Affaire Guy Turcotte - La sentence que je porterai toujours
Beaucoup a été dit et écrit. J'ai suivi du mieux que j'ai pu. Et ce, dans mes qualités (j'ajoute moi-même un sic) d'avoir été, en 1989, auteur de mort humaine par violence. J'ai, à fort juste titre, justesse et justice, expérimenté prison, pénitenciers, institut psychiatrique, maisons de transition, traitements psychologiques et psychiatriques, réinsertion sociale et réhabilitation pour finalement en arriver à m'impliquer activement dans une démarche dite de «justice réparatrice», conscient à la fois qu'AUCUN geste à caractère réparateur, de quelque nature que ce soit, n'a su, ne sait et ne saura ramener «ma» victime à la vie. Ma propre mort, à elle-même, aurait les mêmes effets, totalement négatifs. Et ce, pour l'éternité. Il semble que l'éternité... c'est long.
Il m'est objectivement impossible de me prononcer sur l'à-propos du jugement rendu par onze de nos pairs. Un fait, par contre, m'est assuré: Guy Turcotte doit être et se doit d'être puni. À quelle hauteur? Je n'ai pas les compétences requises pour l'évaluer. Il s'y trouve une ou des questions de relativité.
À chacun son histoire
Je puis confirmer que mes expériences carcérales ont, entre autres bienfaits souhaités, directs et indirects, contribué à mes conscientisations des extrêmes gravités de mon geste, qualifié et reconnu comme étant un «homicide involontaire».
Vous comme moi, nous portons toutes et tous une unique histoire de vie. Nos placards contiennent, je le soupçonne, des squelettes aux couleurs et aux saveurs qui sont possiblement de mauvais goût.
Au moment de mon crime, mon placard était bel et bien «plein» et c'est là une de mes responsabilités. Celle de ne pas avoir fait le ménage. Dans un volume publié en 2001, j'écris — attention... vous aurez rendez-vous avec l'horreur — oui, j'y écris: «J'ai tué Lorraine par orgueil, par lâcheté et par vengeance.» Oui, et porteur aussi d'un passé de vie aux contenus non régularisés.
La mort de «l'autre» est explicable. La mort de «l'autre» a été, est et demeurera pour l'éternité un drame injustifiable. Drame devant lequel je me sens, pour les parties émotionnelles et rationnelles de ma personne, totalement impuissant. Quant à la partie spirituelle, jusqu'à ce jour — demain, je verrai — j'y ai trouvé, avec énormément d'aide, des voies de pacification, tout en étant conscient à la fois que des gens ont souffert, souffrent encore possiblement et souffriront jusqu'au jour où une paix leur sera possible.
C'est une de mes sentences, celle-ci non donnée par le tribunal à l'époque, que d'être conscient de ces souffrances directes et indirectes.... et j'en souffre.
Mes respects.
***
Gaston Bourdages, simple citoyen, Saint-Valérien de Rimouski
Il m'est objectivement impossible de me prononcer sur l'à-propos du jugement rendu par onze de nos pairs. Un fait, par contre, m'est assuré: Guy Turcotte doit être et se doit d'être puni. À quelle hauteur? Je n'ai pas les compétences requises pour l'évaluer. Il s'y trouve une ou des questions de relativité.
À chacun son histoire
Je puis confirmer que mes expériences carcérales ont, entre autres bienfaits souhaités, directs et indirects, contribué à mes conscientisations des extrêmes gravités de mon geste, qualifié et reconnu comme étant un «homicide involontaire».
Vous comme moi, nous portons toutes et tous une unique histoire de vie. Nos placards contiennent, je le soupçonne, des squelettes aux couleurs et aux saveurs qui sont possiblement de mauvais goût.
Au moment de mon crime, mon placard était bel et bien «plein» et c'est là une de mes responsabilités. Celle de ne pas avoir fait le ménage. Dans un volume publié en 2001, j'écris — attention... vous aurez rendez-vous avec l'horreur — oui, j'y écris: «J'ai tué Lorraine par orgueil, par lâcheté et par vengeance.» Oui, et porteur aussi d'un passé de vie aux contenus non régularisés.
La mort de «l'autre» est explicable. La mort de «l'autre» a été, est et demeurera pour l'éternité un drame injustifiable. Drame devant lequel je me sens, pour les parties émotionnelles et rationnelles de ma personne, totalement impuissant. Quant à la partie spirituelle, jusqu'à ce jour — demain, je verrai — j'y ai trouvé, avec énormément d'aide, des voies de pacification, tout en étant conscient à la fois que des gens ont souffert, souffrent encore possiblement et souffriront jusqu'au jour où une paix leur sera possible.
C'est une de mes sentences, celle-ci non donnée par le tribunal à l'époque, que d'être conscient de ces souffrances directes et indirectes.... et j'en souffre.
Mes respects.
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Gaston Bourdages, simple citoyen, Saint-Valérien de Rimouski
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