Lettres - Une violence qui échappe à tout
Je fais partie des Québécois qui ont été surpris par le verdict au procès de Guy Turcotte, mais je ne crois pas que la décision des jurés soit le reflet d'un échec du système judiciaire. Le procès a respecté les règles en la matière et le jury a basé sa décision sur ce qu'il avait entendu. L'enjeu réside plutôt dans une sphère profonde de la psyché humaine.
Le verdict étant que seule une démence temporaire peut expliquer le geste de Guy Turcotte, on comprend qu'il est impossible à leurs yeux qu'un homme dit normal puisse planifier la mort de ses enfants. Admettre qu'un homme sain d'esprit, dont la vocation est de soigner par surcroît, souhaite la disparition de ceux qu'il a vus naître, qu'une telle violence fasse partie de la nature humaine est inadmissible dans une province qui tolère si mal la moindre confrontation.
Le risque de commettre un meurtre n'est pas un symptôme qui définit un trouble d'adaptation avec anxiété et humeur dépressive, comme en souffrait l'accusé au moment du drame et comme en souffrent des milliers de Québécois. Guy Turcotte avait été trahi par sa femme et l'un de ses amis et voyait son univers s'écrouler. Dans ces circonstances extrêmes, penser au suicide, souhaiter la mort de ceux qui nous font souffrir ou penser à tuer quelqu'un n'a rien de très étonnant. Passer à l'acte demeure inadmissible, peu importe l'intensité de la douleur.
Il y a quelque chose de rassurant à entretenir l'illusion que seuls les déséquilibrés portent en eux les germes d'une violence innommable, alors que les gens normaux sont à l'abri des pires excès. En contrepartie, les coupables sont à l'abri de la responsabilité de leurs actes.
***
Dominic G. Turgeon - Montréal, le 5 juillet 2011
Le verdict étant que seule une démence temporaire peut expliquer le geste de Guy Turcotte, on comprend qu'il est impossible à leurs yeux qu'un homme dit normal puisse planifier la mort de ses enfants. Admettre qu'un homme sain d'esprit, dont la vocation est de soigner par surcroît, souhaite la disparition de ceux qu'il a vus naître, qu'une telle violence fasse partie de la nature humaine est inadmissible dans une province qui tolère si mal la moindre confrontation.
Le risque de commettre un meurtre n'est pas un symptôme qui définit un trouble d'adaptation avec anxiété et humeur dépressive, comme en souffrait l'accusé au moment du drame et comme en souffrent des milliers de Québécois. Guy Turcotte avait été trahi par sa femme et l'un de ses amis et voyait son univers s'écrouler. Dans ces circonstances extrêmes, penser au suicide, souhaiter la mort de ceux qui nous font souffrir ou penser à tuer quelqu'un n'a rien de très étonnant. Passer à l'acte demeure inadmissible, peu importe l'intensité de la douleur.
Il y a quelque chose de rassurant à entretenir l'illusion que seuls les déséquilibrés portent en eux les germes d'une violence innommable, alors que les gens normaux sont à l'abri des pires excès. En contrepartie, les coupables sont à l'abri de la responsabilité de leurs actes.
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Dominic G. Turgeon - Montréal, le 5 juillet 2011
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