer, comme celles de je ne sais plus quelle compagnie de produits de beauté qui demande aux jeunes filles de se trouver belles, c'est la solution, comme si elles n'avait aucune valeur autre, et ne fait ainsi qu'empirer les choses parce ce double discours. Mais aussi violences physiques, certaines diraient criminelles.
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  • Yves Claudé - Inscrit
    4 février 2012 15 h 25
    Délire sémantique médiatique / Dysfonctionnement de la DPJ
    Je trouve de plus en plus pénible de devoir lire et entendre, jour après jour, cette expression de «crime d’honneur» ! Les journalistes pourraient faire un effort pour éviter d’alimenter une sorte de délire sémantique, comme ce fut le cas lorsque les médias ont parasité le discours social avec l’expression lourdement piégée d’«accommodements raisonnables». Monsieur Brian Myles mentionne lui-même qu’un terme plus approprié dans l’affaire Shafia serait celui de «féminicide», pour qualifier un crime haineux qui est aussi un crime traditionnaliste ou patriarcal. Peu de gens accepteraient que l’on qualifie de «crimes d’honneur» les meurtres racistes commis par des individus qui considèrent que l’honneur de leur supposée “race” est mise à mal dans telle ou telle situation …

    En ce qui concerne la DPJ, les exercices de “patinage” médiatique que la directrice de Montréal, Madame Michelle Dionne, nous offre sur différentes tribunes, sont tout à fait décevants. Ils ne sont cependant pas étonnants pour qui connaît de l’intérieur la vaste organisation dont elle assume la direction. La DPJ fonctionne comme une sorte de loterie qui produit à la fois les meilleures et les pires interventions. Le problème est que le pire est systématiquement cautionné par tous les niveaux de la hiérarchie organisationnelle, y compris la direction, l’ombudsman et le Comité des usagers. Les dysfonctionnements de la DPJ avérés dans l’affaire Shafia n’ont été portés à l’attention du public que parce des accusations criminelles ont été portées et médiatisées dans ce cas. Pourtant, la DPJ dispose non seulement de nombreux intervenants, mais aussi de ressources importantes en terme de recherche sociale : un examen global du fonctionnement de la DPJ s’impose donc pour éviter que de telles situations se reproduisent.

    Yves Claudé - sociologue
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  • Celine A. Massicotte - Abonnée
    4 février 2012 15 h 38
    À Mme Mino...
    Cet "arabe" est un juif: on le voit apparaître chaque fois que défendre Israël et ses politique s'impose, de son point de vue.

    Là, il a trouvé une autre tribune pour répandre ses propos qui relèvent toujours d'un racisme anti arabes, mahgrébins, propos biaisés. justement, Quelle blague!, si ce n'était pitoyable.
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  • Denis Blondin - Inscrit
    5 février 2012 11 h 51
    N'aurions-nous aucun honneur?
    L'article commence en nous présentant le cas d'une femme abattue aux Pays-Bas par un mari "déshonoré" à la suite de son divorce. Or, au Québec, en 2009, il y a eu 15 femmes victimes d'homicide en contexte conjugal, et sur un total de 18,180 cas de violence conjugale ayant fait l'objet de plaintes, 82% des victimes sont des femmes. Je ne vois pas en quoi ces cas de violence seraient si différents de ceux que nous insistons à appeler des "crimes d'honneur"

    Denis Blondin - Anthropologue
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  • Yves Tison - Inscrit
    6 février 2012 00 h 57
    Un meurtre crapuleux... Point.
    La dernière émission de «Enquête» a pas mal fait le tour de la question, et on aura compris que Shafia n’appréciait pas du tout que les services sociaux viennent fouiller dans ses affaires pour éventuellement découvrir qui était vraiment la cousine invitée. En tant que businessman il a vite compris qu’il risquait de se trouver assez rapidement à faire face à des procédures de divorce «à l’occidentale» assorti d’un mandat d’expulsion... Rona était assurément sa première cible et le quadruple meurtre de Kingston lui permettait à la fois de s’offrir un divorce pas cher et de se débarrasser des petites morveuses qui défiaient son autorité: Tout ça pour le prix d’un bazou !
    Il s’est servi de la tradition et de la religion pour justifier son geste et manipuler ses complices.
    Rien d’honorable là dedans! ...
    Mohammad Shafia... Paul Laplante... tous deux crapules de même mouture!

    C’est assez amusant d’entendre des «experts» tirer des leçons de l’affaire Shafia et recommander par exemple que les nouveaux arrivants soient contraints de suivre un cours de nos bonnes manières canadiennes ... cela aurait changé quoi? ... les victimes sont mortes «accidentellement» ! Mohammad Shafia le savait que ce n’était pas très bien vu ici d’assassiner ses enfants.

    Je comprend mal l’insistance de certaines personnes qui tiennent absolument à cette définition de «meurtre d’honneur», sous prétexte qu’il est prémédité et qu’il implique plusieurs complices.
    Le «meurtre d’honneur » est un cas particulier de violence conjugale/familiale mais n’est pas une catégorie à part . En faire la distinction ne mène nulle part et ne fait que cibler inutilement une communauté originaire de l’immigration, et/ou tenter d’augmenter ou au contraire atténuer la gravité du crime.

    Yves Tison
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