lundi 28 mai 2012 Dernière mise à jour 01h13
fermer

Connexion au Devoir.com

Mot de passe oublié?


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

Lettres - L'affaire Guy Turcotte: l'aporie du système

Luc Lepage, enseignant au secondaire - Montréal, le 6 juillet  11 juillet 2011  Justice
Il n'est pas sage de réagir à chaud devant le verdict rendu à l'issue du procès de Guy Turcotte. Mais on ne peut négliger l'indignation qu'il soulève. Il semble bien que l'habileté de l'avocat Pierre Poupart a fini par convaincre les jurés de rejeter la thèse de la poursuite. La réaction du public à la suite de ce verdict montre au moins une aporie dans notre système de justice: l'incompréhension du public à l'égard de notre système judiciaire. On a besoin d'une plus grande transparence. On dit qu'il faut non seulement la justice, mais aussi l'apparence de justice. Alors, je me demande pourquoi l'État ne réserve pas des canaux de télévision aux tribunaux. Le procès n'est-il pas public? Alors, pourquoi en limiter l'accès aux seules personnes présentes au tribunal? Qui aurait voulu suivre le procès tout au long aurait pu le faire et mieux comprendre les mécanismes qui gouvernent son déroulement. Et peut-être alors l'indignation aurait été moins grande. Ou différente.

Je suis pantois devant la conclusion du jury. J'ai beau lire les commentaires avisés de beaucoup de chroniqueurs, je demeure très choqué et perplexe devant un tel verdict. Certains pensent qu'on devrait tourner la page maintenant. Même la mère des enfants ne veut plus en parler. Alors, plus personne ne peut en parler? L'autre vide qui me semble important de constater est la question de l'équilibre entre la règle et les circonstances dans ce genre d'affaire. La règle est accablante, les circonstances sont atténuantes. Ici, les circonstances ont eu gain de cause dans la balance. Cela m'amène à poser la question de la place de la responsabilité dans notre société. Depuis l'envahissement des «psys», il semble que la responsabilité est de plus en plus réduite à une portion congrue aujourd'hui. Les psys sont devenus les spécialistes des circonstances atténuantes, seuls les moralistes, ou les théologiens, et il en reste très peu, ont le fardeau de la règle accablante. On connaît la nouvelle morale du précepte «ne pas juger», dont on abuse, à mon sens, allègrement. Pourtant, que fait-on d'autre dans un procès? Une sensibilisation au système judiciaire et aux rapports entre celui-ci et le monde médical est aujourd'hui plus que nécessaire. Où commence la liberté et la responsabilité qui vient avec elle et où commence la maladie et l'inconscience?

***

Luc Lepage, enseignant au secondaire - Montréal, le 6 juillet
 
 
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
 
 












CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires  Chargement ...
  • François Dugal - Abonné
    11 juillet 2011 08 h 19
    La justice
    La justice appartient aux riches.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • propusto - Inscrit
    11 juillet 2011 09 h 02
    Il faut en parler.
    Je suis d'accord qu'il faut continuer à en parler. Je peux comprendre que la mère des enfants assassinés ne veuille plus en parler: c'est déjà assez pénible pour elle. Mais pour le reste de la société, d'autres cas semblables surviendront. Et Guy Turcotte retrouvera la liberté éventuellement. Dans les circonstances, peut-on se demander si cet individu représentera un danger pour la société lorsque son «fragile» psychisme sera soumis à d'autres situations éprouvantes?

    Encore plus que le procès lui-même, ce sont les délibérations du jury qui auraient dû être télédiffusées afin de voir comment on a pu en arriver à un tel verdict. Il faut en parler car il doit y avoir un débat de société sur la notion d'irresponsabilité pour cause de troubles mentaux.

    Il faut en parler car, tenant compte du problème souligné par «François Dugal», il doit y avoir un débat de société sur l'écart de justice entre riches et pauvres.

    Michel Gagnon
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Le prince du Nord - Inscrit
    11 juillet 2011 09 h 42
    La justice
    Il est réconfortant de savoir que la justice n'appartienne pas au peuple. Avec sa haine, son ressentiment, son envie, sa jalousie, sa médiocrité, son pauvre jugement et surtout sa difficulté à se regarder, on risquerait de revenir au temps du gibet et de l'exécution publique...
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • GERARD LAMONTAGNE - Inscrit
    11 juillet 2011 10 h 01
    Une occasion de comprendre
    Beaucoup de ceux qui vivent des séparations et qui commetent de tels gestes se suicident. Impossible de comprendre ce qui se passait dans leur cerveau au moment du drame.
    Le suicide, est à mon sens, causé par une grande détresse.
    Dans le cas de Turcotte nous avons eu la possibilité de voir ce qui se passait sans son cerveau.
    Qu'est-ce qui fait que la détresse chez certains gens qui se séparent n'a pas les mêmes effets que chez d'autres?
    Est-ce une question de circonstances,est-ce une question génétique, est-ce une question de tolérance au stress, est-ce une question de se raisoner dans la détresse?

    Quelles questions le couple devrait-il se poser quand s'enclenche la séparation? Quelles peuvent en être les conséquences sur la personalité de chacun?

    Dans quelle situation précaire un des deux conjoints est-il placé quand il y a séparation?

    Un des conjoints a-t-il préparé sa sortie en cachette?

    La séparation est trop prise à la légère de nos jours et un conjoint a la surprise d'apprendre de l'autre que c'est fini. Il y a des cours de préparation au mariage, pourquoi n'y aurait-il pas des cours de préparation au divorce?
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • I. Belanger - Inscrit
    11 juillet 2011 10 h 20
    La justice
    Il est inquiétant de savoir que la justice appartient aux avocats et aux psychiatres. Avec leur besoin de célébrité, d'argent, de manipulation et surtout avec leur nette propension à défendre l'indéfendable, on se retrouve à un temps où les meurtriers, violeurs, arnaqueurs, etc. rôdent en toute impunité, où ils sont même considérés comme des victimes.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Etienne Goyer - Inscrit
    11 juillet 2011 10 h 58
    La rengaine
    Merci M. Lepage pour ce commentaire bien posé, bien réfléchi. Ce verdict me choque pour les mêmes raisons. Je n'ai que faire du sort de Turcotte; ce qui me révolte, c'est l'éffritement de la responsabilité individuelle que ce procès exemplifie.

    Malheureusement, il semblerait qu'on ne puisse pas en discuter. Les gens qui défendent ce verdict (et ils sont beaucoup plus nombreux et opiniatre que je ne l'aurais cru) nous sortent les trois même rengaines pour éviter de discuter de la valeur du verdict lui-même:

    - Toute critique du verdict est motivé par la haine et l'esprit de vengeance. On ne peux pas rationnellement le remettre en question. Le faire ouvre la porte la porte au lynchage et autre abus (voir le commentaire de "Le prince du nord" un peu plus haut pour un bon exemple).

    - "On ne peux pas juger, on était pas là". Corrélataire: on ne peux pas avoir d'opinion sur un événement auquel on n'as pas assisté physiquement.

    - Si on ne comprend pas le jugement, c'est qu'on est pas juriste. Ce qui est tout à fait juste, mais qui expose un autre problème, bien plus fondamental: les mécanismes de la justice sont opaques pour le commun des mortels.

    Bref, on tourne autour du pot. Un fait demeure: l'assassin de deux enfants est déresponsabilisé de son crime pour ... pourquoi déjà?
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Guy Massicotte - Inscrit
    11 juillet 2011 11 h 42
    Drame familial
    L'ex-conjointe de M. Turcotte a prouvé que le verdict du jury est juste : elle n'est pas du tout effrayée à l'idée que celui-ci revienne dans notre société. Elle n'a pas peur. Cela nous prouve qu'il n'a pas agi par vengeance et que ce n'est pas un tueur.

    Merci au jury, et merci à ceux qui leur ont démontré que l'accusé était dans un autre état, qu'il n'était pas lui-même.
    Mais combien d'autre citoyens peuvent se payer tout ce que l'accusé a dû déboursé pour sa défence. Et qu'est-ce qui fait qu'il n'était pas lui-même.
    C'est bien là le drame des drames familiaux.
    La violence physique peut mener à des gestes irréparables.
    La violence psychologique peut mener à la violence physique.

    Comment peut-on, à faible coût, dénoncer ces gestes paroles et faits qui peuvent mener à l'irréparable. Et ces gestes paroles et faits sont-ils réprimés.
    Notre société a-t-elle les mécanismes pour réprimer la violence psychologique dans un contexte de drame familial.

    Il y a des paroles et des gestes qui n'ont pas leur place quand des enfants sont présents. Y-a-t'il des règles qui encadrent ces comportements qui peuvent mener à la violence physique, qui de toutes façon sabotent inutilement des enfances.

    Y-a-t'il vraiment un droit de la famille.
    Y-a-t'il des Juges spécialement formés pour la famille.
    Y-a-t'il un contexte particulier pour que les enfants puissent s'y exprimer et être bien décodés.

    Pourquoi beaucoup d'avocats refusent de faire du ''droit familial'' parce qu'ils trouvent que c'est n'importe quoi.

    Le droit du travail serait-il mieux encadré et structuré.
    La famille est la base de notre société.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • I. Belanger - Inscrit
    11 juillet 2011 12 h 09
    Argument surprenant
    @ Étienne Goyer

    "L'ex-conjointe de M. Turcotte a prouvé que le verdict du jury est juste : elle n'est pas du tout effrayée à l'idée que celui-ci revienne dans notre société. Elle n'a pas peur."

    Voilà un argument plus que surprenant ! Je vous ferais remarquer que Madame Gaston n'était pas du tout effrayée à l'idée de laisser ses enfants sous la garde de Guy Turcotte le jour où il les a assassinés.

    Je vous invite à visionner l'émission de "On prend toujours un train" qui lui a été consacrée. Cela vous amènera sûrement à avoir une petite gêne lorsque l'idée d'utiliser ses propos pour défendre Guy Turcotte vous viendra de nouveau à l'esprit.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Roland Berger - Abonné
    11 juillet 2011 14 h 03
    Échec de l'école
    L'école échoue à enseigner aux enfants et adolescents ce qu'est une société de droit, y compris en leur faisant comprendre que la justice actuelle n'est pas équitable, qu'elle sert mieux les riches et les vedettes que les gens ordinaires. Si cet enseignement avait été fait, sans doute il y aurait-il moins de citoyens qui répondent au verdict par un total mépris de la justice. Certes, elle en mérite une bonne part. Mais de là à retourner au temps du Far-West...
    Roland Berger
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • I. Belanger - Inscrit
    11 juillet 2011 14 h 15
    Toute mes excuses
    La citation de mon dernier message était de Guy Massicotte et non d'Étienne Goyer.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Louis-Georges,Lavoie - Abonné
    11 juillet 2011 15 h 46
    L'affaire Turcotte-Gaston
    Les gens ne voient pas la prémisse:"Causa causam" soit "La cause qui a causée"
    Louis-georges Lavoie
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Le prince du Nord - Inscrit
    11 juillet 2011 15 h 48
    La subtilité
    @Etienne Goyer
    Manipuler une opinion et lui donner une autre direction est aussi un acte violent! L'honnêteté intellectuelle est une chose qui ne s'apprend pas à l'école... L'intolérance a tué beaucoup plus de personnes que les deux guerres mondiales!
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
Cet article vous intéresse?
12 réactions
2 votes Voter
 
  • a Taille du texte -- ++
  • Imprimer
  • Envoyer
  • Partager
  • Droits de reproduction
  • Voter
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

m'inscrire
 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

En savoir plus
Stratégie Web et référencement par Adviso
Design Web par Egzakt
© Le Devoir 2002-2012