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Procès Shafia: Mohammad Shafia se décrit comme un père libéral et tolérant

La Presse canadienne   9 décembre 2011 06h39  Justice
Mohammad Shafia, qui est accusé du meurtre de ses trois filles et de sa première femme, a affirmé que sa famille était d’esprit libéral, précisant que ses filles avaient le droit de faire ce qu’elles voulaient et de porter les vêtements de leur choix.
Photo : La Presse canadienne (photo) Lars Hagberg
Mohammad Shafia, qui est accusé du meurtre de ses trois filles et de sa première femme, a affirmé que sa famille était d’esprit libéral, précisant que ses filles avaient le droit de faire ce qu’elles voulaient et de porter les vêtements de leur choix.
Kingston, Ontario — Au cours de son témoignage à son procès pour meurtres à Kingston, Mohammad Shafia a déclaré aujourd'hui qu’il était un père aimant et indulgent, même si ses enfants étaient cruels avec lui.

L’homme de 58 ans, accusé du meurtre de ses trois filles et de sa première femme, a affirmé que sa famille était d’esprit libéral, précisant que ses filles avaient le droit de faire ce qu’elles voulaient et de porter les vêtements de leur choix.

L’autoportrait que l’homme a brossé devant les jurés est bien loin de la version des témoins de la Couronne qui sont relayés à la barre pendant six semaines.

La cour a notamment entendu que les filles de Mohammad Shafia avaient peur de lui et avaient supplié les autorités de les retirer de la maison familiale. L’homme a aussi été enregistré à son insu alors qu’il insultait ses filles, quelques jours après leur mort. Dans le même enregistrement, le résidant de Saint-Léonard affirmait qu’il «referait la même chose» même si ses filles revenaient à la vie 100 fois.

Ce qu’il voulait dire par là, c’est qu’il continuerait à leur donner de bons conseils, a-t-il déclaré aujourd'hui devant le jury. Et lorsqu’il a affirmé «que Dieu les maudisse», il voulait en fait se maudire lui-même, a-t-il expliqué.

Quand le père de famille a dit espérer que «le diable défèque sur leur tombe», ce n’était pas littéralement ce qu’il voulait dire.

«Pour moi, ça veut dire que le diable les visiterait dans leur tombe», a-t-il déclaré par le biais d’un interprète. «Si elles ont fait de bonnes choses, le résultat sera bon, si elles ont fait de mauvaises choses, ce sera à Dieu de décider.»

L’avocat de l’accusé, Peter Kemp, a avancé qu’il s’agissait d’une expression commune en dari, la langue maternelle de Mohammad Shafia.

«L’avez-vous souvent entendue?» a demandé l’avocat. «Oui», a répondu son client, «je l’ai entendue au tribunal».

Premier témoin de la défense

Mohammad Shafia est le premier témoin appelé à la barre par la défense, les témoins de la Couronne ayant tous livré leur témoignage. Le 30 juin 2009, les corps de Zainab, 19 ans, de Sahar, 17 ans, et de Geeti, 13 ans, ainsi que le corps de la première femme de leur père, Rona Amir Mohammad, 52 ans, ont été découverts dans une voiture submergée dans une écluse du canal Rideau à Kingston, en Ontario.

La Couronne soutient que le père des adolescentes, l’homme d’affaires d’origine afghane Mohammad Shafia, leur mère, Tooba Yahya, 41 ans, et leur frère Hamed, 20 ans, ont tué les quatre victimes alors que la famille rentrait d’un voyage à Niagara Falls, parce qu’elles déshonoraient la famille.

Les trois accusés ont plaidé non coupable aux quatre chefs d’accusation de meurtre prémédité, plaidant qu’il s’agissait d’un tragique accident.

Mohammad Shafia a pleuré à la barre en racontant avoir trouvé une photographie de sa fille portant une jupe courte et étreignant son petit ami. Il a affirmé que ses filles l’avaient «trahi» en entretenant des relations amoureuses, affirmant à répétition et avec agressivité qu’il ne s’attendait pas à un tel comportement de leur part.

Quand le père de famille a commencé à pleurer, sa femme Tooba Yahya a aussi versé quelques larmes. «Mes enfants ont commis beaucoup de cruauté à mon endroit», a fait valoir Mohammad Shafia.

Des larmes continuaient à couler sur ses joues lorsqu’il a raconté avoir pardonné sa fille Zainab pour son mariage avec un jeune Pakistanais. «Je lui ai donné 100 $ et je l’ai embrassé sur le front», a-t-il dit.

Si cela se reproduisait, «je lui dirais mon opinion et je lui dirais que c’est une mauvaise idée. Si ma fille insiste, c’est à elle de décider. C’est sa vie. Ce n’est pas ma vie.»
La cour avait auparavant entendu que les filles de la famille subissaient des pressions pour porter le hijab et qu’elles changeaient souvent de vêtements une fois arrivées à l’école.

Mohammad Shafia a aussi nié avoir fait subir des violences à ses enfants, affirmant qu’il avait seulement asséné une très légère gifle à deux de ses filles un soir où elles étaient rentrées trop tard.
 
 
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  • André Michaud - Inscrit
    8 décembre 2011 19 h 27
    S'en tirera t'il?
    Qui peut croire cet homme?

    Cependant comme bien d'autres coupables il pourrait s'en tirer en jouant avec les procédures...

    Pensons à Villanueva arrêté avec une arme et le fruit d'un vol dans son auto, mais libéré, le juge jugeant que la police n'aurait pas du fouiller l'auto, alors que ce jeune est un criminel notoire !! Et même pas besoin d'acheter le juge!!

    Le métier de policier doit être désespérant parfois..
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  • Yves Tison - Inscrit
    9 décembre 2011 22 h 01
    Inquiétant !
    Ce qui est inquiétant c’est que personne ne semble avoir présenté une explication plausible sur la manière dont le père et le fils s’y sont pris.... (et c’est pourtant assez simple après tout !)
    Cela pourrait laisser toute la latitude à la thèse de l’accident quand viendra le temps pour le jury de décider.

    C'est à suivre !
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