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Demande de libération de Guy Turcotte - Une expertise cohérente s'il vous plaît!

Denise R. Robert - Psychologue et psychothérapeute  19 janvier 2012  Justice
J'ai peine à comprendre la perspective d'une libération, et ce, sans condition, de Guy Turcotte! C'est sans aucun doute le rôle des avocats de la défense de tout mettre en œuvre pour faire libérer leur client, j'en conviens, mais comment justifier que des professionnels de la santé mentale qui, en principe, partagent une vision semblable du comportement humain et de ses dérapages, puissent affirmer une chose du côté de la Couronne et son contraire du côté de la défense?

Comment peut-on affirmer, sans sourciller, qu'on ne dispose pas du moindre diagnostic d'une maladie mentale active concernant Guy Turcotte (ce qu'a affirmé le Dr Bourget)? Passons outre plusieurs autres affirmations sans fondement faites à ce sujet; mentionnons au moins celle suivant laquelle il ne saurait se réhabiliter s'il demeure enfermé!

Réactions au diagnostic

Déjà, le verdict de non-responsabilité criminelle concernant Guy Turcotte soulevait, quant à moi, de vives réactions, surtout concernant le diagnostic sur lequel la défense et ses experts s'étaient appuyés et sur l'impact de ce diagnostic pour la suite des choses.

Dans ma pratique de plus de 40 ans, comme psychologue-psychothérapeute, toutes les personnes rencontrées, gravement perturbées ou non, présentaient des «troubles de personnalité ou d'adaptation»; le plus souvent avec anxiété et fréquemment aussi avec humeur dépressive (éléments du diagnostic invoqués durant ce procès), face aux difficultés de la vie et, entre autres, à l'occasion d'une rupture.

D'ailleurs, où est-elle cette personne qui peut prétendre ne pas avoir de troubles reliés à sa personnalité? Qui n'a jamais connu de moments d'anxiété ou fait l'expérience d'une période d'humeur dépressive? Cet état de malaise psychique ne saurait à lui seul entraîner une personne à tuer ses enfants, son conjoint ou sa conjointe à la suite d'une séparation difficile à vivre.

Geste démentiel

Un geste aussi dramatique est le fait d'une perte de contrôle chez une personne fragile et gravement perturbée sur le plan psychologique, et cet état ne se guérit pas en quelques mois, voire en quelques années! De plus, rien, aucun test, aucun expert ne peut affirmer, hors de tout doute, qu'une personne dans un tel état ne présente plus de dangerosité, surtout après un si court laps de temps en observation et traitement.

J'ajouterais qu'à mon avis il ne s'agit pas, non plus, d'une démence temporaire (invoquée durant le procès). Un tel geste démentiel ne survient que chez une personne profondément perturbée et qui l'était avant même de poser ce geste. Enfin, si le diagnostic de personnalité narcissique (également mentionné durant le procès) contribue à innocenter l'auteur d'un crime aussi grave, il faudrait alors vider nos prisons!

Responsabilité et imputabilité

L'issue de ce procès et la perspective actuelle de libération de Guy Turcotte soulèvent également, selon moi, la question de la responsabilité de soi et de son imputabilité.

Les troubles psychiques graves peuvent sans aucun doute affecter le jugement, le contact avec la réalité et la conscience réelle d'une personne qui pose un geste meurtrier, mais il n'en demeure pas moins que cette personne, comme nous tous, est responsable de qui elle est, de ses fragilités, de son inconscience et des comportements qui résultent de ses troubles de personnalité.

Si l'emprisonnement d'une personne jugée malade mentalement n'est pas nécessairement une option, la perspective d'une libération à court terme ne rend justice ni à l'auteur d'un acte criminel ni à la société. Dans un tel cas, la réclusion en milieu psychiatrique, et ce, pour plusieurs années, serait de nature à signifier qu'une telle personne est responsable des gestes qu'elle a commis et qu'elle en est imputable, et ce, tout en lui assurant le traitement dont elle a besoin.

Une telle décision ne doit pas s'inscrire dans une perspective de vengeance non plus que de culpabilisation, mais plutôt dans une perspective de responsabilisation. C'est le rôle de l'institution de la justice de favoriser cette prise de conscience de notre responsabilité individuelle et de l'imputabilité de nos gestes et de faire en sorte, par ses jugements, que les citoyens quels qu'ils soient, sains d'esprit ou non, assument cette réalité. En cela, elle devrait être appuyée par une expertise cohérente des professionnels de la santé mentale.

***

Denise R. Robert - Psychologue et psychothérapeute
 
 
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  • Marcel Bernier - Inscrit
    19 janvier 2012 03 h 19
    Relisez votre copie...
    Nous sommes en présence de propos incohérents.
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  • Chantal_Mino - Abonnée
    19 janvier 2012 06 h 39
    La rationalisation serait-elle la source de notre problème de cette banalisation de la violence ?
    Vous dites:«Enfin,si le diagnostic de personnalité narcissique (également mentionné durant le procès) contribue à innocenter l'auteur d'un crime aussi grave,il faudrait alors vider nos prisons!»

    Je rajouterai que si notre société québécoise justifie toute méchanceté humaine,un manque de contrôle de ses pulsions négatives trop épuisant à développer chez certains,semblerait-il,par un trouble de santé mentale,passager s'il le faut,notre système de santé va être encore plus débordé,notre société deviendra davantage non sécuritaire et il faudra s'enfermer ou s'éloigner pour être en sécurité.

    De toute évidence,c'est déjà commencé,car dans les écoles publiques au Québec,ce sont ceux qui sont harcelés et intimidés qui dérangent et doivent s'isoler,quitter ou être expulsés par le directeur (à cause de leur insistance auprès des enseignants,intervenants,employés et direction de l'école pour que l'intimidation cesse et que leur développement ne soit plus compromis) de l'école. Il y a même plusieurs enfants du Québec qui se suicident pour se sauver de vivre dans un milieu aussi malsain... Notre société québécoise est carrément malade dans sa structure et banalise à outrance des gestes qui devrait être sévèrement punis a priori, tout en cherchant à conscientiser la personne qui a mal agi pour qu'elle trouve des façons de faire non destructives les prochaines fois,et au mieux,plus constructives,ce qui profitera à son estime. Malheureusement, la prévention,dès la maternelle par exemple, est une priorité oubliée de nos systèmes publics, car cela ne rapporte pas d'$$$.

    C'est à se demander si nos médias,notre gouvernement,notre société n'ont pas un sérieux bloquage psychologique provoqué par un des mécanismes de défense de l'être humain,i.e. la rationalisation... et l’appât du gain. Je crois qu'il faudrait travailler à diminuer,et si possible,éliminer celui-ci, avant tout. Une thérapie collective peu
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  • michel lebel - Inscrit
    19 janvier 2012 07 h 55
    Du jugement enfin!
    Je partage pour l'essentiel le point de vue de Mme Robert. M. Guy Turcotte doit être reclus pour plusieurs années dans une institution psychiatrique. Cela me semble évident, pour les raisons avancées par cette psychologue. Le bon jugement doit encore avoir ses droits.
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  • Pierre-R. Desrosiers - Inscrit
    19 janvier 2012 10 h 00
    Un bon avocat
    On l'a dit et répété: le procès Turcotte, c'est le triomphe d'un excellent avocat. Le prévenu en avait les moyens financiers. Eût-il été pauvre, il eut été tenu criminellement responsable.

    Tout le reste est affaire de psychiatres, lesquels, comme on sait, donnent toujours un avis «professionnel» conforme aux intérêts de la partie qui les paie.

    Desrosiers
    Val David
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  • Viktoria13 - Inscrit
    19 janvier 2012 11 h 06
    Pour faire simple
    M. Turcotte n'ira pas en prison pour ses gestes parce qu'il était gravement malade sur le plan mental au moment des faits. Depuis lors, il n'exprime pas de remord et déclare lui-même à qui veut l'entendre qu'il a une santé mentale dix sur dix, et il refuse tout traitement en psychiatrie.

    Bref, quand il s'agit d'éviter la prison, monsieur est malade comme tout, mais quand il s'agit d'être relâché, monsieur est miraculeusement guéri. Et ce, sans thérapie aucune!

    Est-ce que ça a du sens pour vous?

    P.S.: S'il veut sortir, tant pis pour lui. En prenant le pouls de la population, on se rend vite compte que le peuple l'attend de pied ferme. C'est bien beau d'éviter l'étiquette de meurtrier, ça ne change rien au verdict de la société. Son sort le rattrapera, peu importe la soi-disant "justice". J'espère juste que les autorités auront la présence d'esprit de lui refuser son passeport pour au moins cinq ans...
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  • Gorlof - Inscrit
    19 janvier 2012 11 h 42
    la vengeance...
    Comme tous les animateurs de radio,Madame Robert aimerait sans doute assister à la pendaison de Turcotte après flagellation.La radio-poubelle pense comme vous chère madame.
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  • Jean Tremble - Inscrit
    19 janvier 2012 11 h 45
    Psychiatrie -vs- psychologie
    Dans l’affaire Turcotte, la psychologue Denise R. Robert semble confondre le judiciaire d’avec le médicale.

    Le tribunal rend sa décision en fonction de la preuve qui lui est présentée.

    S’il subsiste un doute quant à la culpabilité de l’accusé, en vertu de notre droit ce dernier doit être libéré.

    À l’évidence, les témoignages des experts ont convaincu le tribunal que le docteur Turcotte était peut-être malade au moment de la commission de son crime.

    Ça ne veut pas dire qu’il était malade. Ça veut dire que peut-être, l’était-il.

    Autrement dit, le tribunal n’a pas eu l’assurance que le docteur Turcotte n’était pas malade hors de tout doute raisonnable.

    Ce faisant, le tribunal n’avait d’autres choix que d’acquitter ce père infanticide pour cause de trouble mental, et de confier ce dernier à la médecine.

    Il n’y a donc aucune contradiction entre le doute qui a motivé la décision du tribunal, et la médecine qui n’arrive pas à identifier hors de tout doute la maladie du docteur Turcotte si tant est qu’il soit malade.

    Si ce dernier a échappé à la justice en invoquant la maladie, puisqu’il y a eu passage à l’acte, à mon avis la médecine doit prendre tout le temps qu’il lui faut pour identifier le mal qui ronge l’ex-docteur Turcotte.

    Par ailleurs, contrairement à la psychiatrie, le problème avec la psychologie clinique c’est que généralement pour s’assurer un revenu, les psychologues doivent pratiquer le clientélisme, ce qui à mon avis introduit un biais dans la pratique.
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  • Jean Tremble - Inscrit
    19 janvier 2012 12 h 18
    En matière de justice, la pauvreté introduit un biais statistique

    << (…) Le procès Turcotte, c'est le triomphe d'un excellent avocat. Le prévenu en avait les moyens financiers. Eût-il été pauvre, il eut été tenu criminellement responsable. >>


    En matière de justice, au-delà de l’absence de moyens financiers, la pauvreté introduit un biais, celui de la récidive, car statistiquement parlant, il y a nettement plus de récidives chez les pauvres que dans les classes socialement avantagés.

    En schématisant, je dirais que pour ces derniers, le crime est généralement une erreur de parcours, tandis que chez les pauvres il est assez souvent un moyen de subsistance qui engendre un mode de vie.

    Ainsi, parce que statistiquement les risques de récidives sont plus élevés, voilà qui explique pourquoi les tribunaux sont plus sévères avec les déshérités de la société qu’avec la classe aisée.

    C’est-là une des raisons pourquoi j’ai une piètre opinion de la criminologie.

    C’est que cette dernière s’est détachée de la science, psychiatrie, psychologie et sociologie confondues, pour se mettre au service d’une idéologie.

    À cet effet, je crois me souvenir que le fondateur de l’école de criminologie de l’université de Montréal, Denis Szabo, disait en substance que le rôle du criminologue était d’épauler la justice et non pas de critiquer la société.
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  • Platon - Abonné
    19 janvier 2012 14 h 21
    Identité personnelle et Justice
    Chère Mme Robert, votre dérapage culmine dans votre dernier paragraphe où vous affirmez que le citoyen quel qu’il soit, sain d’esprit ou non, doit assumer sa responsabilité individuelle et qu’il appartient à cette chère institution qu’est la Justice (?) de favoriser cette prise de conscience. Or justement, tout un pan de recherches et d’écrits démontrent que nos chères institutions que sont la famille, l’école, la faculté, la Justice, etc., ne s’acquittent pas adéquatement de leur tâche de développer cette consistance capitale qu’est notre identité personnelle, notre moi, notre sens de soi-même, notre sentiment de soi-même, notre conscience de soi-même, appelez-le comme vous voulez. Il est là le problème. Or justement les troubles de M. Turcotte relèvent de ce manque crucial. Nos institutions devraient viser à former, développer, consolider, alimenter, etc., notre sentiment de soi et notre socialité. Une fois que nos institutions se seront acquittées de cette tâche fondamentale, il sera légitime de demander la réciprocité. Pour l’instant ce n’est pas le cas. Et ce n’est certainement pas notre institution judiciaire de la Justice, avec sa conception de la personne et de la justice, qui est en mesure de nous mener vers cet objectif capital.

    Jacques de Guise, avocat à la retraite
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  • Guy Massicotte - Inscrit
    19 janvier 2012 16 h 49
    violence psychologique
    Il ne s'agit pas ici d'une histoire de vol de banque où les gestes répondent à l'immédiat. Mais plutôt un drame familial où les gestes et paroles des différents acteurs présenté lors de l'audience ont amené le jury au verdict que l'on connait.
    Vos 40 ans de pratique vous ont sûrement appris qu'il est facile de faire en sorte qu'un enfant tue un parent sur le plan psychologique.
    La famille est un milieu fragile, mais quand la violence psychologique est-elle reconnue.
    Combien y a-t'il des ces parents mort-vivant sans recours ou suicidés inutilement: beaucoup trop.
    Combien de jugement sont rendus ayant pour base des paroles d'enfants non investiguées, qui ne sont que des suppositions.
    Qui n'a pas dans son entourage une incompréhensible dramatique histoire touchant une famille.
    Et qui de ceux-là, s'étonne de la violence des drames familiaux de notre société québécoise.
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  • Lise Moga - Inscrite
    19 janvier 2012 20 h 34
    La psychiâtrie est une science inexacte.
    Très rassurant leur constat. Le problème, avec ces pros de la santé mentale, est qu'ils reconnaissent la maladie mentale lorsqu'ils ne sont pas en présence de l'individu lorsqu'il commet des horreurs et qu'ils n'identifient pas la maladie lorsque l'individu est devant eux, sous le radar de leur bon savoir. Comme pour toute science inexacte, la justice ne devrait pas leur donner autant de pouvoir.

    Dernièrement, l'individu qui se promenait avec en exacto et qui a été abattu après avoir agressé un policier, sortait de l'hôpital et il était sensé pouvoir vivre sans encadrement, en société... ils ont oublié de lui dire comment et quand se servir d'un exacto.
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