Une intervention policière catastrophique fait deux morts à Montréal
Photo : Jacques Nadeau - Le Devoir
Une des victimes, Mario Hamel, a avancé vers un groupe de quatre policiers avec son couteau. Des coups de feu ont été tirés, atteignant un employé de l’hôpital Saint-Luc qui se trouvait de l’autre côté de la rue.
Quatre patrouilleurs du Service de police de Montréal (SPVM) ont été impliqués dans une intervention catastrophique qui a fait deux morts hier matin au centre-ville. La tragédie soulève de nombreuses questions sur la prise en charge des personnes vulnérables et la gestion du risque en milieu urbain.
Le drame s'est joué à l'angle des rues Christin et Saint-Denis, vers 6h40. Mario Hamel, un itinérant de 40 ans, a été abattu par un policier qu'il menaçait avec un couteau. Un tir perdu a atteint à la nuque un employé de l'hôpital Saint-Luc qui se trouvait de l'autre côté de la rue. Cet homme de 36 ans est mort durant la journée à l'hôpital.
Au dire d'un témoin qui s'est confié à Claude Poirier, sur les ondes de LCN, Mario Hamel a avancé vers un groupe de quatre policiers avec son couteau. Deux ou trois coups de feu auraient été tirés, selon ce témoin anonyme. Selon des informations non confirmées par la police, les patrouilleurs auraient utilisé le poivre de Cayenne, sans succès, avant de dégainer. En présence d'un suspect muni d'une arme blanche, les policiers doivent garder une distance d'au moins six mètres pour éviter de mettre leur vie en danger.
Les quatre agents concernés ont été conduits à l'hôpital pour un choc nerveux, selon l'expression consacrée. L'enquête a été confiée à la Sûreté du Québec (SQ), en conformité avec la politique ministérielle régissant les interventions policières avec mort d'hommes ou blessés graves. La SQ a livré très peu de détails sur les circonstances du drame.
Des témoins rencontrés par Le Devoir ont fourni un portrait des derniers moments de Hamel, un homme qui n'avait pas toute sa tête depuis au moins trois semaines. «Il était plutôt dément, il voulait tuer tout le monde. Il voulait tuer sa mère. Il disait qu'elle l'avait vendu pour de la viande à chien», a dit un certain Patrick, un des amis de la victime.
«Je l'ai vu hier. Il avait l'air perdu dans l'espace et il parlait tout seul. Il ne m'a même pas reconnu», a renchéri Kelly. Ces voisins soupçonnent que Mario Hamel éprouvait de sérieux problèmes de santé mentale non traités. «J'ai su qu'il devait prendre des médicaments et qu'il ne les prenait pas, a dit Patrick. Il a pété les plombs, et les policiers ont paniqué.»
Selon la version des voisins, Hamel a «disjoncté» après qu'un ami a refusé de lui prêter son camion pour qu'il puisse rendre visite à ses enfants, dans la région du mont Orford. Armé d'un couteau avec une lame d'une douzaine de pouces — de «style Rambo», selon un témoin qui préfère garder l'anonymat —, Mario Hamel a crevé les pneus du camion de son ami. Il s'est ensuite dirigé vers la rue Sainte-Catherine, où il a éventré tous les sacs à ordures entre les rues Hôtel-de-Ville et Sanguinet.
Les policiers l'ont rapidement pris en chasse. Selon le témoin interrogé par LCN, ils l'appelaient par son prénom et lui disaient de lâcher son couteau. Mario Hamel, un itinérant qui fréquente l'Accueil Bonneau et d'autres organismes communautaires du quartier Ville-Marie, est connu des policiers. Il traîne un long casier judiciaire.
Pierre Gaudreau, coordonnateur du Réseau d'aide aux personnes seules et itinérantes de Montréal (RAPSIM), a déploré la vitesse de l'intervention. «Visiblement, il y a eu un dérapage ultra-rapide pour qu'autant de balles soient tirées en si peu de temps», a-t-il commenté. L'Urgence psychosociale (UPS), qui intervient 24 heures sur 24 auprès des personnes en crise, n'a pas été appelée en renfort lors de l'intervention. Les locaux de l'UPS sont pourtant situés à 200 mètres des lieux de la fusillade. La coordonnatrice de l'UPS n'a pas rappelé Le Devoir.
Depuis le début de l'année, c'est la quatrième fois que les policiers dégainent leur arme de service à Montréal. Deux autres Montréalais ont été tués, Jean-Claude Lemay dans Rosemont et Patrick Saulnier à Beaconsfield.
Le drame s'est joué à l'angle des rues Christin et Saint-Denis, vers 6h40. Mario Hamel, un itinérant de 40 ans, a été abattu par un policier qu'il menaçait avec un couteau. Un tir perdu a atteint à la nuque un employé de l'hôpital Saint-Luc qui se trouvait de l'autre côté de la rue. Cet homme de 36 ans est mort durant la journée à l'hôpital.
Au dire d'un témoin qui s'est confié à Claude Poirier, sur les ondes de LCN, Mario Hamel a avancé vers un groupe de quatre policiers avec son couteau. Deux ou trois coups de feu auraient été tirés, selon ce témoin anonyme. Selon des informations non confirmées par la police, les patrouilleurs auraient utilisé le poivre de Cayenne, sans succès, avant de dégainer. En présence d'un suspect muni d'une arme blanche, les policiers doivent garder une distance d'au moins six mètres pour éviter de mettre leur vie en danger.
Les quatre agents concernés ont été conduits à l'hôpital pour un choc nerveux, selon l'expression consacrée. L'enquête a été confiée à la Sûreté du Québec (SQ), en conformité avec la politique ministérielle régissant les interventions policières avec mort d'hommes ou blessés graves. La SQ a livré très peu de détails sur les circonstances du drame.
Des témoins rencontrés par Le Devoir ont fourni un portrait des derniers moments de Hamel, un homme qui n'avait pas toute sa tête depuis au moins trois semaines. «Il était plutôt dément, il voulait tuer tout le monde. Il voulait tuer sa mère. Il disait qu'elle l'avait vendu pour de la viande à chien», a dit un certain Patrick, un des amis de la victime.
«Je l'ai vu hier. Il avait l'air perdu dans l'espace et il parlait tout seul. Il ne m'a même pas reconnu», a renchéri Kelly. Ces voisins soupçonnent que Mario Hamel éprouvait de sérieux problèmes de santé mentale non traités. «J'ai su qu'il devait prendre des médicaments et qu'il ne les prenait pas, a dit Patrick. Il a pété les plombs, et les policiers ont paniqué.»
Selon la version des voisins, Hamel a «disjoncté» après qu'un ami a refusé de lui prêter son camion pour qu'il puisse rendre visite à ses enfants, dans la région du mont Orford. Armé d'un couteau avec une lame d'une douzaine de pouces — de «style Rambo», selon un témoin qui préfère garder l'anonymat —, Mario Hamel a crevé les pneus du camion de son ami. Il s'est ensuite dirigé vers la rue Sainte-Catherine, où il a éventré tous les sacs à ordures entre les rues Hôtel-de-Ville et Sanguinet.
Les policiers l'ont rapidement pris en chasse. Selon le témoin interrogé par LCN, ils l'appelaient par son prénom et lui disaient de lâcher son couteau. Mario Hamel, un itinérant qui fréquente l'Accueil Bonneau et d'autres organismes communautaires du quartier Ville-Marie, est connu des policiers. Il traîne un long casier judiciaire.
Pierre Gaudreau, coordonnateur du Réseau d'aide aux personnes seules et itinérantes de Montréal (RAPSIM), a déploré la vitesse de l'intervention. «Visiblement, il y a eu un dérapage ultra-rapide pour qu'autant de balles soient tirées en si peu de temps», a-t-il commenté. L'Urgence psychosociale (UPS), qui intervient 24 heures sur 24 auprès des personnes en crise, n'a pas été appelée en renfort lors de l'intervention. Les locaux de l'UPS sont pourtant situés à 200 mètres des lieux de la fusillade. La coordonnatrice de l'UPS n'a pas rappelé Le Devoir.
Depuis le début de l'année, c'est la quatrième fois que les policiers dégainent leur arme de service à Montréal. Deux autres Montréalais ont été tués, Jean-Claude Lemay dans Rosemont et Patrick Saulnier à Beaconsfield.
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