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Procès - Mohammad Shafia se décrit comme un père libéral et tolérant

La Presse canadienne   9 décembre 2011  Justice
Kingston — Au cours de son témoignage à son procès pour meurtres à Kingston, Mohammad Shafia a déclaré hier qu'il était un père aimant et indulgent, même si ses enfants étaient cruels avec lui.

L'homme de 58 ans, accusé du meurtre de ses trois filles et de sa première femme, a affirmé que sa famille était d'esprit libéral, précisant que ses filles avaient le droit de faire ce qu'elles voulaient et de porter les vêtements de leur choix.

L'autoportrait que l'homme a brossé devant les jurés est bien loin de la version des témoins de la Couronne qui se sont relayé à la barre pendant six semaines. La cour a notamment entendu que les filles de Mohammad Shafia avaient peur de lui et avaient supplié les autorités de les retirer de leur maison familiale. L'homme a aussi été enregistré à son insu alors qu'il insultait ses filles, quelques jours après leur mort. Dans le même enregistrement, le résidant de Saint-Léonard affirmait qu'il «referait la même chose» même si ses filles revenaient à la vie 100 fois.

Ce qu'il voulait dire par là, c'est qu'il continuerait à leur donner de bons conseils, a-t-il déclaré hier devant le jury. Et lorsqu'il a affirmé «que Dieu les maudisse», il voulait en fait se maudire lui-même, a-t-il expliqué.

Quand le père de famille a dit espérer que «le diable défèque sur leur tombe», ce n'était pas littéralement ce qu'il voulait dire. «Pour moi, ça veut dire que le diable les visiterait dans leur tombe», a-t-il déclaré par le biais d'un interprète. «Si elles ont fait de bonnes choses, le résultat sera bon, si elles ont fait de mauvaises choses, ce sera à Dieu de décider.»

L'avocat de l'accusé, Peter Kemp, a avancé qu'il s'agissait d'une expression commune en dari, la langue maternelle de l'accusé. Mohammad Shafia est le premier témoin appelé à la barre par la défense, les témoins de la Couronne ayant tous livré leur témoignage.

Contre-interrogé par la Couronne, il a admis qu'il croyait que le comportement des filles jetait le déshonneur sur famille. Mais le quinquagénaire a nié que juste avant leur mort, elles voulaient toutes fuir le milieu familial. «Non... elles étaient heureuses», a-t-il affirmé.

Il a toutefois reconnu avoir eu connaissance d'une tentative de suicide de sa fille Sahar, mais a ajouté qu'il ne pouvait pas se souvenir s'il était à la maison ou en voyage d'affaires à l'étranger à l'époque, parce qu'«il ne s'agissait pas d'un événement extraordinaire».

Le 30 juin 2009, les corps de Zainab, 19 ans, de Sahar, 17 ans, et de Geeti, 13 ans, ainsi que le corps de la première femme de leur père, Rona Amir Mohammad, 52 ans, ont été découverts dans une voiture submergée dans une écluse du canal Rideau à Kingston.

La Couronne soutient que le père des adolescentes, l'homme d'affaires d'origine afghane Mohammad Shafia, leur mère, Tooba Yahya, 41 ans, et leur frère Hamed, 20 ans, ont tué les quatre victimes alors que la famille rentrait d'un voyage à Niagara Falls, parce qu'elles déshonoraient la famille. Les trois accusés ont plaidé non coupable aux quatre chefs d'accusation de meurtre prémédité, plaidant qu'il s'agissait d'un tragique accident.

Mohammad Shafia a pleuré à la barre en racontant avoir trouvé une photographie de sa fille portant une jupe courte et étreignant son petit ami. Il a affirmé que ses filles l'avaient «trahi» en entretenant des relations amoureuses, affirmant à répétition et avec agressivité qu'il ne s'attendait pas à un tel comportement de leur part.

Quand le père de famille a commencé à pleurer, sa femme Tooba Yahya a aussi versé quelques larmes. «Mes enfants ont commis beaucoup de cruauté à mon endroit», a fait valoir Mohammad Shafia. Il a aussi nié avoir fait subir des violences à ses enfants.
 
 
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  • André Michaud - Inscrit
    9 décembre 2011 10 h 00
    un monstre
    Pour tuer sa famille de sang-froid et n'avoir aucun remord, cet homme est un monstre. Hélas non seulement il n'aura pas la peine de mort qu'il mérite, mais il peut s'en tirer !!!
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  • Leproff - Inscrit
    9 décembre 2011 13 h 51
    Un diable!
    Un monstre! Vous êtes bien généreux. Je dirais sans aucune hésitation: un diable. Comment peut-on aller jusqu'à vouloir la mort de ses filles parce qu'elles ne sont pas du même avis que vous. Et je sais ce que je dis puisque je suis père de 2 filles, toutes deuxx féministes avant le temps, qui sont adultes maintenant, mais qui nous ont fait suer, quand elles étaient ados. Et nous ne sommes pas les seules parents qui ont vécu des conflits avec leurs enfants.

    Shafia est un être abject, complètement déconnecté de la réalité, et j'espère que els avocats n'invoqueront pas «la folie passagère», où je ne sais quoi, pour innocenter cet individu.
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